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Par les temps qui courent, quel dommage que l'on n'entende pas plus Gérard Filoche... Alors demandez-vous pourquoi ? ... et pensez à la responsabilité de ces médias qui vous poussent dans les bras du Front National. Moi je suis semblable à un âne, plus on me pousse dans un sens et plus je freine des quatre fers... ; )

Gerard Filoche 21 08 2014
Gérard Filoche

Manuel Valls annonçait le 1er août que la rentrée allait être dure. François Hollande annonce qu’on ne peut plus attendre des « résultats » à court terme mais à long terme. La fameuse croissance est à 0. La dette augmente. Les déficits ne baissent pas. L’inflation sent la déflation. Le chômage augmente. Les salaires sont bloqués. Le droit du travail se dégrade avec une explosion des plans de licenciements et de la précarité. Les inégalités se creusent. La misère s’accroit. Le TUCP, taux d’utilisation des capacités productives est de 70 % seulement. L’investissement a reculé au 2° trimestre. Tous les feux sont au rouge. C’est « la panne » avoue Michel Sapin.

Mais les 500 familles ont gagné 59 milliards en 2013 et 40 milliards de plus en 2014, soit 25 % et 18 % de plus, elles ont l’équivalent de 16 à 18% du Pib, soit de 330 à 370 milliards, plus que le budget de l’État. Il existe 590 milliards d’avoirs français dans les paradis fiscaux. Il existe 80 milliards de fraudse fiscales. 1 % de la population possède 25 % du patrimoine et 10 % en possède 60 %. Les dividendes atteignent entre 84 milliards nets et 210 milliards bruts. Le CAC 40 gagne 40 milliards. 30,3 % de dividendes hausse spectaculaire en 2e trimestre… Jamais la France n’a été aussi riche, et les richesses aussi mal partagées.

Et que disent nos dirigeants élus par toute la gauche en mai juin 2012 ? Qu’il faut donner 41 milliards au Medef, qu’il faut diminuer les dépenses publiques et sociales de 50 milliards, qu’il faut baisser le coût du travail, les salaires. Prendre 11 milliards aux collectivités territoriales, prendre 11 milliards à la Sécu. C’est pourtant ce type d’austérité partout en Europe qui conduit à la catastrophe.

Du coup 85 % des électeurs n’ont plus confiance en eux. La gauche qui leur a donné tous les pouvoirs, se désole, s’enrage, s’oppose et s’abstient. L’exécutif a fait subir au PS une terrible déroute aux municipales le 30 mars. Encore une autre aux européennes le 25 mai ou même Le Pen est arrivée en tête. Bientôt 13 régions sur 13 seront perdues et le PS subira le sort du Pasok, il lui restera 20 députés.

Et que redisent les dirigeants ?  « Hors de question de changer de politique. » Ceux qui le demandent (depuis deux ans, nous, la gauche socialiste) sont « irresponsables ».  Un ministre déclare : «Est-ce qu’une seconde, un frondeur pense sérieusement que l’on va abandonner, comme ils le proposent, le pacte de Responsabilité ?»

Un paradoxe, un nœud gordien, une impasse, un défi, qu’en dire au juste ? On est dans l’improbabilité. Dans la panade. Car oui, il va falloir abandonner ce « pacte » mort-né et faire autre chose.

Refuser de changer, maintenant, ce n’est pas sérieux. Homme d’état, ça ne veut pas dire « figé ». Cela ne veut pas dire sourd et aveugle. Quand on est dans le mur,  il faut être pragmatique, il faut écouter, la raison et son électorat d’abord. Démocratie, le pouvoir au Parlement, à la majorité rose rouge verte ! Ce qui est « irresponsable » c’est de ne pas prendre en compte la situation concrète.

De plus en plus de voix s’élèvent : Même le Président de la Bundesbank, Jens Wiedmann, se prononce pour une hausse de 3 % des salaires. Ni le pacte de compétitivité, ni de responsabilité, ne fonctionnent, rien à faire de ce côté, le patronat ne veut pas ! Le patronat est entre les mains de la finance et la finance préfère la spéculation à l’emploi, l’économie casino à l’industrie. Au lieu de lui passer tout ses caprices, de lui déverser des milliards en vain, il faut contraindre le patronat et il faut s’appuyer sur le salariat qui produit toutes les richesses et n’en a pas la part qu’il mérite.

Il faut tourner et vite ! Il faut rompre avec l’austérité, il faut relancer la machine, hausser les salaires, faire une réforme fiscale et redistribuer, restaurer un contrôle sur les licenciements, bloquer la précarité, renforcer et développer les services publics. Cap à gauche ou cap suicide !

 

Source : Filoche.net

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