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Pour réduire les créances impayées, le gouvernement chypriote adopte une loi pour autoriser la saisie de maison. Les critiques fusent dans un pays où le taux de chômage atteint 17%.

Chypre Saisie 01 08 2014
Pour réduire les créances impayées, le gouvernement chypriote adopte une loi pour autoriser la saisie de
maisons. Les critiques fusent dans un pays où le taux de chômage atteint 17%. PETROS KARADJIAS/AP/SIPA

Alors que la visite d’un huissier de justice n’est PAS UN moment agréable à passer, les Chypriotes endettés pourraient dans le futur se voir dessaisir de leur maison.

Le gouvernement chypriote a approuvé une législation permettant la saisie de maisons payées avec des crédits actuellement non remboursés, une mesure réclamée par les bailleurs de fonds internationaux de l'île méditerranéenne ravagée par la crise, a-t-on appris jeudi.

La troïka (Union européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne) avait pressé Chypre vendredi de voter la législation, condition sine qua non pour le versement de la future tranche d'aide des bailleurs de fonds.

La loi doit encore être approuvée par le Parlement en septembre.
L'opposition critique cette mesure, craignant qu'elle jette à la rue de nombreuses familles dans un pays où le taux de chômage atteint 17%.

Dans une allocution télévisée après la décision du gouvernement, le président Nicos Anastasiades a déclaré que des mesures douloureuses étaient inévitables pour réduire les créances impayées, et qu'une réforme de la loi était nécessaire.

Le président a déploré "le très haut niveau des prêts non-performants", mettant en cause le cadre législatif actuel de recouvrement des dettes.

Il a notamment critiqué la lenteur du processus. "Des décisions de ventes forcées datant de 1997 n'ont toujours pas été appliquées aujourd'hui", a-t-il noté.

Plus de 50% des prêts bancaires à Chypre sont considérés comme "non performants", car non remboursés.
Par ailleurs, l'île a le plus haut niveau de prêts privés de toute l'Union européenne, selon M. Anastasiades.

Le président a assuré que des garde-fous seraient mis en place pour empêcher les banques d'expulser les personnes les plus démunies.

Interrogée par des journalistes sur les éventuelles conséquences d'un rejet de la législation par le Parlement, la chef de la mission du FMI dans l'île a indiqué que l'approbation de la loi était "une condition préalable pour la conclusion du cinquième audit" de la troïka.
"Si la loi ne passe pas, l'audit ne sera pas finalisé", a ajouté Delia Velculescu sans donner plus de précisions.

Les créanciers de Chypre ont envoyé une délégation dans l'île pour réaliser ce 5e audit dans le cadre du plan de sauvetage international de 10 milliards d'euros accordé au pays en mars 2013, alors qu'il était au bord de la faillite.

S'il est approuvé, l'audit ouvrira la voie au versement de la prochaine tranche d'aide internationale prévu fin septembre.

Les audits ont pour objectif de vérifier le respect des engagements que Chypre a pris en contrepartie du prêt de 10 milliards d'euros. Nicosie a dû se plier à des mesures draconiennes, portant notamment sur la restructuration du système bancaire et la privatisation des principaux services publics.

 

Alice Colmart avec AFP.

 

Source(s) : Tempsreel.nouvelobs.com via Maître Confucius

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