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Vous savez, je le souligne à chaque fois, mais même s'il y a des réalités que l'on peut difficilement nier, je pense que plutôt que nous diviser, nous ferions mieux de regarder nos origines, et de nous fédérer sur ce qui nous unit...

En tout cas la prise de position est courageuse, et je les en félicite.

Amicalement,

F.

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Des musulmans venus en grand nombre assister au congrès annuel de l'UOIF, vendredi au Bourget.
Crédits photo : BERTRAND GUAY/AFP

En congrès ce week-end, L'UOIF aborde les inquiétudes  suscitées par le mariage homosexuel et la théorie du genre.

Les musulmans de France se sont montrés discrets ces deux dernières années sur la question du mariage pour tous et sur la théorie du genre, mais ils n'en sont pas moins inquiets. Ils pourraient sortir ce week-end de leur réserve pour s'exprimer publiquement à l'occasion du rassemblement annuel de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) organisé jusqu'à lundi au Parc des expositions du Bourget précisément sur le thème: «Quelles valeurs pour un monde en mutation? L'homme, la famille, le vivre ensemble».

Même si l'UOIF, proche des Frères musulmans, n'est que l'une des branches de l'islam de France, elle en est la famille la plus dynamique et la mieux organisée puisqu'elle fédère pas moins de 250 associations, revendiquent des partenariats avec un tiers des 3000 mosquées ou lieux de culte en France et vient de lancer une fédération pour les écoles musulmanes. Rien d'étonnant donc à ce qu'elle attende pas moins de 160.000 visiteurs au Bourget !

«Les thèmes du rassemblement collent toujours à l'actualité», explique Amar Lasfar, président de l'UOIF. «Le mariage pour tous, l'ABCD de l'égalité…, ça heurte notre religion et ça nous inquiète», ajoute-t-il. De fait, son prédécesseur, Ahmed Jaballah, avait participé au nom de l'UOIF à la finale de la grande Manif pour tous, le 13 janvier 2013. Il expliquait alors : «Nous sommes sur la même position que toutes les traditions religieuses et humanistes qui estiment que la structure familiale reste la cellule de base de la société. Or, un tel projet met directement en cause la famille.»

Pour autant, l'UOIF s'est désolidarisée de l'initiative lancée par Farida ­Belghoul en janvier dernier, consistant à boycotter, de temps à autre, l'école en retirant ses enfants pour protester contre l'ABCD de l'égalité. «Nous refusons d'utiliser les enfants dans les débats des grands», assure Amar Lasfar et «nous sommes pour le débat mais nous ne voulons pas de polémique».

Même position pour l'invité vedette du rassemblement Tariq Ramadan, qui confiait jeudi matin, au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC-BFM, «Je suis absolument contre cette façon de faire. On a dit n'importe quoi sur la question du genre qui doit être débattue.» Il ajoutait à propos du mariage homosexuel qu'«il pose un problème de conscience du point de vue de la conscience religieuse» car «l'homosexualité ce n'est pas le projet divin, cela va à l'encontre de ce que je considère comme ma foi». Tariq Ramadan insistant toutefois aussitôt pour dire qu'«il faut respecter la loi tout comme l'État de droit».

Il est probable que Tariq Ramadan ne tiendra pas un autre langage à la tri­bune du Bourget, lui qui encourage ses auditeurs musulmans français à entrer dans la culture française pour la connaître de l'intérieur et y agir «plus efficacement» en tant que musulmans. En 2012, il avait dit à cette tribune que la foi a «une vue longue» et si «le Prophète a été si efficace à La Mecque», c'est «parce qu'il connaissait bien la société» de cette ville. En France, avait-il conclu, «vous avez à connaître votre société» et prendre «conscience de votre responsabilité» car «nous portons un dépôt, un message» pour ce pays et «l'islam est un et accepte toutes les cultures». Seulement, «il va falloir résister», avait-il lancé.

Cette vision d'un islam fortement identifié mais très intégré est reprochée à l'UOIF par des mouvements plus radicaux et Amar Lasfar reconnaît qu'«une partie des nôtres est tentée par un repli identitaire» en se plaignant car «les premiers à en souffrir, c'est nous».

Une crispation qui faisait dire à Tariq Ramadan jeudi matin : «Les coupables sont ceux qui font de la présence de l'islam en France uniquement un sujet de controverse et jamais un sujet de dialogue serein.» Il déclarait «quand on n'a pas de projet social, à droite comme à gauche, le meilleur ennemi facile, c'est l'islam».

 

Source : Lefigaro.fr

 

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