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Ils sont marrants au Figaro ! Comme si Nicolas Sarkozy valait mieux que François Hollande. Ahahahaha ! Ce sont les deux faces d'une même pièce... Le problème, c'est l'usurpation du terme de démocratie pour définir notre soi-disant République, qui en fait, comme on l'a vu, est une oligarchie ... voire ... j'ose le mot, une ploutocratie, mais certainement pas une démocratie. Je suis désolé, mais les mots ont un sens... Et on vient encore de le voir, merveilleusement illustré ce matin....

Amicalement, ; )

F.

Hollande Gattaz 23 07 2014
François Hollande et Pierre Gattaz à l'Elysée, le 21 janvier 2014. Crédits photo : PHILIPPE WOJAZER/AFP

FIGAROVOX/TRIBUNE - Après les «échanges d'amabilités» entre Pierre Gattaz et François Hollande, Eric Verhaeghe renvoie dos à dos le président de la République et le président du MEDEF.

A lire les propos de Pierre Gattaz dans le Figaro, et les réponses prêtées à François Hollande lors de son dîner de presse, on ne peut refouler le sentiment étrange d'être survolé par deux cerfs-volants très éloignés des réalités dont ils parlent.

D'un côté, Pierre Gattaz semble campé dans la posture que l'on croyait oubliée d'un patronat qui réclame toujours plus - toujours plus d'Etat, d'allégements de charges, de facilités sans plus se soucier de la crédibilité de son discours. D'un autre côté, François Hollande semble agiter ses bras dans l'air comme un petit moulin sans plus se soucier d'avoir un quelconque impact sur la réalité : comme si le pouvoir était porteur d'une obligation de moyens et non de résultats.

Dans les deux cas, les parcours de chacun les prédisposaient à cette forme d'isolement avec le réel. C'est d'ailleurs en ceci que les deux hommes se ressemblent tant.

Par exemple, ni Pierre Gattaz ni François Hollande ne connaissent vraiment la technostructure étatico-capitaliste sur laquelle ils sont supposés agir.

Figaro 1

Pierre Gattaz n'a jamais dirigé un grand groupe et ne sait donc pas comment s'y prennent les décisions, ni quelles sont les pesanteurs qui y règnent. Il n'a jamais dirigé une grande fédération patronale, et n'a jamais travaillé au sein d'un ministère. Il n'a jamais mené une négociation interprofessionnelle, jamais été administrateur paritaire. Il est héritier d'une entreprise familiale dont il cherche d'ailleurs à faire sortir les quelques minoritaires (ce qui laisse sceptique sur son goût pour le capitalisme financier). Bref, Pierre Gattaz a une connaissance livresque des sujets qu'il traite. Il ne voit pas en quoi réclamer le doublement du pacte de responsabilité au nom de la compétitivité est inaudible sur le fond et sur la forme. La demande n'est étayée par aucune étude, aucun document, aucune réflexion sérieuse ou vérifiable. Il demande 100 milliards de baisses de charges comme il promettait un million d'emplois créés, comme Marie-Antoinette suggérait au peuple de manger de la brioche. Une interview de Pierre Gattaz, c'est un repas du dimanche dans une famille bourgeoise: on parle de tout sur le mode de la banalité.

Quand François Hollande parle de la reprise économique ou de la croissance, on retrouve les mêmes airs de Bouvard et Pécuchet dissertant sur le monde. François Hollande ne connaît rien aux entreprises. Sa vie entière, il l'a offerte à l'appareil socialiste, où il s'est nourri de coups, de contre-coups et de conjurations obscures dont le principal objectif consistait à neutraliser ses adversaires. La carrière de François Hollande ressemble à une apologie de l'inaction et de la passivité. Il n'a jamais été ministre, ni même fonctionnaire opérationnel. La machine administrative au sommet de laquelle il semble espérer pouvoir ronfler, comme Jacques Chirac le fit en son temps, reste pour lui un mystère complet, un objet d'étude dont il ne comprend ni les mécanismes élémentaires, ni les ruses, ni les artifices. Cette ignorance le conduit à annoncer des baisses de dépenses comme on dirait: «le fond de l'air est frais».

Figaro 2Ils sont assez amusants, ces deux cerfs-volants qui tantôt profitent des vents ascendants, tantôt les recherchent, et qui se renvoient la pareille à propos d'un pays auxquels ils semblent tous deux très étrangers. Ils alignent les mots, les propositions, les annonces, les postures, comme s'ils jouaient une pièce de boulevard ou une farce médiévale.

Ce ton primesautier et presque quotidien les rend sympathiques d'ailleurs. Leur jeu est prévisible, plutôt drôle, plutôt bien rôdé.

Mais il n'est pas impossible que le public se lasse de ce ton badin… et attende une intrigue un peu plus consistante, en espérant qu'elle ne sera pas tragique.



Eric Verhaeghe

 

Source : Lefigaro.fr

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Etc..., Etc...
 

 

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