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Comme il y a un an, cet homme va tout faire pour fuir ses responsabilités, allant jusqu'à se moquer des victimes et tabler sur leur mort prochaine pour ne PAS les indemniser... La place de Jacques Servier est en prison, pas caché derrière une armée d'avocats... Encore une fois si nos politiques n'étaient pas corrompus jusqu'à la moelle, ceci ne serait probablement pas arrivé...

La pneumologue Irène Frachon, qui a mis au jour les risques du Mediator, se montre très prudente sur l'issue du procès qui s'ouvre aujourd'hui à 14H30 à Nanterre, estimant que Jacques Servier, patron du laboratoire éponyme qui a commercialisé le médicament, va tout faire pour le "dynamiter".

"Le procès qui s'ouvre a, à mon avis, assez peu de chances d'aboutir à quelque chose, estime Irène Frachon. Servier va tout faire évidemment, comme d'habitude, pour dynamiter l'ouverture de ce procès avec des questions de nullité, des questions de forme...", avance cette spécialiste de 50 ans, dont la vie a "complètement basculé avec cette affaire".

Le procès pénal pour "tromperie aggravée", qui doit reprendre devant le tribunal correctionnel de Nanterre, avait été reporté en mai 2012, à la suite d'une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par la défense, mais que la Cour de cassation avait refusé de transmettre au Conseil constitutionnel.

"Le but du jeu, c'est de faire durer les procédures"

"Bien évidemment, le but du jeu, si tant est que c'est un jeu, pour Servier, c'est de faire durer éternellement les procédures de manière à ne jamais être jugé", estime Irène Frachon, à propos du patron du laboratoire pharmaceutique âgé de 91 ans.

"Servier est âgé et la date d'un procès n'est pas indifférente, car, d'un côté, on a un vieil homme qui peut ne pas être présent le jour de son procès, et, de l'autre, des victimes très malades, qui, elles aussi, ne sont pas sûres de tenir jusqu'à une date de procès", remarque-t-elle, se disant "angoissée" par le temps qui passe.

Friture sur la ligne

Quelque 600 personnes demandent réparation, sans attendre la fin de l'instruction menée au Pôle santé du tribunal de Paris sur les faits de "tromperie aggravée", mais aussi d"escroquerie" et de "prise illégale d'intérêt". La pneumologue, qui avait alerté, en 2008, sur les risques cardiaques du médicament commercialisé en 1976, redoute, en outre, que l'instruction en cours ne complique la tenue du procès. "Est-ce qu'un tribunal va accepter de juger aujourd'hui la tromperie rapidement, alors qu'il y a une autre procédure pénale en cours qui va peut-être aller à son terme ?", s'interroge-t-elle, jugeant que c'est "la question qui va certainement être posée à l'ouverture de ce procès".

La pneumologue estime, par exemple, que la tenue du procès va se compliquer si les magistrats de Nanterre ne peuvent avoir accès à certaines pièces du dossier d'instruction. "Il y a un peu de la friture sur la ligne", dit-elle, indiquant, par ailleurs, que Jacques Servier ne devrait pas reconnaître sa culpabilité au cours du procès.

"Servier s'est toujours foutu de ce qui pouvait arriver aux victimes"

Lundi, Jacques Servier a créé la polémique en déclarant sur une radio : "On s'en fout du procès", avant de s'excuser via un communiqué de son laboratoire. "J'aimerais entendre Servier en face des caméras déclarer que non, il ne s'en fout pas (des victimes, ndlr), et qu'aujourd'hui, il va assumer pleinement ses responsabilités", indique Irène Frachon, avant d'ajouter : "Je ne pense pas que Jacques Servier admettra sa responsabilité et la réalité de la tromperie qu'il a sciemment organisée au sein de son laboratoire".

"L'analyse des faits depuis 30 ans montre que Servier s'est toujours foutu de ce qui pouvait arriver aux victimes", conclut-elle.

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Source : Letelegramme.fr avec Afp

Informations complémentaires :

Irene Franchon 21 05 2013

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