Affrontements à la frontière israélo-libanaise : au moins quatre morts

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Ou la notion de frontière vue par Israël. La réplique de Tsahal a été sans pitié... Tout ça pour un arbre... 4 morts...

ADEISSEH, Liban (AP) — Ce sont les pires affrontements depuis quatre ans à la frontière israélo-libanaise. Des échanges de tirs ont opposé mardi des soldats des deux pays, faisant au moins quatre morts : deux militaires et un journaliste libanais et un haut-gradé israélien.

Il semble que les coups de feu ont commencé lorsque des soldats israéliens ont tenté de déraciner un arbre, qui se trouvait en territoire libanais d'après le Liban, en territoire israélien d'après Israël.

Une photographie de l'agence Associated Press montre un soldat israélien juché sur une grue dont le bras enjambe la clôture frontalière érigée par l'Etat hébreu. Cependant, l'armée israélienne affirme que le tracé de cette clôture ne correspond pas en tous points à la frontière dessinée par les Nations unies. "C'était de l'autre côté de la barrière mais toujours en territoire israélien", assure Tsahal dans un communiqué.

Après une première escarmouche de cinq minutes, des tirs d'artillerie lourde et des coups de feu ont retenti par intermittence pendant plusieurs heures. Le calme semblait revenu en milieu d'après-midi, selon des témoins.

Au moins quatre personnes sont mortes. D'après Beyrouth, deux soldats libanais ont été tués, ainsi que le journaliste libanais Assaf Abu Rahhal qui travaillait pour le quotidien "Al-Akhbar". Un obus israélien est tombé sur une maison du village frontalier d'Adeisseh.

Côté israélien, un lieutenant-colonel de 45 ans, commandant de bataillon, est mort et un capitaine a été grièvement blessé, a annoncé Tsahal.

"Ce sont les premières victimes en quatre ans", a souligné le général Gadi Eizenkot, commandant militaire de la zone nord d'Israël. A l'été 2006, l'armée israélienne avait mené une guerre de 34 jours contre le Hezbollah libanais. Aucun milicien de la guérilla chiite libanaise ne semblait impliqué dans les affrontements de ce mardi, qui ont opposé les armées régulières des deux pays.

Le général Eizenkot a accusé les troupes libanaises d'avoir ouvert le feu sans raison sur des soldats israéliens en territoire israélien. Dans son communiqué, Tsahal affirme avoir décidé de couper l'arbre de l'autre côté de la clôture en coordination avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).

Ronith Daher, une journaliste libanaise de 32 ans qui se trouvait sur place, a une version différente. Elle raconte avoir vu un casque bleu de la FINUL demander à un responsable israélien de ne pas laisser de soldat passer de l'autre côté de la barrière. Les militaires israéliens ont continué. D'après cette journaliste, les soldats libanais ont alors tiré en l'air mais les militaires israéliens ont répliqué en les visant.

Forte de 12.000 hommes dans la zone frontalière, la FINUL n'apportait pas d'éclaircissement. Interrogé sur Radio Israël, son porte-parole Andrea Tenenti a expliqué que les forces de maintien de la paix tentaient "de vérifier, de rassembler tous les faits et de trouver les preuves de tous les événements".

Les Nations unies ont appelé les deux pays à une "retenue maximale".

Le président libanais Michel Sleimane a de son côté appelé ses troupes à "faire face à toute agression israélienne, quels qu'en soient les sacrifices". Michel Sleimane a affirmé que le tir d'obus israélien était une violation de la résolution des Nations unies qui a mis fin à la guerre entre l'Etat hébreu et le Hezbollah en 2006.

La situation à la frontière était relativement calme depuis la fin de ce conflit qui avait fait 1.200 morts côté libanais et 160 côté israélien.

Le chef du Hezbollah, Cheikh Hassan Nasrallah, devait s'adresser par liaison satellite à ses partisans réunis mardi au sud de Beyrouth pour célébrer la "victoire divine" du mouvement chiite sur l'armée israélienne en 2006. AP

Source : Le Nouvel Obs