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Vous pouvez penser ce que vous voulez, pour moi c’est juste de l’abus de pouvoir. Bien sûr, si c’est jugé aux États-Unis, ils auront gain de cause, alors peut-être que ce durcissement de politique est à mettre en relation avec le récent refus de rachat d'Alstom par General Electric ? Du reste, je pense à un truc... Pourquoi nous, on ne taxerai pas chaque vente faite en €uros par les États-Unis ? La logique serait exactement la même... Et puis on fera juger ça chez nous, hein !... lol ! ; ))))

Bien à vous,

L'Amourfou.

Obama 30 05 2014

Les jours passent et les enchères montent pour BNP Paribas. La banque française, qui est accusée d'avoir violé l'embargo décidé par les Etats-Unis à l'encontre de l'Iran, du Soudan et de Cuba, négocie depuis plusieurs semaines le montant des sanctions auxquelles elle s'est exposée entre 2002 et 2009.

Les compteurs s'affolent. Alors qu'en février BNP Paribas avait annoncé avoir provisionné 1,1 milliard de dollars dans ses comptes pour faire face à ces poursuites, le montant a rapidement grimpé, passant à 3 milliards de dollars, puis à 5 milliards pour atteindre aujourd'hui 10 milliards (environ 7 milliards d'euros) , selon le Wall Street Journal dans un article publié jeudi 29 mai.

De son côté, BNP Paribas tenterait, selon des sources proches du dossier citées par le quotidien américain, de faire baisser l'addition à 8 milliards. Les négociations pourraient se poursuivre encore plusieurs semaines. A l'ouverture de la Bourse de Paris, vendredi, l'action de la banque a rapidement chuté de 6 %.

Lire notre analyse : Amende contre BNP Paribas : l’impérialisme du dollar

RÉPUTATION EN JEU

Au-delà des pénalités financières, lourdes pour BNP Paribas, l'enjeu pour la banque française consiste surtout à éviter de perdre temporairement son autorisation de réaliser des transactions en dollars vers ou depuis les Etats-Unis. Une éventualité qui pourrait faire finalement partie du règlement à l'amiable en cours de négociation, selon des sources proches du département des services financiers de New York.

Cela constituerait un sérieux revers pour BNP Paribas, qui réalise depuis sa banque d'investissement new-yorkaise son activité de corporate-finance et celle de trading, une part substantielle de sa profitabilité. Une suspension, même temporaire, aurait des graves effets en termes de réputation auprès de ses clients, les avocats de la banque française mettant en garde contre des risques de déstabilisation du groupe.

Le montant colossal auquel est exposée la banque française représente environ une année de profits. La solidité du bilan, avec un ratio de solvabilité de 10,6 % au 31 mars, devrait toutefois permettre à la banque de franchir l'obstacle. Mais l'essentiel pour Jean-Laurent Bonnafé, le patron du groupe, qui s'est rendu en personne à New York il y a quelques jours pour rencontrer les autorités, consiste à éviter que les autorités américaines restreignent d'une façon ou d'une autre sa capacité à opérer aux Etats-Unis.

LA BANQUE DE FRANCE TRÈS ATTENTIVE

Selon des sources proches des discussions engagées depuis quelques semaines entre le département de la justice américain, le Trésor, les autorités de régulation financière américaines et BNP, les transactions incriminées ont été effectuées entre 2002 et 2009 hors des Etats-Unis, depuis des pays où elles étaient légales. Mais elles l'ont été en dollars – donc ont été compensées à un moment donné sur le territoire américain –, ce qui les rend délictueuses aux yeux des Etats-Unis.

Lors d'une conférence de presse, le 23 mai, Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, est venu à la rescousse de BNP : « Nous avons vérifié que toutes les transactions incriminées étaient conformes aux règles, lois, réglementations, aux niveaux européen et français », a-t-il déclaré, insistant sur le fait qu'il n'y avait « aucune contravention à ces règles ni d'ailleurs aux règles édictées par les Nations unies », a-t-il ajouté. Vendredi, il a répété suivre le dossier « avec la plus extrême attention ».

Il a toutefois relevé que l'approche des Etats-Unis en la matière avait évolué et il a, en conséquence, appelé toutes les banques européennes à être « vigilantes ».

 

Lire nos explications (édition abonnés) : L’amende américaine qui menace BNP Paribas inquiète la Banque de France

 

Source : Lemonde.fr

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