Comme par hasard, ils ont été prévenus 24 heures à l'avance. Comment conduire une enquête sérieuse dans ces conditions ? En tout cas, j'adore le nom de l'association soupçonnée, c'est un style très sarkozien... Et dans un élan démocratique l'UMP ne s’arrête pas là, puisque soucieuse de vous informer, elle essaye d'imiter la CIA et rachète les occurrences du mot ‘perquisition’ sur Google.

Pour la première fois depuis l’ouverture de l’enquête dans l’affaire Woerth-Bettencourt, la police s’intéresse à la campagne électorale du candidat Sarkozy à la présidentielle.
L’acte judiciaire est timide. Il n’en existe pas moins. Hier, on apprenait qu’une perquisition avait été menée au siège de l’UMP, le parti de Nicolas Sarkozy. Une première dans le cadre de l’affaire Woerth-Bettencourt qui montre qu’en dépit du refus d’ouvrir une enquête avec nomination d’un juge d’instruction, le procureur Courroye est néanmoins contraint à poursuivre une enquête préliminaire. Celle-ci commence à se rapprocher du plus haut sommet de l’État.
Trois policiers de la brigade financière se sont présentés mercredi au siège du parti présidentiel. Officiellement, dans le cadre de cette enquête qui n’en est pas une mais qui commence à y ressembler comme deux gouttes d’eau, il s’agissait d’une « demande de renseignements ». Ils auraient examiné pendant près d’une heure des documents relatifs au premier trimestre 2007, soit au moment de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, soupçonnée d’avoir été financée par Liliane Bettencourt. Laquelle aurait bénéficié ensuite d’un bouclier fiscal lui permettant de toucher un chèque sur argent public de quelque 30 millions d’euros. L’objectif était de rechercher une éventuelle trace de réception d’un courrier daté du 12 mars 2007, signé d’Éric Woerth, alors trésorier de l’UMP, à l’adresse de Nicolas Sarkozy. Cette lettre avait pour objet de demander l’attribution de la Légion d’honneur à Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de la femme la plus riche de France, héritière de L’Oréal. La semaine dernière, Éric Woerth avait fini par admettre l’existence de ce courrier, après l’avoir nié durant plusieurs semaines.
Peu de chances de découvrir cependant des documents très compromettants. Éric Cesari, directeur général de l’UMP, a en effet expliqué que la police judiciaire les avait prévenus quelque vingt-quatre heures à l’avance. « Il ne s’agit pas d’une perquisition », a-t-il plaidé. Les policiers ont expertisé les documents ayant trait à la campagne présidentielle à en-tête de l’association Ensemble, tout est possible. Ils n’auraient emporté aucune pièce.
Déjà interrogé le 29 juillet par la brigade financière, une nouvelle audition d’Éric Woerth par la police n’est pas exclue, en creusant les conditions de l’octroi de la Légion d’honneur à Patrice de Maistre en échange de l’embauche de Florence, l’épouse du ministre, au sein de la société Clymène, gérant la fortune et les placements financiers spéculatifs de Liliane Bettencourt. Les investigations semblent se concentrer sur l’existence d’un éventuel trafic d’influence. Le parti sarkozyste est directement visé par la procédure ouverte au printemps dernier.
Source : L'humanité.fr
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Informations complémentaires :
Le NouvelObs : L'UMP achète le mot-clé "perquisition" sur Google
Le NouvelObs: Affaire Bettencourt : il y a eu "transport d'enquêteurs" à l'UMP
Le Parisien.fr : Woerth-Maistre : la brigade financière s'est rendue au siège de l'UMP
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