Arabie saoudite : condamné à mort, il sera crucifié !

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Tout de suite, grandeur nature, on se rend mieux compte qu'au coin de la rue. Du reste, je confirme qu'un passage préalable sur la page Wikipedia en question s'avère vite incontournable pour bien cerner l'ambiance locale...

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Ouvrez la page Wikipedia consacrée à l’Arabie saoudite et rendez-vous à la rubrique « Droits de l’homme ». Vous y lirez ceci : « Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. » Et pour cause.

L’Arabie saoudite, notre grand ami devant l‘Eternel et le grand ami des Occidentaux en général, ne connaît pas les droits de l’homme et encore moins ceux de la femme. C’est un pays qui carbure au libéralisme sauvage et au salafisme. Un truc qui, sous prétexte d’en revenir à la pureté des origines, remet au goût du jour la barbarie la plus moyenâgeuse au service des pétrodollars.

Le droit commun saoudien est sévère. Comme dans ces coins ensoleillés d’Afrique où le soldat français, arrière petit-fils du colonisateur honni, est prié d’apporter aujourd’hui la civilisation des Blancs, les femmes adultères sont lapidées, les femmes violées sont fouettées, les voleurs ont la main coupée. Rien que de banal, me direz-vous. Sauf que les Saoudiens sont un peu plus raffinés.

Dans cette contrée amie des puissants qui bavent d’envie devant son économie florissante, nombre de crimes sont passibles de la peine capitale. Principalement l’assassinat, le viol, et l’attaque à main armée. En 2012, 76 personnes y ont été exécutées (chiffres du ministère de l’Intérieur saoudien). C’est 33 de plus qu’aux États-Unis la même année. Les États-Unis comptent environ 314 millions d’habitants, l’Arabie Saoudite seulement 28 millions. Autant dire que les bourreaux n’y chôment pas.

Les Américains, grands amoureux de la technologie, utilisent des méthodes qui évitent de se salir les mains ou d’éclabousser les murs : chaise électrique, injection létale, chambre à gaz, pendaison et, accessoirement seulement, le peloton d’exécution. Les Saoudiens sont plus humains : ils décapitent. Au sabre. C’est du bio, du naturel. Ce qui n’empêche toutefois pas la sophistication car leur découpage ne s’arrête pas là. Sont en effet également prononcées des peines de crucifixion. Non pas à la place mais en plus de la décapitation. Pour ceux que la méthode intéresse : on décapite le condamné au sabre, puis on ramasse la tête, on la replace sur le corps où elle est sommairement recousue, et enfin l’on suspend le paquet ficelé à un mât.

Sept jeunes gens, tous mineurs, qui avaient cambriolé une bijouterie, viennent d’être condamnés à mort. Six passeront devant le peloton d’exécution. Le septième, Sarhan al-Mashayeh, sera crucifié pendant trois jours. Le bon roi Abdallah a signé la sentence. Les associations humanitaires ayant toussé, on a retardé l’exécution d’une semaine. Le temps sans doute que l’ineffable BHL ait fini de se gratter pour savoir s’il intervient. Ou pas. Mais il est vrai qu’il a tant à faire avec l’Iran…

Marie Delarue, le 6 mars 2013

 

Source : Bvoltaire.fr