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J’espère qu’hier vous n’avez pas loupé l’intervention de François Hollande. Comme je vous l’avais déjà indiqué, maintenant c’est officiel, on sait pour qui il « roule »… En tout cas, d’après ce que j’ai compris, ce « pacte pour la responsabilité » va nous coûter 30 milliards, sachant qu'apparemment cela remplace le CICE. L’ajout sera donc de 10 milliards ! Si cela permet de « créer » 1.000.000 d’emplois, cela fait le job à 10.000 €, ou 4 salaires de 2500€. Bon, si ça peut motiver les patron, pourquoi pas… Mais je vous rappelle, que ce soit en baisse de prestations (qui du reste seront amputées de 50 milliards...) ou en impôts directs ou indirects, c’est nous qui « payons » ces 30 milliards d'allégements fiscaux.

Et concernant les contreparties justement, l'emblématique Pierre Gattaz ... refuse aux dernières nouvelles de prendre un engagement écrit quant aux résultats chiffrés en termes d’emplois… Vous allez encore dire que je suis défaitiste... Mais pour moi ça résume tout… : (

Gattaz 15 01 2013
Le président du Medef Pierre Gattaz au siège de l'organisation patronale, à Paris, le 29 octobre 2013
(Photo Eric Piermont. AFP)

Au lendemain de l'annonce d'une baisse des cotisations patronales, Pierre Gattaz a salué «un discours qui va dans le bon sens» tout en réclamant un effort supplémentaire.

Ingrat Medef. Au lendemain de l’annonce par François Hollande d’une nouvelle vague de baisse du coût du travail – 15 milliards d’euros, qui s’ajouteront d’ici 2017 aux 20 milliards du Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) – le patron des patrons, Pierre Gattaz, a continué de pousser son avantage. «C’est un discours qui va dans le bon sens, il y a une prise de conscience de la réalité de la France», a d’abord concédé le PDG de Radiall, lors de sa conférence de presse mensuelle, ce matin.

Une petite douceur avant de se faire, à nouveau, revendicatif : «Ce que j’ai compris du discours présidentiel, c’est qu’il y aura une baisse des charges des entreprises de 1 milliard d’euros, alors qu’on en cherche 80.» Or, «si nous voulons créer un million d’emplois, ce qui est un objectif et non un engagement, il faut aller bien au-delà de cette réforme». Et de lâcher alors l’artillerie: «Il faut savoir de quoi nous parlons, quelles sont la nature et l’ampleur des réformes. Nous devons savoir si nous sommes partis pour monter l’Everest ou monter la Butte-aux-Cailles.» Presque dans la veine d’un Mélenchon et son «capitaine de pédalo».

Plus inquiétant pour l’Elysée, Gattaz a refusé tout «engagement juridique écrit» sur les créations d’emplois attendues par le gouvernement en échange de cette nouvelle baisse du coût du travail. «C’est impossible», a-t-il insisté, préférant parler d'«un engagement de mobilisation». Même chose pour l'«observatoire des contreparties», qui «ne doit pas se transformer en tribunal», estime le responsable du Medef. Selon Gattaz, «ce pacte de responsabilité est un projet collectif» reposant sur «le retour de la confiance». En clair : baissez les charges et laissez-nous faire.

Cette posture du Medef, qui balaye d’un revers de main l’un des deux piliers du pacte – la partie contraignante côté employeurs – peut aussi s’interpréter comme une posture de début de négociation. L’élaboration du dispositif doit en effet durer jusqu’au printemps. Difficile, cependant, d’imaginer le patronat s’engager sur des objectifs chiffrés : il avait déjà refusé de le faire en contrepartie du CICE. L’exercice n’est pourtant pas «impossible», contrairement à ce que dit Gattaz. Il a même déjà existé. La première loi Aubry sur les 35 heures, celle de juin 1998, imposait aux entreprises, en échange d’une baisse des cotisations sociales et du temps de travail, un pourcentage de création d’emplois. Le tout contresigné par les syndicats, dans le cadre d’un accord d’entreprise.

Luc PEILLON

 

Source : Liberation.fr

 

 

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