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Justement, on a eu la problématique il y a quelques jours avec ma femme, sachant que je voulais des œufs bio. Mais le fait est que la réalité m’a imposé de prendre des œufs industriels, tout simplement parce que je n’avais pas les moyens à l’instant T de m’acheter les œufs que je voulais. Du reste, je continue quand même à penser que si nous voulons faire « évoluer » les industriels vers une meilleur qualité, ça se fera par nos achats… Si vous délaissez les produits de basse qualité, ils seront bien obligés de réorienter leurs politiques, in fine. Ce que j’ai bien compris, c’est que tout ce que l’on mange fini bien sûr dans notre corps… Et on commence tout juste à voir le résultat sur le long terme… Et si personne ne réagit, je prédis un futur totalement apocalyptique avec le futur traité TAFTA... (Et je ne suis, hélas, pas le seul...)

Amicalement,

F.

Poulet 14 01 2014

Un volet du projet de loi sur l'avenir pour l'agriculture veut limiter la sur-prescription des antibiotiques pour nos futurs aliments, les animaux. Les scientifiques mettent en garde contre les dangers d'une utilisation massive de médicaments dans l'élevage.

Saumon norvégien aux pesticides, bœufs aux hormones... La viande dans notre assiette va-t-elle nous tuer ? Les scandales alimentaires répétés sapent notre confiance en la nourriture et les préoccupations des consommateurs n'épargnent pas la viande et les produits origine France.  

Ce mardi, l'Assemblée nationale doit voter le projet de loi sur l'avenir de l'agriculture, qui comporte un volet de lutte contre la surconsommation d'antibiotiques dans l'élevage. Cette pratique des éleveurs et vétérinaires tue tous les ans 25.000 personnes en Europe. Mais pas aussi directement que vous l'imaginez. 

Non, en mangeant un steak, vous n'ingurgitez pas des quantités astronomiques d'antibiotiques. S'il a été produit en France, seuls des micro-résidus de médicaments peuvent pénétrer dans votre corps. "Il existe une stricte réglementation sur les médicaments destinés aux animaux d'élevage, qui impose un délai d'attente. Les éleveurs sont obligés de patienter un certain temps après la dernière prise de médicament, explique Alain Bousquet-Mélou, professeur à l'Ecole nationale vétérinaire de Toulouse. C'est le délai pendant lequel il est interdit d'abattre l'animal, d'utiliser son lait, ses œufs en attendant l'élimination de l'antibiotique du corps de l'animal."  

Et cette mesure fonctionne plutôt bien selon les parties prenantes, éleveurs ou laboratoires pharmaceutiques, mais aussi les scientifiques. "Même si de minuscules traces peuvent persister dans les denrées consommées, elles ne sont plus le fond du problème (sanitaire, ndlr.)", estime le professeur en pharmacologie. Qu'est-ce qui tue alors autant de personnes en Europe, si ce n'est pas le fait d'ingérer des antibiotiques ?  

Un trafiquant d'armes dans notre corps

"Il faut mettre fin à cette idée reçue. Le danger n'est pas de manger de l'antibiotique. Le danger est de manger des bactéries devenues résistantes", souligne Alain Bousquet-Mélou.  

Ce qui vaut pour les bactéries des hommes vaut aussi pour celles des animaux, qui développent également des défenses contre leurs ennemis-médicaments. Pour faire simple, une bactérie de porc multi-résistante entre dans votre corps, pendant que vous digérez votre tranche de jambon (car rien de ce que vous mangez n'est stérile).  

Un de ses gènes résistant aux antibiotiques peut transmettre sa mutation à une des bactéries naturellement présente dans votre corps. Et là, elle devient cheval de Troie. "C'est comme si vous aviez un trafiquant d'armes qui venait déposer son arsenal dans votre corps. Il suffit juste que la mauvaise bactérie vienne se saisir de ces armes pour développer des infections multi-résistantes", explique Alain Bousquet-Mélou. 

Deux bactéries sont particulièrement dangereuses : Escherichia Coli, rendue célèbre par les graines germées et les steaks surgelés qui ont fait des dizaines de morts en Europe en 2012. Mais aussi le célèbre staphylocoque doré. Tous les ans, des centaines de personnes meurent d'infection que les antibiotiques n'ont pas réussi à endiguer. 

"Anti-cadeaux"

La prise de conscience est collective. Les éleveurs, échaudés par le scandale des produits phytosanitaires en 2008, révolutionnent rapidement leurs pratiques. Avec succès, puisqu'en cinq ans, la consommation d'antibiotiques a baissé de 40% en France, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). L'agence relativise cette diminution, dans la mesure où les doses d'antibiotiques sont plus concentrées qu'auparavant. Mais les résultats sont tout de même notables.  

L'antibiorésistance est également devenue sujet d'inquiétude pour le gouvernement. Dès le début du mandat de François Hollande, son ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a lancé le plan Ecoantibio 2017, qui vise à faire baisser la consommation d'antibiotiques dans l'élevage. La loi d'avenir pour l'agriculture a d'ailleurs consacré l'objectif d'une baisse de 25% supplémentaires de l'utilisation de ces médicaments d'ici cinq ans. Notamment grâce à l'article 20, celui qui entend lutter contre la sur-prescription d'antibiotiques par les vétérinaires. 

Ce dispositif, dit "anti-cadeaux", veut mettre un frein à une aberration de la médecine vétérinaire. Car, contrairement à la médecine humaine, le médecin des animaux est aussi leur pharmacien. Le vétérinaire vend lui-même ses médicaments, et se fait des marges parfois conséquentes (selon un rapport de l'Anses, la vente de médicament peut représenter jusqu'à 60% du chiffre d'affaires global en zone rurale, là où sont élevés nos futurs steaks).  

"Cette situation (de conflit d'intérêt, ndlr.) induit beaucoup de suspicion. Tous les efforts faits sont mis à plat par ce type de comportements. C'est dommage", se désole Christiane Lambert, éleveuse de porcs dans le Maine-et-Loire et 1re vice-présidente de la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles. Comment faire confiance à un vétérinaire qui a tout à gagner à prescrire toujours plus d'antibiotiques ? 

Un acheté, un offert

"Si les vétérinaires prescrivaient déraisonnablement, cela reviendrait cher aux producteurs et il y a longtemps que les syndicats agricoles seraient venus déposer du purin et du fumier devant les organisations vétérinaires", veut rassurer Michel Baussier, le président de l'Ordre national des vétérinaires. Christiane Lambert affirme également n'avoir jamais été témoin d'abus flagrants de la part d'un professionnel de la santé animale. 

Mais la loi n'attend pas les dérives manifestes. Si elle est adoptée, elle interdira désormais les ristournes, les "un acheté, un offert" et les avantages en nature proposés sur les produits antibiotiques par les laboratoires (le projet de loi veut par exemple limiter "l'hospitalité à un niveau raisonnable", lors des congrès organisés par les laboratoires). "Le but est de déconnecter la prescription antibiotique d'une démarche purement commerciale", souligne Jean-Yves Caullet, député PS de l'Yonne, rapporteur pour avis. 

Et pourtant, le business ne passe pas avant tout pour les laboratoires et les vétérinaires. Germinal Peiro, député (PS) de Dordogne et rapporteur du texte de loi, se réjouit des discussions préliminaires avec les professionnels. "Dans ma carrière de député, je suis tombé plus d'une fois sur des lobbies qui manifestement ne défendaient que leur propre intérêt. Mais les discussions avec ces gens étaient bien au-dessus de ce niveau."  

Une unanimité qui fait rêver

Malgré leur coopération, les vétérinaires ont néanmoins poussé le gouvernement à abandonner l'interdiction totale pour eux de vendre des médicaments, qui aurait mis un point final aux suspicions.  

Selon eux, cette mesure aurait largement compliqué leur travail en zone rurale, où ils sont souvent appelés à assister le vêlage d'une vache en pleine nuit, à des kilomètres de la première pharmacie de garde. 

Pour le Syndicat de l'industrie de médicament vétérinaire (SIMV), le gouvernement cache son jeu. Il cherche, à juste titre précise le syndicat, à s'attaquer au problème de conflit d'intérêt sous le vernis de la surconsommation d'antibiotiques. Mais les mesures ne vont pas assez loin.  

Si le ministère de l'Agriculture voulait mettre un terme à toutes les inquiétudes sur ces conflits d'intérêt, "il suffisait d'interdire les rabais sur tous les médicaments, et pas uniquement sur les antibiotiques. Il fallait s'en prendre aux labos, pas aux vétos", regrette Jean-Louis Hunault, président du SIMV, le Syndicat de l'industrie du médicament vétérinaire. "Les gens ont peur. Les vétérinaires doivent être plus irréprochables encore", abonde Michel Baussier. 

Point de pression, point de grogne. La protection de nos steaks et de la confiance du consommateur-acheteur font une unanimité dont beaucoup de projets de lois rêveraient. 

 

Source : Lexpress.fr

Informations complémentaires :

 

Etc., etc.

 

 

 
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