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Le Premier ministre britannique, David Cameron, espère arracher des concessions lors d'un sommet européen, jeudi et vendredi à Bruxelles. Objectif : convaincre les Britanniques de rester dans l'Union.

Cameron 18 02 2016

Le Premier ministre britannique, David Cameron, est accueilli par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker le 16 février 2016 à Bruxelles. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

Sacré contraste. Autant la Grèce est constamment menacée de sanctions de toutes sortes par ses partenaires européens (exclusion de la zone euro, de l'espace Schengen, de l'Union européenne...), autant le tapis rouge est déroulé devant le Royaume-Uni pour qu'il ne quitte pas l'UE.

La crainte est pourtant réelle. Lors des dernières élections, le Premier ministre britannique, David Cameron, a en effet promis de consulter par référendum ses compatriotes sur le sujet, entre juin 2016 et la fin 2017. D'ici là, il va essayer, jeudi 18 et vendredi 19 février, lors d'un sommet à Bruxelles, d'arracher aux Européens un maximum de concessions pour convaincre les Britanniques de rester au sein de l'UE. Francetv info résume les enjeux de ce bras de fer, qui pourrait tourner au marché de dupes.

Pourquoi ce référendum sur la sortie de l'UE ?

L'histoire remonte à presque dix ans. En 2007, le chef de la droite britannique, un certain David Cameron, s'engage à organiser un référendum sur le traité de Lisbonne, qui remplace le projet de Constitution européenne, s'il gagne les législatives de 2010.

Le leader du parti conservateur remporte la victoire, mais avec l'aide des centristes. Pour ne pas déplaire à ses alliés europhiles, David Cameron oublie sa promesse. Mais celle-ci se rappelle à lui avec la montée d'un euroscepticisme virulent dans le pays. Et rebelote : pour gagner les élections (celles de 2015 cette fois), il s'engage à organiser un référendum sur la question européenne. Reconduit au 10 Downing Street en mai 2015, il précise que cette consultation aura lieu d'ici fin 2017.

Les Britanniques en veulent à ce point à Bruxelles ?

A tort ou à raison, Bruxelles est rendu responsable de nombre de maux du pays. Mais les Britanniques en veulent plus spécialement aux immigrants d'Europe de l'Est, accusés de leur voler leur travail et leurs allocations sociales depuis 2004. "Cette année-là, expliquent Les Echos, l'Union européenne est élargie à dix pays de l'Est. Et le Royaume-Uni est l'un des seuls pays à ne pas restreindre temporairement l'immigration en provenance de ces Etats." Sous le Premier ministre travailliste Tony Blair (1997-2007), le marché du travail a été libéralisé et le pays, note Le Monde, crée des "millions d’emplois mal payés et faiblement qualifiés". Selon Les Echos, les étrangers peuvent alors facilement trouver un poste dans le bâtiment, l'agriculture ou la santé.

Mais le gouvernement britannique, notait L'Express en janvier 2014, "avait sous-estimé l'afflux de travailleurs désireux de rejoindre la blanche Albion. Les autorités prévoyaient la venue de quelque 15.000 Polonais. Ce sont entre 900.000 et un million de personnes qui sont venues en dix ans." Et ces immigrants ont droit, selon les traités de l'UE, aux mêmes prestations sociales que les Britanniques. 

Sous la pression du parti souverainiste Ukip, mais aussi de l'aile droite de son propre parti, David Cameron s'est engagé, en décembre 2014, à suspendre le versement des allocations et aides sociales aux salariés européens n'ayant pas cotisé pendant quatre années. Quitte à créer une inégalité entre les Britanniques et les autres Européens puisque ces aides permettent d'améliorer le revenu de millions de travailleurs pauvres.

Mais, du coup, que réclame David Cameron ?

Les revendications du Premier ministre britannique portent avant tout sur quatre points :

1) la suppression du droit automatique aux prestations sociales pour les ressortissants d'autres pays de l'Union européenne ;

2) un surplus de pouvoir aux Parlements nationaux. En cas de désaccord sur une directive envisagée par l'Union européenne, les lois pourraient être bloquées si plus de la moitié des Parlements nationaux sont d'accord ;

3) des garanties pour les neuf pays – dont le Royaume-Uni – n'appartenant pas à la zone euro de ne pas être pénalisés par les décisions de la zone euro ;

4) moins de régulations, qui, selon Londres, brident la compétitivité des pays de l'Union.

Jusqu'où David Cameron est-il prêt à aller ? En novembre dernier, le correspondant à Londres de France Télévisions, Loïc de La Mornais, expliquait qu'il devait donner des gages à droite à une "frange très anti-Europe, très euro-sceptique", jusque dans son parti.

Source : Francetvinfo.fr