5.0 of 5 (3 Votes)
Temps de lecture : 7 min

 

Bah oui, on ne peut pas tout avoir non plus, déjà ils ont la lumière gratis la nuit…

Mais bon, ça reste toutes et tous des Français…

kourou.jpg

Les voyants sont au rouge en matière de sécurité à Kourou, la ville emblématique de la conquête spatiale française.

Les statistiques pour 2012, établies par les compagnies de gendarmerie en charge des secteurs de Kourou, de Matoury et de Remire-Montjoly (près de 100.000 habitants), placent ces circonscriptions en queue de peloton. Aussi bien du point de vue des " violences physiques crapuleuses " (378e rang sur 379) que du point de vue des cambriolages (377e rang).  

Voici le témoignage, sous couvert de l'anonymat, d'une fonctionnaire métropolitaine. Elle vient de demander sa mutation face à la recrudescence des cambriolages. 

>> Découvrez notre moteur de recherche sur l'insécurité, ville par ville

"Le fait de travailler et de séjourner en Guyane résultait, pour mon mari et moi, d'un choix, décidé après de nombreux séjours à l'étranger, aussi bien en Europe qu'en Afrique. 

Mais depuis notre arrivée, en 2009, nous sentons la situation se détériorer. Et cette dégradation s'est accélérée ces deux dernières années. Nous avons ainsi subi 5 cambriolages, dont trois, presque coup sur coup, depuis le mois de juillet dernier, malgré le système d'alarme relié à une société de télésurveillance. Nous ne prêtons plus notre maison à nos proches, comme nous en avions l'habitude. A deux reprises, les amis qui l'occupaient avec leurs enfants se sont fait piller... 

Cet été, quand nous sommes rentrés de vacances, nous avons retrouvé notre porte d'entrée littéralement broyée. Il a fallu une semaine pour la faire réparer. La maison avait été squattée : on a même retrouvé une paire de chaussures dans un coin. C'est un sentiment étrange contre lequel nous avons lutté. Alors on essaie de se réapproprier les lieux, de prendre du recul. 

Mais trois semaines plus tard, un samedi, alors que nous étions en train de faire des courses, des " visiteurs " sont revenus, fracturant de nouveau la porte. 

Nous en sommes arrivés à un seuil de saturation. On a l'impression que rien de ce que nous vivons n'est relayé par les médias. Nous nous sentons abandonnés et impuissants. 

Kourou vit autour de l'aérospatiale. On a construit des "ghettos" d'expatriés. De fait, nous habitons tous le même quartier et sommes perçus comme des gens aisés tant les écarts de revenus sont importants ici. Résultat : le quartier est écumé par les cambrioleurs. Sur la vingtaine de maisons, aucune n'y a échappé. Désormais, chacun laisse la lumière allumée et la radio pour simuler une présence. Mais cela ne suffit pas. Les cambrioleurs ont compris et ont pris de l'assurance : ils caillassent les toits de tôle des maisons, ce qui fait un bruit dingue. Une fois, deux fois dans la même soirée. D'abord, on résiste : on ne bouge pas. Mais au bout de la troisième fois, cela devient insupportable : on est bien obligé de sortir. Ils observent. Si personne ne sort, c'est que la maison est vide... Le dernier " caillassage " ? C'était hier [l'entretien a été réalisé le 6 novembre].  

Les gens sont excédés et j'ai peur d'une réaction violente. Vous savez, j'ai vraiment des craintes pour l'avenir. D'autant que, contrairement à d'autres, nous n'avons connu que des ennuis matériels à répétition et non des agressions physiques, ce qui relativise mes états d'âme. Nous sommes au bord d'une catastrophe. 

Je vais vous faire une confidence : comme beaucoup, nous dormons désormais avec un fusil de chasse sous le lit. Voici justement ce qui me révolte le plus : cette situation influe sur notre identité propre en modifiant profondément notre comportement. Je ne porte pas de bijoux. Le peu que j'avais apporté en Guyane avait uniquement une valeur sentimentale : ils m'avaient été offerts par mes enfants. Ils m'ont été dérobés. Le matin, je passe une demi-heure à cacher ordinateur, appareil photo tout ce qui a de la valeur. Mon mari part avec, dans sa voiture, tout ce qui concerne son travail. On transporte notre maison avec nous.  

Mon mari a un métier qui l'oblige à de nombreuses interventions de nuit. Lorsqu'il part, je ne me rendors pas. Récemment, j'ai cru entendre du bruit. Je me suis levée. Comme si je me réveillais en sursaut d'un cauchemar, je me suis vue dans le séjour avec cette arme à la main, ce pistolet gomme-cogne tirant des balles en caoutchouc. Ce fut un choc, un déclic. J'ai réalisé que je n'étais plus moi-même. C'est pourquoi, avec une très grande tristesse et la ferme intention de me préserver mentalement et physiquement, j'ai pris la décision de rentrer en métropole."

 

Source : Lexpress.fr

Vous aimez ce que vous lisez ? Notre travail est gratuit et indépendant, mais il a un coût. Vous pouvez nous soutenir librement grâce à un don via Tipeee ou PayPal. Si vous ne pouvez pas nous aider financièrement (ce que je peux comprendre parfaitement), vous pouvez partager les articles sur vos réseaux sociaux, et parler du site autour de vous. Merci à celles et ceux qui rendent tout cela possible.

 

Partager sur les réseaux sociaux

Publier 0Nombre de partages sur X
0Nombre de partages sur X
Partager 0Nombre de partages sur Facebook
0Nombre de partages sur Facebook
Partager 0Nombre de partages sur Linkedin
0Nombre de partages sur Linkedin
E-mail 0Nombre de partages sur Email
0Nombre de partages sur Email
WhatsApp 0Nombre de partages sur Whatsapp
0Nombre de partages sur Whatsapp
Télégramme 0Nombre de partages sur Telegram
0Nombre de partages sur Telegram

1000 Characters left


 

Vous appréciez Crashdebug.fr ?

Pour nous soutenir, vous pouvez nous aider à financer ce serveur :

Faire un don ponctuel via paypal

Faire un don ponctuel ou mensuel via Tipeee

Ne perdez rien de notre actualité, rejoignez-nous sur Twitter (X), Youtube, ou Facebook ou encore Telegram (pas de filtrage algorithmique), avec la censure de Google, nous avons plus que jamais besoin de votre soutien.

Tous les commentaires publiés sont sous la responsabilité de leurs auteurs respectifs. Crashdebug.fr ne saurait être tenu responsable de leur contenu ou orientation.

Vidéo bloqué qui ne se lance pas ?

Comment nous contacter ?

Vous avez des questions ?

Merci,

Sites ami(e)s