Avocats smicards, le blues des jeunes robes noires...

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La paupérisation touche tout le monde et demain encore pire avec la loi Travail 2 et ses contrats zéro heure.

Pour les avocats, moins de clients + mauvais payeurs+ taxation à 70% (23 urssaf, 10 assurance maladie, 10 cotisation prof, 15 charges prof (bureau, ordi...), 10/15 impôts

Raison pour laquelle il y a peu d'indépendants en France surreprésentée par les fonctionnaires 6 millions et retraités 16 millions... tous payés à crédit

Plus de crédit = plus d'État = faillite du modèle économique du bateau France = dépeçage à la grecque

Contributeur anonyme

Avocats 15 08 2017

« Pour faire fortune, il y a des moyens plus efficaces que de devenir avocat. » Sous ses airs de boutade, le propos de Me Amélie Daillencourt, ancienne présidente de l’Union des jeunes avocats (UJA) de Reims, interpelle.

Dans l’imaginaire collectif, bien souvent, la profession est associée à des émoluments plus que confortables. Mais « quand on intervient en faculté ou sur des forums, quand on explique à combien on débute, les gens ouvrent de grands yeux ! Il ne faut pas vouloir devenir avocat pour faire fortune, ce n’est plus du tout une profession de nantis, comme on peut en avoir l’image. » De fait, de plus en plus d’avocats, en particulier les plus jeunes d’entre eux, éprouvent des difficultés à joindre les deux bouts. À tel point que l’on entend parler d’« avocats smicards » ou de paupérisation de la profession.

Viser les petites villes

Première difficulté, pour les jeunes avocats, la concurrence accrue : en France, le nombre de robes noires augmente d’année en année, et les barreaux de notre région ne font pas exception à la règle, malgré des disparités évidentes. Et la tendance ne semble pas prête à s’inverser : les études de droit font toujours le plein. Dans les grandes agglomérations, qui concentrent une majorité de ces jeunes avocats, pas évident de faire son trou. « Avant, les jeunes avaient plus tendance à se concentrer dans les grandes villes. Mais il devient très difficile de trouver des collaborations à Reims, où il y a moins de 1000 habitants par avocat, et où le nombre de places est limité. »

Cette situation va pousser nombre de jeunes à viser des villes de plus petite taille. Un bon calcul, selon Me Guillaume Bert, président de l’UJA de Châlons-en-Champagne. « J’ai un parcours atypique : j’ai fait mes études dans de grandes villes, mais j’ai choisi d’exercer dans une ville de taille plus réduite, explique-t-il. Aujourd’hui, il y a de l’avenir dans les barreaux de petite taille. Si on veut développer plus rapidement sa clientèle, il est pertinent de choisir une zone moins importante : on est très vite en première ligne, dans des domaines très différents. Et on a aussi l’opportunité d’être impliqué sur des affaires importantes. Dans les petites villes, les permanences reviennent plus souvent, on a donc plus de chances d’être appelé. C’est ce que je dis aux étudiants ou aux lycéens que je rencontre : il ne faut pas avoir de frein, et chercher aussi en périphérie des grandes villes. Il ne faut pas hésiter à franchir le pas. »

Moins de collaborations

Effectivement, on observe un rajeunissement de certains barreaux, comme celui des Ardennes. « En 2012, cinq ou six nouveaux avocats sont arrivés », explique Me Élodie Barrué, vice-présidente de l’UJA Reims-Ardennes. Un nombre non négligeable pour un barreau de petite taille.

Autre difficulté, les jeunes avocats se heurtent à la diminution des collaborations. Beaucoup décident de s’installer tout seuls, ce qui ne va pas sans poser de sérieux problèmes à certains. « On a plus de charges quand on s’installe seul : il faut avoir des locaux, etc. Les jeunes avocats doivent aussi se constituer une clientèle, ce qui est d’autant plus difficile qu’en plus de la concurrence, nous avons des moyens de communication qui sont très réglementés. Par exemple, on ne peut pas aller distribuer nos cartes dans les boîtes aux lettres. »

Pour faire tourner son propre cabinet, être un bon avocat ne suffit plus : en plus de sa robe noire, le débutant doit également être prêt à endosser un costume de chef d’entreprise ! De fait, certains futurs avocats n’hésitent pas, comme l’explique Me Bert, à effectuer, en plus de leurs études de droit, une année en école de commerce.

Être un bon gestionnaire

«  C’est quelque chose que l’on n’apprend pas en droit, renchérit Me Daillencourt. Certains font effectivement aussi une année en école de commerce, et je pense que ce n’est pas idiot. C’est bon pour connaître le monde de l’entreprise si on fait du droit des affaires, mais c’est aussi utile pour manager un cabinet. C’est un aspect auquel on ne pense pas, et qui fait appel à des compétences différentes. On peut être un très bon juriste mais un gestionnaire désastreux. » La gestion d’un cabinet, pas forcément la première chose à laquelle on pense quand on évoque le métier d’avocat… « Les médias renvoient une image trompeuse des avocats, explique Me Bert. On les imagine toujours dans les prétoires, à ne traiter que de grosses affaires. J’encourage les étudiants en droit à faire des stages dès leur première ou deuxième année, pour mieux cerner les contours du métier, qui est complexe, avec du stress, de grosses responsabilités, et, aussi, beaucoup de travail de nature administrative. Il faut avoir conscience de cet aspect-là du travail. »

« Certains ne décollent jamais, et on voit parfois des confrères avec de l’ancienneté en liquidation judiciaire. Au conseil de l’Ordre, on voit certains avocats qui ont du mal à joindre les deux bouts  », raconte MDaillencourt, qui observe un «  appauvrissement des avocats, en particulier des jeunes. Les autres souffrent aussi, mais on le ressent d’autant plus durement quand on part de zéro. »

 

Source : Lunion.fr

 

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