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Faire mieux autrement, nous avons tous un rôle à jouer dans la filière et celui de consommateur et prédominant. À nous de dire ce que nous voulons consommer, et ce que nous ne VOULONS PAS.

Cochons bio 09 02 2017
Christophe Gosselin, éleveur de porcs, avec Boris Jeanne (Unébio). | DR

Installé à Fervaches (Manche), Christophe Gosselin a abandonné la production conventionnelle de porcs pour se mettre au bio. Unébio, le réseau auquel il appartient, cherche des éleveurs

 « On ne fait plus le même métier. Pourtant, on garde les mêmes animaux. » Christophe Gosselin ne regrette pas une seconde d'avoir converti sa production de porcs, à Fervaches (Manche), à l'agriculture biologique. Fini l'élevage des cochons sur caillebotis. Les animaux reposent sur une litière de paille et peuvent sortir vers des courettes extérieures.« Les fosses n'étaient pas très profondes, environ 80 cm. Le bâtiment n'a pas été trop dur à réaménager », explique l'éleveur.

Les travaux ont été réalisés, en 2009, avec son frère Vincent. Ils s'en tirent avec une facture de 30.000 €. L'élevage passe de 120 à 55 truies ; de 2400 à 600 porcs charcutiers par an. La production chute, mais le kilo de viande de porc bio se vend 3,66 € (net) contre un peu plus d'1,30 € au marché au cadran pour le porc « conventionnel ».

« Ça ne doit pas être qu'un choix économique »

« On vivait toujours avec un petit déficit de 30.000 à 40.000 €. Aujourd'hui, on apprend à gérer une trésorerie positive », se félicite Christophe. D'autant que le troupeau de vaches dont s'occupe Vincent est aussi passé au bio. La collecte laitière a baissé de 490.000 litres à 370.000 litres, avec 70 vaches au lieu de 65. Mais, là encore, les deux frères y gagnent économiquement. Et en qualité de vie.

Ils ont pu embaucher deux salariés à temps plein. « On travaille un week-end sur trois avec quatre semaines de congés payés. Mais, pour passer au bio, il faut penser développement durable. Ça ne doit pas être qu'un choix économique. » Un nouveau bâtiment coûte cher. « Il faut compter 10.000 € par truie, affirme Boris Jeanne, chez Unébio, société spécialisée dans la vente de viandes bio. Les projets tournent actuellement autour de quarante truies. Donc 400.000 € environ. »

Les frères Gosselin ont pu réhabiliter les anciennes cases. « On met désormais 39 porcs dans 120 m2. L'animal dispose d'environ 3 m2, contre 0,7 m2 en production intensive », précise Christophe. Les porcs prennent l'air mais les pâturages (75 ha) sont réservés aux bovins. La ferme cultive 7 ha de maïs et tournesol, 18 ha de mélanges de céréales (triticale, orge) et protéagineux (pois, féverole). Depuis 2011, une fabrique d'aliments permet de servir une « soupe » à l'auge. « Mais on doit encore acheter des aliments à l'extérieur. »

 « On observe beaucoup les animaux »

Ça n'empêche pas les porcs charcutiers de bien pousser. Jusqu'à 110 kg en 210 jours. Un mois de plus que dans les élevages de porcs standards. Et sans antibiotiques. « On observe beaucoup les animaux. On utilise des huiles essentielles. » Les truies (Large white et Land race pour le côté prolifique), inséminées avec la semence de verrats Piétrain-Duroc (pour le muscle et le goût), donnent vingt porcelets par an. Dix de moins qu'en conventionnel.

Une centaine des porcs est commercialisée directement. Le reste de la production est acheté par l'association d'éleveurs Normandie viande bio, membre d'Unébio (3000 éleveurs) qui commercialise la viande à des boucheries (« Bio du coin »), à la restauration collective, aux salaisons ou aux grandes surfaces. Mais avec seulement trente éleveurs dans le grand ouest, Unébio manque de porcs... « Aujourd'hui, je pourrais vendre trois fois ce qui est produit », avoue Boris Jeanne. L'appel est lancé.

Source : Ouest-france.fr via @odilon

 

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