Six polluants présents dans l'organisme de tous les Français (Les Echos)

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Santé publique France a mesuré la présence de polluants dans l'organisme d'un large échantillon de Français. Des niveaux d'imprégnation plus élevés ont été trouvés chez les enfants. L'utilisation de produits cosmétiques et la fréquence de l'aération du logement sont notamment en cause.

Bisphénols, phtalates, parabènes, éthers de glycol, retardateurs de flamme bromés et composés perfluorés… L'ensemble de ces polluants « sont présents dans l'organisme de tous les Français », montrent des travaux effectués par Santé Publique France.

Lors d'une étude publiée ce mardi, l'agence nationale de santé publique a mesuré les niveaux d'imprégnation de la population française par six familles de substances présentes dans l'environnement et cherché à identifier les sources d'exposition probables - produits ménagers, cosmétiques, emballages alimentaires, etc.

Les travaux ont été menés sur un large échantillon de la population (1104 enfants et 2503 adultes). Ces volontaires ont accepté de se soumettre à des prélèvements biologiques (urines, sérum et cheveux) et ont rempli un questionnaire sur leurs habitudes de vie et consommations alimentaires.

Des niveaux comparables à ceux des Etats-Unis

Pour la plupart des substances, les niveaux d'imprégnation retrouvés sont « comparables à ceux d'autres études menées à l'étranger, notamment aux Etats-Unis et au Canada ». Ils sont toutefois plus faibles pour les parabènes et les retardateurs de flamme.

Les résultats montrent que « l'utilisation de produits cosmétiques et de soins augmente les niveaux d'imprégnation des parabènes et des éthers de glycol » et que « plus le logement est aéré » fréquemment « plus les niveaux d'imprégnation » en composés perfluorés et en retardateurs de flamme bromés « sont bas ».

Santé publique France souligne aussi que « des niveaux d'imprégnation plus élevés sont retrouvés chez les enfants », ce qui peut s'expliquer par le fait qu'ils touchent et portent davantage les objets à la bouche, qu'ils sont plus exposés aux poussières domestiques ou que leur poids est relativement plus faible par rapport à leur apport alimentaire.

Pas de risque sanitaire avéré

Les substances recherchées entrent en effet dans la composition d'emballages alimentaires, de peintures, d'ustensiles de cuisine, de cosmétiques ou de produits ménagers. L'usage de certaines est déjà très restreint (bisphénol A, interdit en France dans tous les contenants alimentaires depuis 2015, certains phtalates et composés perfluorés).

« Nous nous sommes intéressés à ces substances parce qu'il y a une préoccupation sanitaire, mais en aucun cas on ne peut prédire si les valeurs retrouvées représentent un risque sanitaire pour la population », car on manque encore de connaissances sur le sujet, tempère Clémence Fillol, responsable de la surveillance biologique à Santé publique France. L'organisme public rappelle toutefois que certains de ces produits sont des perturbateurs endocriniens ou des cancérogènes avérés ou suspectés.

Cette publication intervient à l'occasion de la présentation par la ministre de l'Ecologie Elisabeth Borne et la ministre de la Santé Agnès Buzyn de la nouvelle « stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens » (SNPE). Elle vise à renforcer l'information et la protection de la population, ainsi que les connaissances scientifiques sur ces produits.

L'Agence de sécurité sanitaire (Anses) devra notamment établir une liste de perturbateurs endocriniens, en expertisant au moins six substances en 2020, puis neuf par an à partir de 2021. Les informations sur la présence de perturbateurs dans les produits de consommation courante seront disponibles pour le grand public sur un site sur les produits chimiques, qui doit être lancé avant la fin de l'année.

 

Source(s) : Les Echos via Les Moutons Enragés

 

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Poluants_04_09_2019 

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