Carburants : subventionner les prix à la pompe, combien cela coûterait-il à l’État ? (Le Figaro.fr)

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Bonjour, comme vous l'avez constaté, les prix à la pompe commencent à s'envoler, et ça, c'est une préoccupation plus immédiate pour les Français, que l'utilisation d'une arme nucléaire tactique en Iran.... ont-ils raison ? Je ne sais pas, mais on va tenter avec l'aide du figaro d'y apporter une réponse, et vous verrez qu'il n'y a hélas pas de recette magique, la libération de ces 400 millions de barils des réserves stratégiques ne donnent que 20 jours de répis, mais il y a d'autres voies d'approvisionnement que le canal d'Ormuz, et on voie dans ce cas précis, le manque de jugeotte totale de l'Europe et de Van der lyen qui nous à mis en porte à faux avec la Russie.

Subventionner pompe
Contrairement à ce qu’affirment les oppositions, notamment le RN et son allié l’UDR,
« l’enrichissement » de l’État est faible. Aygul Bulté / stock.adobe.com
 

Les appels à bloquer les prix ou à ressortir le chéquier sont nombreux. Mais le gouvernement freine des quatre fers, conscient du prix à payer.

Le concours Lépine du sabrage des prix à la pompe est lancé. Actant que la France n’a plus les capacités budgétaires de sortir le chéquier comme en 2022 pour atténuer la hausse des prix à la pompe provoquée par la guerre en Iran, le premier ministre Sébastien Lecornu en appelle à la créativité de ses ministres et de leurs conseillers. Plafonnement des marges, mécanismes de lissage des hausses et baisses des prix... Toute idée est bonne à prendre tant qu’elle ne grève pas une fois de plus les comptes de l’État. « Il faut (...) ne pas céder aux mesures aussi démagogues qu’inutiles qui seraient non seulement inefficaces pour le prix à la pompe, mais aussi catastrophiques pour nos finances publiques. Ce que les Français finissent toujours par payer en impôts... », a déclaré le chef du gouvernement lors du Conseil des ministres ce mercredi.

Le « bouclier fiscal » déployé après l’invasion russe de l’Ukraine, dans un contexte de faible disponibilité du parc nucléaire, a représenté 72 milliards d’euros de dépenses publiques cumulées, selon le chiffrage réalisé par la Cour des comptes au printemps 2024. Un coût qui s’est répercuté sur le déficit public, dont le pic a été atteint - espère-t-on - en 2024, à 5,8 % du PIB, et naturellement sur la dette publique, laquelle devrait dépasser les 120 % du PIB dans les prochains mois. De combien la note serait-elle rallongée si, une fois de plus, le gouvernement recourait à des aides publiques ?

Un « enrichissement » de l’État très modéré

Tout dépend du moyen employé. Si, par exemple, le gouvernement choisissait de rétrocéder d’une manière ou d’une autre le surplus de taxes prélevées depuis le déclenchement de la guerre en Iran, les pertes pour les caisses publiques seraient relativement modérées, mais le gain pour les automobilistes serait faible lui aussi. En effet, comme le rappelle l’économiste Éric Dor dans une note publiée mercredi, la seule partie des taxes sur les carburants qui augmente en même temps que les prix est la TVA, de 20 % sur l’ensemble du prix. Le reste est fixe : l’accise, anciennement TICPE, est fixée à 0,67 euro au litre pour l’essence SP95 et 0,61 euro au litre pour le gazole quel que soit le prix à la pompe.

Éric Dor calcule donc que « si l’augmentation de 8,4 centimes d’euros du prix à la pompe de l’essence SP95 E10 durait une année complète, le gain de recettes fiscales serait de 110 millions d’euros pour le gouvernement au frais des consommateurs particuliers, à condition que la quantité demandée reste inchangée ». De même, « si l’augmentation de 25,2 centimes d’euros du prix à la pompe du gazole durait une année complète, le gain de recettes fiscales serait de 654 millions d’euros ». Ces gains seraient cependant fragiles, puisqu’il suffirait d’une baisse de 4,5 % de la consommation de SP95 et de 12 % sur le diesel pour qu’ils soient totalement perdus.

Ces estimations n’ont évidemment rien d’une prédiction, nul ne sachant quand la guerre en Iran s’arrêtera, ni si la consommation baisserait autant, cependant elles donnent un ordre de grandeur. Contrairement à ce qu’affirment les oppositions, notamment le RN et son allié l’UDR, « l’enrichissement » de l’État est faible. Et si ces montants étaient « rendus » aux automobilistes, ces derniers seraient probablement très déçus de voir le prix moyen de l’essence s’afficher à 1,778 euro au lieu de 1,792 euro, et celui du diesel à 1,911 euro au lieu de 1,953 euro.

Gare au retour de bâton

En revanche, les montants en jeu seraient bien supérieurs si le gouvernement plafonnait les prix comme le réclame LFI, ou baissait massivement les taxes, y compris l’accise, comme le demande depuis longtemps le RN. Dans le premier cas l’État doit financer ce nouveau bouclier fiscal, dans le deuxième il doit renoncer à d’importantes recettes. Ce qui, à l’arrivée, revient au même.

« Si la hausse déjà observée du prix de gros et du coût de distribution se maintenait pendant une année, mais sans augmentation supplémentaire, le coût d’un plafonnement du prix à la pompe pour les particuliers à son niveau initial de la semaine du 23 au 27 février, aux frais du gouvernement, serait de 662,8 millions d’euros pour l’essence SP95 E10, et de 3 942,8 millions d’euros pour le gazole », calcule Éric Dor. Soit un total annuel de près de 4,6 milliards d’euros, qui augmenterait fortement si la crise s’intensifiait et si les mesures de subvention ou de baisse d’accises étaient élargies aux entreprises et professionnels.

Compte tenu de l’état de nos finances publiques, le gouvernement n’aurait d’autre choix que de compenser ces pertes par de nouvelles recettes fiscales ou des économies supplémentaires. Ce qui ne manquerait pas de compliquer les prochains débats budgétaires, qui promettent déjà d’être particulièrement âpres. Et si ces mesures conduisaient à un nouveau creusement du déficit, les investisseurs ne manqueraient pas de réclamer une prime de risque supplémentaire pour prêter à la France : le taux d’intérêt à dix ans de la dette française grimpait à 3,55 % mercredi après-midi, contre 3,44% la veille au soir. Dans un tel scénario la charge de la dette, de 65 milliards d’euros en 2025, s’alourdirait encore. En l’absence d’amélioration de notre trajectoire budgétaire, elle dépasserait 100 milliards d’euros d’ici 2029 selon la Cour des comptes. Un prix élevé, pour un bouclier censé protéger.

 

Source : Le Figaro.fr

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