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Tout a un prix... Et ce n'est pas faute de s'être mobilisé contre... (informations complémentaires).

CDD Graph

« Explosion des contrats courts » en « une » du Monde

Démasquée la loi n° 2013-504 du 14 juin 2013 relative à la  sécurisation de l’emploi publiée au Journal officiel du 16 juin 2013

C’était un accord contre la précarité et pour « la sécurisation de l’emploi » ? L’ANI signé le 11 janvier 2013 et devenu loi le 14 juin 2013 n’aura pas fait long feu. Pour ceux qui ont tenté de tromper le monde et fait passer cette loi scélérate, le boomerang revient en pleine figure.

Ils nous ont menti, ils nous ont trompé, mais ils sont vite démasqués...

Il paraît que le « contrat » ANI était tellement supérieur à la loi que la loi devait le reprendre in extenso…

On nous avait dit : on va lutter contre les contrats courts… on va les taxer…(à 17 % au lieu de 14 %... pour les contrats de moins d’un mois )…

Résultats : Le Monde daté du 22 novembre 2013 titre :

« Explosion du nombre de CDD de moins d’un mois ».

On peut lire

« Derrière la multiplication, médiatique, des plans sociaux, ils prolifèrent dans le silence. Pourtant, jamais on n’a signé autant de CDD en France qu’en 2013. Au premier trimestre, plus de 83 % des recrutements dans les entreprises de plus de dix salariés ont été faits en CDD, selon des données corrigées publiées jeudi 21 novembre par le ministère du travail. Pour les Urssaf, qui prennent en compte l’ensemble des entreprises, ce sont même plus de 86 % des contrats signés actuellement qui sont des CDD. Un record absolu depuis 2000, date du début des statistiques.

Pire, cette explosion des CDD s’est faite d’abord sur les contrats les plus courts, comme le montrent les données des Urssaf. En dix ans, le nombre de CDD de moins d’un mois a plus que doublé, passant de 1,8 à 3,7 millions entre les troisièmes trimestres 2003 et 2013. Dans le même temps, les CDI et les CDD de plus d’un mois sont, eux, restés stables, entre 700.000 et 1 million. « Sur les 20 millions de contrats signés chaque année, deux tiers sont des CDD de moins d’un mois. C’est spectaculaire. Cette tendance est en hausse depuis le début des statistiques et la crise n’a rien changé à la courbe », résume Eric Heyer, économiste à l’OFCE.

Chaque mois, ce sont les CDD qui représentent le gros des bataillons de nouveaux chômeurs. Plus de 25 % des nouveaux inscrits à Pôle emploi sortent d’un CDD, contre moins de 3 % d’un CDI. Le CDD est devenu la marge de flexibilité des employeurs, qui n’hésitent plus à faire des contrats à la chaîne même pour quelques heures.

La loi était dite, sans honte, de « sécurisation de l’emploi » : or le même journal Le Monde confirmait le 6 novembre : «  1017 Plans sociaux » de plus… depuis l’ANI. « L’hémorragie a repris. Petroplus, PSA ou Arcelor Mittal ont démontré l’impuissance de l’état à inverser la tendance. » « Force est de constater que la loi du 14 juin… relative à la sécurisation de l’emploi… produit peu de fruits », avoue Le Monde – qui, comme tous les gros médias avait encensé l’ANI.

La loi du 14 juin permet aux patrons des plans allégés, quick, fast, afin d’assommer les salariés avant que ceux-ci aient le temps de se mobiliser et de riposter. Ils se ruent sur les nouvelles facilités pour accroître, accélérer, multiplier les licenciements boursiers, faire des plans de mutations internes forcées, baisser les salaires, moduler les horaires.

Le voilà vite démasqué cet « ANI » bel et bien « Medef » : comment a-t-on osé à contresens l’appeler « loi de sécurisation de l’emploi » ? On a sécurisé quoi ? Doux ? Gad ? Marine Harvest ? Tilly-Sabco ? Alcatel Lucent ? Mory-Ducros ? Fagor Brandt ? Air France ? Michelin ? La Redoute ? Canon ? Ce sont des chaînes, des gros groupes, des riches actionnaires et patrons qui licencient, car ils veulent, pour plaire aux banques et à la finance, une rentabilité à deux chiffres, de 10 à 15 %. Ce sont des licenciements abusifs et indignes qu’on n’a pas voulu contrôler, qu’on a voulu faciliter, en espérant que le patronat… embaucherait. Mais c’est le contraire – comme nous avions, hélas, prévu – qui se passe : ils licencient davantage, essorent davantage les salariés, ils préfèrent la finance à l’embauche, la spéculation à l’emploi, le capital plutôt que le travail. Cela rapporte plus de licencier pour aller dans les Iles Caïman et dans les paradis fiscaux que de chercher à maintenir des activités et des emplois. C’est la logique du système auquel il faut s’attaquer si l’on veut lutter contre le chômage de masse et la désindustrialisation du pays. Pour les sécuriser pour de bon, il  faut faire le contraire de l’ANI et de la loi du 14 juin, il faut les rendre les licenciements extrêmement coûteux et exceptionnels, ne les autoriser que dans des cas extrêmes, désespérés, hors de toute spéculation abusive.

De même qu’il faut taxer tous les CDD et contrats précaires à 25 % : puisque c’est un surcroît exceptionnel de travail, ils doivent coûter comme les heures supplémentaires et être contingentés : pas plus de 5 % de précaires motivés, par entreprise de plus de 20 salariés. Il faut rétablir l’ordre public social contre le système financier qui le sabote.

Car s’il n’y a pas de redressement productif, c’est que le TUCP (taux d’utilisation des capacités productives) est délibérément maintenu bas par les employeurs et leurs actionnaires : il est de 70 %. Ils préfèrent produire moins pour gagner plus, nourrissant activement le chômage de masse. Le Medef n’est pas un allié pour combattre le chômage, mais un ennemi, il y a INTERET ! Le système financier, si nous ne contrarions pas ses tendances profondes, a INTERET à ne pas inverser la courbe du chômage. Et de la précarité.

 

Source : Filoche.net

Informations complémentaires :

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