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La nouvelle est encourageante (même si elle n'est pas récente), mais je voulais démarrer cette journée sur un point positif. Cependant, au-delà des « grands discours », vous constaterez en fin d’article que 90% des fonds dans cette histoire sont privés, donc … 90% des retombées éventuelles de ces projets le seront aussi… Je trouve donc très dommageable que notre propre pays n’ait pas plus confiance dans ses capacités, surtout quand il s’agit de hautes technologies…

French Tech

LE CERCLE. Madame Fleur Pellerin, Ministre déléguée aux PME, à l’innovation et à l’économie numérique a présenté le 27 novembre en Conseil des ministres la French Tech, un grand mouvement de mobilisation collective pour la croissance et le rayonnement des startups numériques françaises. Celle-ci vise à s’inspirer des « meilleures pratiques » en vigueur à l’étranger (118 « Silicon Valleys » dans le monde).

QUELQUES CHIFFRES-CLES GENERAUX

Aux Etats-Unis, le numérique a généré plus d’un point de croissance annuelle sur les trente dernières années, et moitié moins en France. En prenant ce virage, le numérique a le potentiel d’apporter 1/2 point de croissance annuel au PIB français. 3 millions d’emplois ont été créés par les startups aux Etats-Unis entre 1992 et 2005.

Les entreprises françaises du web réalisent en moyenne 39 % de leur chiffre d’affaires à l’international contre 3 % pour les autres PME. Dans les startups numériques en France, 87 % des contrats sont des CDI. Dans la Silicon Valley, 54% des créateurs de startups sont étrangers.

La France occupe le 16e rang dans le classement mondial de l’innovation alors que sa recherche est positionnée entre la 6e à la 8e place. 51 % des innovations n’intègrent aucune dimension technologique et relèvent de l’usage des produits et services, ou des modèles d’affaires.

La France compte aujourd’hui 8000 Business Angels, mais le potentiel est énorme : 350.000 individus ont la surface financière suffisante pour apporter des fonds propres aux startups. Ceux-ci sont capables de fournir 100.000 euros au capital d’une entreprise sans s’exposer à plus de 5 %. L’industrie du capital investissement française est le 2e marché européen.

EN QUOI CONSISTE LA « FRENCH TECH »

La French Tech est un grand mouvement de mobilisation collective des écosystèmes territoriaux les plus dynamiques de France pour la croissance de leurs startups et entreprises numériques. Concrètement, la French Tech consiste à identifier et valoriser une “équipe de France” des écosystèmes numériques métropolitains français porteurs du plus fort potentiel de croissance et d’attractivité internationale.

Trois leviers d’intervention

Pour atteindre cet objectif de croissance et de visibilité internationale pour l’écosystème numérique français, la French Tech actionne trois leviers d’intervention en mobilisant le Programme d’Investissements d’Avenir :

1.« Mobilisation des écosystèmes métropolitains autour d’un projet fédérateur et ambitieux » : il s’agit de labelliser quelques territoires sur la base d’un cahier des charges actant un existant, une ambition et des engagements.

2. « Accélération de la croissance des startups » Dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir, l’État pourra investir une enveloppe totale de 200 M€ dans des dispositifs d’accélération présentant un modèle économique viable. 

3. « Attractivité internationale » : au sein de la French Tech, les écosystèmes labellisés seront mis en réseau et travailleront en équipe dans un effort de marketing et de promotion internationale visant à accroître la visibilité et l’attractivité de l’écosystème français. Une enveloppe de 15 M€ sera consacrée à cet effort.

ANALYSE DES EXPERIENCES ETRANGERES

Parmi le Top 10 des « Hot High Tech Towns », on trouve bien sûr la « maison mère » : la Silicon Valley – SV - de la région de San Francisco ; puis la Silicon Alley (Manhattan, Brooklyn) ; la Silicon Wadi (Tel Aviv, Haïfa, Jérusalem) ;  la SV de Bangalore (Inde) ; la Silicon Roundabout, M4 Corridor et Tech City (Londres et Londres-Reading) ; la Silicone Alley (Berlin) ; la SV de Boston et les SV de Moscou, Chicago et Houston.

Plus généralement cette fois, la distribution des villes épouse de près la géographie économique mondiale actuelle et future. Les Etats-Unis comptent 22 villes référencées comme « Villes-Pôles High Tech » (soit les capitales des « Keys States » et d’autres capitales fédérées importantes) ; l’Inde (12) ; la Chine et le Canada (6) ; la Corée du sud, le Brésil et l’Allemagne (5) ; Taïwan et le RU (4) ; Israël, l’Afrique du sud, l’Australie, la France, le Japon, l’Espagne et les E.A.U. (3) ; les Pays-Bas, la Russie, HK, le Mexique, la Thaïlande et le Pakistan (2) ; l’Autriche, l’Irlande, la Finlande, la Birmanie, Singapour, les Philippines, le Vietnam, le Qatar, l’Iran, la Malaisie, la Bolivie, l’Algérie, le Kenya, Maurice, le Maroc, la Zambie (1).

Toutes ces « Silicon Valleys » présentent des caractéristiques communes :

Ouverture large à l’immigration. C’est le cas de New-York (plus de 120 peuples et minorités concernés), par ailleurs 55% de la main d’œuvre de la SV Californie est étrangère (avec les plus gros contingents de Chinois, d’Israéliens, d’Indiens, de Pakistanais ... et de Français), et enfin des Israéliens à ...  Ramallah en Palestine.

Une croissance exponentielle des incubateurs, startups, et autres « accélérateurs ». La SV californienne compte 2 millions d’habitants pour un PIB comparable à celui du Chili (270 milliards $US), avec 6500 startups et des créations d’emplois annuelles depuis 2006 comprises entre 10 à 30.000 postes de travail (outre Internet, biotechnologies, nanotechnologies, énergies renouvelables).

Les High Tech représentaient 0.8% du PIB en 2008 pour 5% en 2010 en Palestine. Israël (Silicon Wadi) a quant à lui développé 3850 startups depuis 2006 soit une jeune pousse pour 2000 habitants (concentration la plus élevée du monde), le pays consacre 5% de son PIB en R&D, 35.000 salariés travaillent dans 700 laboratoires de recherche, les High Tech représentent 50% des exports israéliennes, et les investissements opérés en 2012 pour un milliard et demi de $US ont engendré un bénéfice net de 12.5 milliards $US.

Par ailleurs, la Silicon Alley de NY représentera, en 2015, 25% du PIB de la ville (290 milliards $US en 2013). Enfin, Bangalore compte pour sa part 6.5 millions d’habitants, est le 4e pôle technologique au monde, exporte 36% des logiciels indiens, dénombre 550 startups réparties en deux hubs (Electronic City et International Tech Park), rassemble 35% et 10% respectivement des salariés et des ingénieurs informatiques (essentiellement chez les deux leaders « géants » nationaux : Infosys – 155.000  employés pour un CA de 5.2 milliards $US et Wipro – 135.000 employés avec un CA de 4.2 milliards -). Les startups de Bangalore ont des chances supérieures de 24% par rapport à celles de leurs concurrentes d’être cotées au NASDAQ.

Un « noyau dur » d’entreprises-phares. Le « premier cercle » est constitué d’Apple, Adobe, Cisco, eBay, Facebook, Twitter, Google, Yahoo, Microsoft, Nintendo, Netscape, Sony, Amazon, SAP AG, Hitachi, Fujitsu, auxquelles viennent s’adjoindre Hewlett-Packard, Siemens, Philips, Marvel, GE, Alcatel, Intel, Motorola, IBM. Ces 25 majors diversifient leurs investissements sur les pôles mondiaux les plus innovants, absorbent quantités de startups prometteuses (M&A), créent des filiales, sous-traitants et succursales régionales. On estime à 65% la part du CA mondial de la High Tech détenue par 70 multinationales et leurs 500 filiales.

Un tissu d’universités de renom international : Stanford/Berkeley pour la SV californienne ; Cornell/Columbia à Manhattan (projet de la Brooklyn Island de M. Bloomeberg) ; MIT/Harvard à Boston ; les deux Ecoles de « l’insolence » : Technion de Haïfa et université Ben Gourion à Tel Aviv ; le plateau de Saclay pour un site à venir en France (X, HEC, Supelec, centres de recherche, Centrale pas très éloignée), etc.

Des spécificités nationales extrêmement accusées : la SV californienne s’articule autour d’Internet et des secteurs préalablement cités ; Silicon Wadi sur les logiciels de cyber-défense (en lien avec l’armée et les deux autres leaders : Finlande et Suède) ; sur la finance et les services financiers (Silicon Roundabout de Londres avec le « Google campus » fort de ses 1300 startup). Au RU, l’économie digitale est passé de 2.8% du PIB en 2008 à 4.5% PIB en 2013. Le gouvernement intervient en matière d’exemptions fiscales et de la création d’un « visa d’entrepreneur » ; la « Silicone Alley » de Berlin, à partir de ses quatre incubateurs, auxquels s’ajoutent le groupe OTTO (1er groupe de e-commerce en Europe), est connue pour son organisation « industrielle » qui va du financement, aux locaux, aux relations/presse, au recrutement, aux ressources techniques et marketing, résolument tournée vers les projets « à grande échelle » européens et mondiaux. L’Allemagne traite les High Tech avec la même rigueur que les secteurs de l’automobile, de la machine-outil et des énergies renouvelables.

Et un immeuble symbole : sièges sociaux d’Apple, Twitter et Facebook de San Francisco, siège de Google/Europe sur le « Google campus » à Londres, Halle Freyssinet (100.000 m2) dans le 13e arrondissement de Paris, Flat Iron Building à Broadway, etc.

Comme on le voit, la French Tech française, portée financièrement à hauteur de 90% par M. Xavier Niel, patron de Free, et de 10% par l’Etat et la CDC aura du chemin à rattraper avec son projet « 1000 Startups » à l’horizon 2016.

 

Source(s) :.Lesechos.fr via Le cawa du matin

 

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