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Exécuté ? Toujours emprisonné ? Trois semaines après la date prévue de l’exécution du jeune homme, impossible de savoir où il se trouve et s’il se porte bien. Selon France info, il pourrait être gracié.

Blogeur Arabie Saoudite 14 10 2015

Ali Al-Nimr sur une photo diffusée sur la page Facebook de soutien à son oncle Sheikh Nimr (Free Sheikh Nimr Baqir Al-Nimr).

Le Premier ministre Manuel Valls achève ce mardi 13 octobre sa tournée au Moyen-Orient par une visite en Arabie saoudite. Il devrait être reçu par le roi Salman et devrait plaider pour "un geste de grâce, d'humanité et de clémence" en faveur du jeune chiite Ali Mohammed al-Nimr, condamné à mort par décapitation et crucifixion en 2012.

Le sort du jeune homme, qui faisait la une des journaux il y a trois semaines - son exécution était programmée pour le 24 septembre -, reste un mystère. Selon la journaliste du Petit Journal Camille Crosnier présente à Riyad, les médias sont muets sur le le sujet : 

"Ils ne savent même pas dans quelle prison il se trouve. Le sujet est complètement tombé aux oubliettes. C'est complètement tabou ici et personne n'en parle."

L'espoir d'une grâce royale ?

Une pétition, lancée par l'association internationale Avaaz, qui assure offrir "à des millions de personnes venues de tous les horizons la possibilité d'agir sur les questions internationales les plus urgentes, de la pauvreté à la crise au Moyen-Orient et au changement climatique", a déjà recueilli plus de 1.400.000 signatures, "pour s'opposer à cette farce des droits de l'homme". Néanmoins, l'organisation, qui a mis à jour le texte de sa pétition le 9 octobre, ne semble pas avoir de nouvelles du jeune homme.

Seule information, plutôt optimiste : il se murmure, selon France info, qui cite un "diplomate de très haut niveau rencontré à Riyad", que le roi lui-même pourrait gracier Ali Mohammed al-Nimr. Son oncle, un fervent opposant chiite au gouvernement, lui aussi condamné à mort pour sédition, devrait également "voir sa peine annulée". 

La correspondante de France info dans le pays précise :

"Apparemment les autorités saoudiennes veulent éviter tout soulèvement ou embrasement dans la province orientale où est concentrée la communauté chiite."

Contacté par "l'Obs", le ministère des Affaires étrangères n'a pas confirmé cette hypothèse. Le Quai d'Orsay répète par contre à l'envi que "la position française est connue des autorités saoudiennes : nous souhaitons que ce jeune militant ne soit pas exécuté. Le président de la République a lancé un appel aux autorités saoudiennes en ce sens."

La journaliste de France info souligne que le roi Salman n'a quoi qu'il en soit aucunement l'intention de se faire dicter une décision par Manuel Valls ou qui que soit d'autre. Notre Premier ministre devra donc faire preuve de diplomatie lors de sa rencontre, s'il ne veut pas froisser les susceptibilités du roi et risquer de perdre les 10 milliards d'euros de contrats que la France pourrait signer. Voire compliquer la situation du jeune condamné…

Jusqu'au "pourrissement"

Rappelons qu'Ali Mohammed al-Nimr a été arrêté à 17 ans pour avoir participé à des manifestations du Printemps arabe à Qatif, dans l'est du royaume. Il a été condamné à mort il y a un an et demi, après avoir apparemment été torturé, contraint à passer aux aveux sans avoir pu recourir à un avocat.

Alors que l'ambassadeur d'Arabie saoudite auprès de l'ONU à Genève venait tout juste d'être nommé à un poste clé au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, l'exécution du jeune homme devait se faire par décapitation, avant que son corps ne soit crucifié aux yeux de tous, jusqu'au "pourrissement"...

Renaud Février

 

Source : Tempsreel.nouvelobs.com

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