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Un peu plus de division à droite...



Si le futur nouveau centre reste l'allié de l'UMP pour 2012, l'ex-Premier ministre propose, lui, une vraie rupture. Il lance son mouvement et taille en pièces la politique suivie.

Là, on est très loin de la critique doucereuse des centristes. C'est une véritable rupture que réclame Dominique de Villepin. Hier midi, devant 200 médias français et internationaux, solennel et gaulliste, il profite de l'affaiblissement de Nicolas Sarkozy ¯ cité une seule fois ¯ pour lancer son mouvement en vue de 2012.

 

L'échec de la droite aux régionales et sa relaxe dans le procès Clearstream décuplent sa motivation. Aussi cinglant que Bayrou et Aubry réunis, au risque d'émietter la droite et de crédibiliser l'opposition, il autopsie au scalpel la politique suivie avant d'esquisser sa « république solidaire ».

Les critiques

« Quinze millions de Français ont des fins de mois difficile. » « Tous partagent le sentiment que les choses ne sont pas tenables. » « La souffrance est aggravée par le sentiment de n'être ni compris ni entendu. » « On ne peut pas accepter de vivre dans un pays où des situations d'inégalité et d'injustice atteignent un tel niveau, et c'est pour cela que je suis mal à l'aise dans la politique qui est menée par la majorité. »

Il met en cause « une politique de dispersion, de réformes tous azimuts [...] au bout du compte peu lisible ». « Il faut avoir le courage, quand on fait une politique à contretemps, de revenir dessus. » Visés : le travail du dimanche, la défiscalisation des heures supplémentaires, la TVA dans la restauration, les droits de succession... Le « massacre » dure une demi-heure. La flamboyance en prime.

Les propositions

Comme François Bayrou, Dominique de Villepin rêve d'indépendance de la justice et de liberté des médias audiovisuels. Comme Martine Aubry, il réclame la suspension du bouclier fiscal. Comme les UMP sociaux, il veut « augmenter la plus haute tranche de l'impôt sur le revenu et créer une surcote de 10-15 % de l'impôt sur les sociétés. »

L'urgence « n'est pas d'aller se quereller sur la burqa », mais de savoir « comment augmenter les impôts de façon juste ».

Alors que les écarts entre les 10 % les mieux payés et les 10 % les moins rémunérés varient de 1 à 230, il propose une charte des salaires. Dans les banlieues, il suggère que l'État finance les projets montés par les associations. Il avance l'idée d'enseignants expérimentés et surrémunérés dans les quartiers difficiles. Il rejette le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux : « Est-ce que les Français veulent moins d'infirmières, d'enseignants, de policiers ? »

Un parti

Son mouvement s'appuie sur des réseaux et des clubs locaux. Le 19 juin, pour des raisons fiscales et financières, il le transformera en parti « libre et indépendant, pour servir la France ». La machine est lancée. On comprend que la sarkozie redoute sa capacité de nuisance.

 

Michel URVOY sur Ouest France
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