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110 cancérologues et hématologues français signent ce matin, dans "Le Figaro", un appel contre le coût des médicaments qui ruinent notre système de santé.

Update 16.03.2016 IMPORTANT : Des particules de taille nanométrique ont guéri le cancer du sein à l'étape finale chez la souris – C’est une percée révolutionnaire...  (Crashdebug.fr)

Cancerc 16 03 2016

L'orage grondait depuis longtemps. Il vient de s'abattre sur les laboratoires pharmaceutiques producteurs de certains médicaments contre le cancer littéralement hors de prix. Les mots employés par Jean-Paul Vernant, professeur d'hématologie (auteur des recommandations du troisième plan cancer) et Dominique Maraninchi (à la tête de l'Institut national du cancer puis de l'Agence du médicament) font mouche : « Une bulle s'est installée et elle est sur le point d'exploser », note dans Le Figaro le Pr Vernant, qui dénonce les « profits indécents de l'industrie pharmaceutique ». Ce n'est pas la première fois.

Les auteurs de l'appel des 110 citent quelques chiffres qui illustrent bien leurs propos. Tout d'abord, concernant le Glivec (efficace dans la leucémie myéloïde chronique), son coût est passé (en dollars constants 2014) de 4500 dollars par mois en 2001 à 8400  en 2015, « ce qui balaie l'argument souvent avancé par l'industrie pharmaceutique du nécessaire retour sur investissement ». D'autre part, cette même molécule est vendue plus de deux fois plus cher aux États-Unis qu'en France, preuve que « l'industrie pharmaceutique détermine ses prix en fonction de ce que le marché est prêt à payer », ajoute le Pr Vernant.

Cette « toxicité financière » guette la France

La charge est rude. Lors d'un débat organisé fin janvier à l'Institut Paoli-Calmettes de Marseille, Patricia Marino, économiste de la santé dans cet établissement, avait aussi dénoncé une dérive des tarifs menaçant le système de santé. Certes, le phénomène n'est pas nouveau, mais « nul ne sait où il s'arrêtera », s'était-elle inquiétée avant de rappeler que, aux États-Unis, le coût mensuel moyen d'un traitement anticancéreux est passé de 5000 dollars en 2003 à 10.000 dollars en 2013. De plus, sur les 12 anticancéreux approuvés par la Food and Drug Administration en 2012, 11 valaient plus de 100.000 dollars par an.

Selon tous les spécialistes, cette « toxicité financière » guette la France : les dépenses d'assurance maladie en matière d'anticancéreux, qui comptent pour environ 10 % du budget médicaments, connaissent une hausse comprise « entre 8 % et 9 % par an », selon Vincent Sciortino, directeur du service médical de l'assurance maladie en Ile-de-France. Dans le même temps, « les gains d'efficacité sont de plus en plus faibles, avec seulement quelques semaines de vie en plus », ajoute Patricia Marino qui regrette une augmentation trop rapide des coûts par rapport aux gains d'efficacité.

Pour que le paquebot de l'assurance maladie ne ressemble plus « au Titanic, filant droit vers son destin », les 110 signataires de l'appel du Figaro proposent notamment un juste prix pour les médicaments du cancer, basé sur les sommes investies par les industriels pour la R&D du produit, auquel s'ajouterait un retour sur investissement raisonnable. Une demande qui devrait être appuyée par le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss). Son secrétaire général adjoint Christian Saout avait prôné la transparence à Marseille, estimant que « c'est la quintessence de la démocratie » et qu'elle « doit aussi s'appliquer au domaine du médicament ». La pierre est désormais dans le jardin des industriels du médicament.



Source : LePoint.fr

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