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Les Français ont subi mercredi les conséquences d'une journée de grève multiforme.
Crédits photo : JACQUES DEMARTHON/AFP

Bien que les points de contestation s'étendent un peu partout contre la politique ou les projets de Manuel Valls, l'exécutif jure que la rentrée sera calme. La situation des fonctionnaires est toutefois regardée de près.

Reconduction de la grève à la SNCF jusqu'à jeudi soir et peut-être au-delà, multiplication des mouvements chez les intermittents, colère des taxis contre les VTC… L'exécutif avait déjà fort à faire avec ses députés socialistes qui réclament une réorientation de la politique économique. Rien de moins. Et voilà qu'un nouveau front de contestation s'ouvre avec ces mouvements sociaux certes fragmentés, mais sérieux par leur ampleur.

Que les cheminots s'opposent à la réforme ferroviaire n'est pas à proprement parler une surprise. Au regard de toutes les autres réformes que compte faire passer le gouvernement dans les prochains mois - pacte de responsabilité, plan d'économies de 50 milliards, réforme territoriale… -, un ministre ne s'étonne pas que les syndicats donnent de la voix. «Quand il y a des débats aussi importants entre le gouvernement et le Parlement, confie-t-il, c'est un peu logique que chacun en profite pour être entendu. C'est le rôle des syndicats, et cela montre que nous sommes dans une démocratie saine.» Selon un député PS, les grèves de mercredi seraient au contraire le signe que François Hollande a échoué à faire naître ce «dialogue social à la française» qu'il promettait en 2012: «On nous parle beaucoup de social-démocratie. Mais il ne peut pas y avoir de démocratie sociale quand on ne discute qu'avec la moitié des syndicats.»

Dans un contexte particulièrement difficile au plan économique et social, le risque serait pour le gouvernement de voir ces mouvements faire tâche d'huile. À l'approche de l'été, cela semble peu probable. Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, affirme d'ailleurs ne pas craindre une «coagulation» des mécontentements. «Je ne crois pas à la convergence des luttes. Les mouvements portent sur des sujets indépendants les uns des autres», acquiesce un conseiller ministériel. À Matignon, où l'on parle d'un premier ministre «attentif et vigilant», on insiste aussi sur le fait que «chaque situation est particulière».

Faire baisser la pression

La rentrée de septembre risque d'être bien plus difficile sur le plan social, notamment chez les fonctionnaires, où des élections professionnelles sont prévues en décembre. «La pression va monter. Tous les ingrédients sont réunis pour que ce soit difficile», affirme un conseiller ministériel. «Le gouvernement pourrait être la victime collatérale de la concurrence entre les syndicats. La CGT est affaiblie», s'inquiète un autre.

Marylise Lebranchu prend les devants. Elle a reçu mercredi les syndicats de la fonction publique afin de détailler la baisse de cotisations salariales promise aux agents touchant entre 1 et 1,5 smic. «Dans un contexte financier tendu, les gens qui ont le plus besoin que l'on s'occupe d'eux, ce sont les bas salaires», souligne un proche de la ministre. Au-delà des fonctionnaires, le plan d'économie pourrait avoir du mal à passer. À Matignon, on affirme qu'il n'est pas question de remettre en cause «les réformes structurelles, d'intérêt général pour les Français».

Mais on parle aussi de «ces mesures à effets rapides» destinées à répondre aux attentes de court terme des Français. Le geste en direction des fonctionnaires en est un, assurément. Tout comme l'est cette mesure inscrite dans le collectif budgétaire et destinée à faire baisser l'impôt de 3,7 millions de ménages dès 2014. Dans tous les cas, il s'agit pour le gouvernement de faire baisser la pression.

 

Source : Lefigaro.fr via Maître Confucius que l'on remercie ; )

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