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Voilà une excellente nouvelle car, de l'aveu de Mme Christine Lagarde notre déficit est scruté par nos amis banksters qui ne veulent qu'une chose, rehausser encore le taux usurier de notre dette ! Qui, elle, continue inexorablement de grimper.

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - La France commencera à réduire son déficit public record l'an prochain pour atteindre 6,0 % du produit intérieur brut fin 2011, après 7,7 % fin 2010, selon le projet de budget pour 2011 présenté mercredi.

Cette réduction viendrait d'une hausse des recettes liée à une accélération de la croissance économique à 2,0 % en 2011, d'une maîtrise accrue des dépenses et d'une réduction de quelque 10 milliards d'euros de niches fiscales.

"C'est un budget historique. Nous tournons le dos à des années d'augmentation du budget", a dit le ministre du Budget, François Baroin, à des journalistes.

"6,0 % en 2011 est un objectif intangible", a-t-il ajouté. "Franchir une telle marche n'a jamais été vu depuis 50 ans", a-t-il dit en référence à la baisse de 1,7 point de PIB du déficit prévue l'an prochain.

La dette publique atteindra 86,2 % du PIB fin 2011, après 82,9 % fin 2010. Le déficit de l'Etat sera de 92 milliards en 2011.

Le déficit public, qui comprend les comptes de l'Etat, les comptes sociaux et ceux des collectivités locales, sera ensuite réduit à 4,6 % du PIB fin 2012, 3,0 % fin 2013 et 2,0 % fin 2014, selon la loi de programmation des finances présentée en même temps que le budget ce mercredi en conseil des ministres.

La dette publique atteindra 87,4 % fin 2012 avant de baisser à 86,8 % fin 2013 et 85,3 % fin 2014.

Entre 2010 et 2013, date à laquelle la France retrouverait la limite de 3,0 % du traité de Maastricht, le déficit serait ainsi réduit d'environ 100 milliards, ce qui serait l'effort le plus important mené dans le pays depuis au moins un demi-siècle.

"Ce budget est responsable, il est un juste équilibre entre cette baisse des dépenses et la préservation de la reprise économique", a ajouté François Baroin.

REBOND ATTENDU DE LA CROISSANCE

Pour réduire le déficit à 6 %, le gouvernement compte sur une croissance de 2,0 % en 2011 - supérieure aux prévisions de presque tous les économistes - après 1,5 % en 2010.

"Sur la prévision de croissance à 2 % l'année prochaine, on est vraiment relativement confiant", a dit la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.

Les objectifs de baisse du déficit seront atteints quelles que soient les variations conjoncturelles et la France souhaite, par une politique budgétaire sérieuse, assurer un financement avantageux de ses dettes sur les marchés, a-t-elle ajouté.

"Le déficit ne sera pas la variable d'ajustement", a dit Christine Lagarde. "Les investisseurs qui financent et refinancent notre dette sont extrêmement attentifs au redressement des finances publiques", tout comme les agences de notation, a-t-elle ajouté.

Par sa politique, la France souhaite que la prime de rendement demandée sur sa dette par rapport à celle de l'Allemagne reste dans la partie basse de la zone allant de 30 à 55 points de base, a-t-elle précisé.

Les autres hypothèses retenues pour 2011 sont une inflation à 1,5 %, une croissance de la masse salariale de 2,9 % (avec 228.000 créations d'emplois), un cours euro-dollar de 1,30, et un prix moyen du baril de Brent à 80 dollars.

INCERTITUDES

La trajectoire de réduction du déficit pour atteindre 3 % en 2013 est conforme aux engagements du programme de stabilité transmis en janvier par la France à ses partenaires européens.

Mais des incertitudes économiques et politiques planent.

Côté économique, ce sont d'abord les prévisions de croissance (2 % en 2011 puis 2,5 % au-delà) qui sont jugées trop optimistes par les analystes, ce qui pourrait forcer le gouvernement à prendre d'autres mesures si la croissance se révélait inférieure.

Quant aux risques politiques, ils sont liés à l'approche des élections présidentielle et législatives de 2012, une période en général peu propice à la réduction des déficits, d'autant que la France n'a jamais dans le passé respecté les objectifs de réduction du déficit figurant dans ses programmes de stabilité.

"Le chiffre de 2 % de croissance est fondé sur des hypothèses très optimistes, non seulement pour 2011 mais aussi pour les 2,5 % prévus en 2012 et 2013", estime Frédérique Cerisier, économiste chez BNP Paribas.

"Nous pensons qu'un déficit public de 6 % est atteignable mais il faut être conscient que le gouvernement devra prendre d'autres mesures pour maintenir la trajectoire qu'ils ont annoncée."

Selon Marie Diron, économiste chez Oxford Economics, "cela ne va probablement pas assez loin. Ça peut être suffisant pour un certain temps, mais nous pensons que l'an prochain ou dans le prochain budget, d'autres mesures seront nécessaires pour atteindre ces objectifs".

Tullia Bucco, économiste chez Unicredit, estime elle aussi que "l'objectif de 2 % de croissance semble difficilement atteignable, ce qui fait peser un risque sur la capacité du gouvernement à atteindre son objectif de 6% de déficit".

Pour Bruno Cavalier, économiste chez Oddo, "soit il faudra faire plus pour réduire les dépenses structurelles, ce qui signifierait appliquer de vraies mesures d'austérité, soit il faut accepter que nous ne parviendrons par à atteindre l'objectif de 6 %".

"Si nous passons de 7,7 % de déficit à 6 % l'an prochain, ce sera une réduction mais la bataille ne sera gagnée pour autant", a-t-il ajouté.

L'examen du projet de budget en séance publique commencera le 18 octobre à l'Assemblée nationale.

Avec Emile Picy, Vicky Buffery, Bate Felix et Nicholas Vinocur, édité par Yves Clarisse

Source : Reuters

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Informations complémentaires :

L'Express.fr : La France s'engage sur le chemin de la baisse du déficit
Le Parisien.fr :
Budget 2011 : le PS dénonce «une hausse des impôts sans précédent»
La Depeche.fr :
Le déficit de la France va baisser mais sa dette continue de grimper

 

 

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