5.0 of 5 (2 Votes)
Temps de lecture : 2 min

Cher·e·s ami·e·s et soutiens de La Quadrature du Net,

Nous faisons appel à nouveau à vous pour apporter votre soutien financier aux actions de La Quadrature du Net : https://soutien.laquadrature.
net/

Celui-ci est indispensable : c'est grâce à vous que nous pouvons agir pour :

        - Une vraie protection de la *neutralité du Net* et la non-discrimination des données ;
        - La protection du droit à la *vie privée* contre la surveillance des États et des entreprises ;
        - L'adaptation du *droit d'auteur* aux pratiques culturelles actuelles et la légalisation du partage    non marchand des œuvres numériques entre individus ;
        - La *liberté d'expression* contre la censure ;
        - L'exclusion des dispositions mettant en dangers nos droits fondamentaux des *accords internationaux* (TAFTA, CETA, TISA, ACTA, etc) ;
        - La *participation de tous* à la vie démocratique et au débat public ;
        - La *défense de l'Internet* que nous aimons et qui nous respecte <3

La Quadrature du Net souhaite développer la prise de conscience et la capacitation citoyennes : non pas se battre pour vous en restant loin de vous, mais se battre pour nous tous en vous impliquant au cœur de nos campagnes et de nos projets.

C'est pourquoi le soutien que vous apportez à La Quadrature du Net, qu'il soit financier, moral, actif, bénévole, quotidien, est si indispensable.

Nous comptons sur vous pour poursuivre votre soutien et vos dons. L'année qui vient de s'écouler nous a montré que plus que jamais, la mobilisation est cruciale pour défendre et étendre nos libertés : face à la surveillance mondiale massive et a-légale révélée par Edward Snowden, que la loi de programmation militaire votée en France en décembre 2013 tend à légaliser ; face aux enjeux cruciaux de définition juridique de la neutralité du Net en cours au niveau européen ; face aux fréquentes tentatives d'extension de la censure privée via l'extension de la LCEN, nous avons de nombreux fronts sur lesquels il faut aujourd'hui, plus que jamais, être vigilants et travailler avec le plus de moyens possibles.

Nous comptons sur vous pour continuer à nous aider dans notre action de défense des libertés fondamentales sur internet, et pour amener votre entourage à prendre également conscience de ces enjeux et nous rejoindre.

Philippe Aigrain, Benjamin Bayart, Jean Cattan, Laurent Chemla, Lionel Maurel, Benjamin Sonntag, Félix Tréguer, Laurence Vandewalle et Jérémie Zimmermann, co-fondateurs et membres du conseil d'orientation stratégique de La Quadrature du Net, et toute l'équipe opérationnelle de La Quadrature du Net

our_futur.jpg

Paris, 27 juin 2014 – Discuté au Parlement depuis le mois de septembre 2013, le projet de loi dit « pour l'égalité entre les femmes et les hommes » a été adopté durant la nuit en seconde lecture par l'Assemblée nationale. Légèrement modifié, l'article contenant les dispositions encourageant l'extra-judiciarisation de la lutte contre les propos haineux sera à présent examiné en commission mixte paritaire, qui – sauf surprise ­– l'adoptera tel quel. Ce vote illustre une nouvelle fois la profonde crise politique contemporaine et la dangereuse incompréhension de nos dirigeants face aux enjeux liés au numérique.

À l'issue de près d'un an de travail parlementaire, le projet de loi « pour l'égalité entre les femmes et les hommes » déposé par Najat Vallaud-Belkacem, la ministre des Droits des femmes, vient d'être adopté en seconde lecture à l'Assemblée nationale. De manière prévisible, le vote d'aujourd'hui entérine l'article 17 du texte modifiant le régime de responsabilité des intermédiaires techniques de l'Internet pour élargir leurs missions de surveillance et de censure des communications à tous les propos incitant aux discriminations diffusés en ligne, les incitant à censurer ces derniers sans l'aval d'un juge. Comme l'a dénoncé La Quadrature du Net tout au long du processus législatif, une telle extension de la loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN) porte gravement atteinte aux droits fondamentaux des citoyens, et notamment à la liberté d'expression et au droit au procès équitable (voir cette analyse).

Si la commission mixte paritaire devra encore examiner l'article en question, il parait peut probable qu'il soit remis en question à ce stade, tant les élus – à commencer par les rapporteurs du texte1 – se sont accordés sur son contenu du début à la fin du processus, à quelques exceptions près2.

Malheureusement, ce débat conduisant à accentuer les dérives de la LCEN aura été marqué par de nombreuses incohérences :

  • avec les arguments employés par les députés pour refuser l'extension de la LCEN aux vidéos enregistrées lors d’atteintes volontaires à l’intégrité d'une personne (happy slapping), qui auraient dû les conduire à supprimer l'ensemble de l'article 173 ;
  • en agitant – comme de coutume – le fantasme de la « zone de non-droit » que constituerait Internet, au mépris des faits et des nombreux procès jugeant des propos tenus en ligne, alors même que l'extension de la loi remet en question les droits fondamentaux des internautes en transformant les hébergeurs en police privée ;
  • en attaquant systématiquement les géants du Net, accusés de profiter de leur irresponsabilité de manière hypocrite, alors même que la loi envisage de leur confier des missions de censure, sans intervention du pouvoir judiciaire ;

Le vote d'aujourd'hui symbolise une fois de plus la dérive d'un pouvoir qui n'hésite plus à porter atteinte aux droits fondamentaux des citoyens qu'il est censé représenter et protéger, soutenu par un Parlement où la logique de groupe a depuis longtemps pris le pas sur la défense de l'intérêt collectif. Alors que l'adoption de l'extension de la LCEN par la Commission Mixte Paritaire ne semble n'être plus qu'une formalité, La Quadrature du Net appelle à l'ouverture de l'indispensable débat pour mieux protéger la liberté d'expression sur Internet et garantir le droit au procès équitable.

« Le vote d'aujourd'hui est à la fois extrêmement regrettable, et en même temps guère surprenant vu l'obstination des élus en charge de ce texte. Les débats ont témoigné d'un inquiétant aveuglement face aux risques inhérents à la censure privée, et d'une coupable surdité face aux propositions alternatives visant à renforcer les moyens de la justice. La lutte contre les discriminations est une cause trop importante pour servir de paravent à des politiques attentatoires aux droits fondamentaux. Car en parallèle, cette tendance à l'extrajudiciarisation de la répression sur le Net se retrouve dans le rapport "cybercriminalité", la proposition de loi contre le système prostitutionnel ou encore le projet de loi contre le terrorisme. Le gouvernement et les parlementaires doivent mettre fin à cette fuite en avant et poser les jalons d'une protection pleine et entière de la liberté d'expression sur Internet, notamment à l'occasion du débat à venir sur la loi numérique » conclut Félix Tréguer, cofondateur de La Quadrature du Net.

 

  • 1. Mme Virginie KLÈS au Sénat et M. Sébastien DENAJA à l'Assemblée Nationale.
  • 2. Notamment Mme Benbassa (sénatrice ECOLO), Mme Bouchoux (sénatrice ECOLO), M. Coronado (député ECOLO), Mme Duby-Muller (députée UMP), Mme Massonneau (députée ECOLO) M. Molac (député ECOLO) Mme Pompili (députée ECOLO) M. Tardy (député UMP), et Mme de La Raudière (députée UMP).
  • 3. Le rapporteur du texte pour la seconde lecture de l'Assemblée nationale a par exemple déclaré : « Le souci de lutter contre la diffusion de contenus illicites sur Internet ne peut justifier de modifier l’équilibre entre liberté d’expression et impératifs de sécurité au point de rendre impossible l’exercice par les fournisseurs d’accès et les hébergeurs de la responsabilité que leur confie la loi. »

 

Source : Laquadrature.net

Vous aimez ce que vous lisez ? Notre travail est gratuit et indépendant, mais il a un coût. Vous pouvez nous soutenir librement grâce à un don via Tipeee ou PayPal. Si vous ne pouvez pas nous aider financièrement (ce que je peux comprendre parfaitement), vous pouvez partager les articles sur vos réseaux sociaux, et parler du site autour de vous. Merci à celles et ceux qui rendent tout cela possible.

Informations complémentaires :

Crashdebug.fr : L'Europe sécuritaire

 

Partager sur les réseaux sociaux

Publier 0Nombre de partages sur X
0Nombre de partages sur X
Partager 0Nombre de partages sur Facebook
0Nombre de partages sur Facebook
Partager 0Nombre de partages sur Linkedin
0Nombre de partages sur Linkedin
E-mail 0Nombre de partages sur Email
0Nombre de partages sur Email
WhatsApp 0Nombre de partages sur Whatsapp
0Nombre de partages sur Whatsapp
Télégramme 0Nombre de partages sur Telegram
0Nombre de partages sur Telegram

1000 Characters left


 

Vous appréciez Crashdebug.fr ?

Pour nous soutenir, vous pouvez nous aider à financer ce serveur :

Faire un don ponctuel via paypal

Faire un don ponctuel ou mensuel via Tipeee

Ne perdez rien de notre actualité, rejoignez-nous sur Twitter (X), Youtube, ou Facebook ou encore Telegram (pas de filtrage algorithmique), avec la censure de Google, nous avons plus que jamais besoin de votre soutien.

Tous les commentaires publiés sont sous la responsabilité de leurs auteurs respectifs. Crashdebug.fr ne saurait être tenu responsable de leur contenu ou orientation.

Vidéo bloqué qui ne se lance pas ?

Comment nous contacter ?

Vous avez des questions ?

Merci,

Sites ami(e)s