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On vous avait parlé de son bouquin... À ce rythme-là ce sont les Américains qui vont redécouvrir les concepts de Maurice Allais ; ). En tout cas les choses évolues....

Thomas Piketti
Thomas Piketty

Ce normalien de 43 ans n’en est pas à son coup d’essai. Sa thèse de doctorat portait déjà sur le thème des inégalités de patrimoine.

Il est Français, il est de gauche, il ressuscite Marx, mais il fait un tabac aux États-Unis : c’est Thomas Piketty. Son livre Le Capital au XXIe sièclehttp://ir-fr.amazon-adsystem.com/e/ir?t=boulevard-voltaire-21&l=as2&o=8&a=2021082288 [Éd. du Seuil, 2014] 1000 pages de chiffres, graphiques et équations, est en tête des ventes sur Amazon-USA : qui l’eût cru ? Paul Krugman, prix Nobel d’économie et chroniqueur au New York Times, ne tarit pas d’éloges à son sujet et parle même de « Piketty Panic ».

Véritable surdoué de l’économie, ce normalien de 43 ans n’en est pas à son coup d’essai. Sa thèse de doctorat portait déjà sur le thème des inégalités de patrimoine. Elle lui ouvrit les portes du très prestigieux MIT en tant que maître-assistant – il avait à peine 23 ans. Proche de Michel Rocard et de Dominique Strauss-Kahn, il devient l’un des principaux conseillers économiques de Ségolène Royal lors de sa campagne malheureuse de 2007.

Que nous apprend Le Capital au XXIe siècle, référence à peine voilée au fondateur du marxisme ? L’existence d’inégalités criantes et croissantes entre les peuples et entre les classes sociales ? Pas vraiment un scoop, d’autres économistes s’y sont penchés. La nouveauté, c’est qu’il en identifie la cause : le rendement du capital est devenu supérieur à la croissance globale de l’économie. En clair, les riches sont de plus en plus riches non pas du revenu de leur travail (y compris les hauts salaires) mais grâce au rendement de leur capital, une situation qui nous renvoie au capitalisme du XIXe siècle.

Pour prendre un exemple, l’inégalité est davantage dans la fortune que vont hériter, un jour, les enfants d’une star du foot que dans son salaire actuel, aussi astronomique soit-il, et pas tant parce que ses héritiers ne seront probablement pas des stars de quoi que ce soit mais parce que, d’ici à sa mort, son capital ne va cesser de croître de manière cumulative et endogène. La première moitié du XXe siècle échappe à la critique de Piketty. Pourquoi ? À cause des guerres et des grands choix de société – accords de Grenelle en France, New Deal aux États-Unis – qui ont réduit les inégalités.

Pour parvenir à ce tableau peu digne d’une société méritocratique dont la démocratie française se voudrait le modèle, point d’évaluation au doigt mouillé, ni d’analyse théorique, mais une exploitation méthodique d’archives et de statistiques mondiales sur les revenus et les héritages remontant sur trois siècles.

Piketty brise ainsi des tabous (celui des riches et de l’héritage), il nous avertit que la croissance des inégalités est cumulative et insupportable, mais là s’arrête son travail de prospective. Respectabilité de l’économiste oblige, il ne joue pas les Madame Irma. « Il est beaucoup trop tôt pour annoncer au lecteur qu’il devra payer son loyer à l’émir du Qatar d’ici à 2050. Comme toujours, le pire n’est pas certain… » En cela, il a peut-être tort. Si une bulle capitalistique est bel et bien en formation aux dépens des classes moyennes – les très hauts salaires ne sont-ils pas aussi un transfert de capital déguisé ? —, c’est toute l’économie réelle, celle qui est soutenue par la consommation et les investissements créateurs d’emplois, qui est menacée d’asphyxie.

 

Source : Bvoltaire.fr

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Francois
 
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