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Quand on voit les espoirs permis et le retard que l'on a en France, il ne faut pas non plus autoriser n'importe quoi. C'est bien ce qu'a compris ce juge.

La confusion règne aujourd’hui dans certains laboratoires américains : un juge s’oppose au financement public des recherches sur les cellules souches embryonnaires décidé par Obama.

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Pour les chercheurs, la décision du juge Lamberth est un retour en arrière. Ici des cellules souches
embryonnaires cultivées à l'Université du Michigan. (AP Photo/Paul Sancya/Sipa)

Pour certains scientifiques américains, la situation n’est pas très claire ce matin : peuvent-ils continuer leurs travaux sur des cellules souches embryonnaires humaines (CSE) avec le matériel payé par le gouvernement fédéral ? La sentence d’un juge de Washington bloque la décision du président Barack Obama d’élargir le financement public des recherches sur ces cellules souches. Les fonds déjà alloués sont-ils concernés ? Les Instituts nationaux de la santé (NIH), qui gèrent les budgets publics, attendent que l’administration livre son interprétation de la sentence.

En mars 2009, le président Obama a mis fin aux restrictions décidées par son prédécesseur, George Bush fils. L’argent fédéral pouvait à nouveau financer des recherches sur de nouvelles lignées de cellules souches, et non plus seulement sur celles qui avaient été obtenues avant 2001. Ces CSE ne pouvaient être dérivées que d’embryons surnuméraires issus des FIV, ne faisant plus l’objet d’un projet parental, avec accord des donateurs.

Une voie étroite

Le juge Royce Lamberth, de la cour fédérale du district de Columbia, estime que cette décision viole l’amendement Dickey-Wicker, reconduit chaque année par le Congrès depuis 1996. Ce texte interdit d’utiliser des fonds publics pour financer des recherches impliquant la destruction d’embryons humains.

Obama marchait donc sur des œufs : il a autorisé les financements publics pour la recherche sur les lignées de CSE une fois créées mais l’extraction de ces lignées devait être payée par de l’argent privé.

Le juge Lamberth a rejeté cette distinction, estimant qu’à partir du moment où un projet de recherche impliquait la destruction d’un embryon il ne pouvait pas être financé par l’argent public.

Deux chercheurs derrière la plainte

La plainte a été à l’origine déposée par plusieurs personnes, dont une association chrétienne opposée à la destruction des embryons surnuméraires, ainsi que deux chercheurs qui travaillent sur les cellules souches adultes. La plainte avait d’abord été rejetée au motif que les plaignants n’étaient pas directement concernés par les conséquences de la législation Obama. En appel, la cour a considéré que les deux chercheurs pouvaient en pâtir en recevant moins d’argent pour leurs travaux. Ce sont donc eux seuls, James Sherley (Boston Biomedical Research Institute) et Theresa Deisher (AVM Biotechnology), qui sont les plaignants.

Les cellules souches sont prélevées à des stades très précoces de la formation de l’embryon – avant implantation : le stade de la morula (elle contient une trentaine de cellules et son nom vient du latin "petite mûre" à cause de sa forme) ou du blastocyste (5 à 6 jours après la fécondation).

Cellules souches reprogrammées

Les problèmes éthiques posés par la recherche sur les cellules souches humaines ont amené les chercheurs à explorer d’autres voies : cellules souches adultes et surtout, plus récemment, reprogrammation des cellules adultes en cellules souches embryonnaires (dites CSE induites).

Les CS adultes sont moins ‘souples’ que les cellules embryonnaires (qui sont capables de donner n’importe quel tissu de l’organisme). Les cellules souches induites permettraient d’obtenir des cellules très ‘souples’ à partir des cellules d’un patient, offrant de grands espoirs à la médecine régénératrice. Leur potentiel est encore à l’étude ; il est encore trop tôt aujourd’hui pour dire qu’elles égalent les cellules embryonnaires.

Cécile Dumas

Source :
Sciences & Avenir.fr

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