1 1 1 1 1 Rating 5.00 (7 Votes)

Un courrier initié par le député Julien Aubert a été adressé au ministre de la Santé pour lui demander de clarifier les liens entre certains professionnels du secteur sanitaire et l'industrie pharmaceutique.

Conseil Scientifique
Julien Aubert est député LR du Vaucluse et président du mouvement Oser La France. AFP.

«Nous vous demandons d'étudier la nécessité de diligenter une enquête sur ces liens d'intérêts». Sept parlementaires, dont deux sénateurs et cinq députés de droite, viennent d'adresser un courrier au ministre de la Santé lundi pour lui demander d'éclairer les motivations de certains professionnels de santé ayant mis en doute le traitement contre le Covid-19 préconisé par l'IHU du Professeur Didier Raoult à Marseille.

Les élus de droite Thibault Bazin, Valérie Boyer, Sébastien Meurant, Bérengère Poletti, Guy Teissier et Stéphane Viry, tous membres du courant souverainiste «Oser la France», se sont retrouvés autour d'une initiative de Julien Aubert visant à réclamer la transparence sur des liens éventuels entre ces professionnels de santé et l'industrie pharmaceutique.

Le député du Vaucluse regrette que les enquêtes parlementaires conduites à l'Assemblée et au Sénat sur la gestion de la crise sanitaire n'aient pas apporté de réponses précises à ces questions. «Les sujets ont été abordés mais, par exemple, Mme Buzyn m'a répondu qu'elle ne comprenait pas ma question et je suis resté sur ma faim. Mais avec les nouvelles révélations de l'IHU, il faut tirer les choses au clair, sans chercher à faire de polémique», estime-t-il. Pour justifier leur demande, les parlementaires s'appuient sur une conférence du 18 décembre dernier au sein de l'IHU marseillais, durant laquelle une synthèse d'environ quinze minutes a été présentée par le Professeur Chabrière sur les notions de «liens» et «conflits d'intérêts».

Durant son intervention, le conférencier avait rappelé l'existence de la loi «Transparence santé» par Xavier Bertrand, qui fut à l'origine de la création d'une base de données publique où apparaissent l'ensemble des informations déclarées par les entreprises sur leurs liens d'intérêt avec les acteurs de santé. Cette base est d'ailleurs pilotée par le ministère de la Santé. Le professeur Chabrière a également projeté une liste de médecins ayant été financièrement soutenus par l'industrie pharmaceutique, tels François Raffi (CHU de Nantes), Karine Lacombe (hôpital Saint-Antoine) ou Jean-Paul Stahl (CHU de Grenoble).

En s'appuyant sur ces éléments, les parlementaires soulignent l'existence de liens d'intérêts supposés, «alors que depuis le début de la crise sanitaire l'IHU Méditerranée infection a été la cible de critiques par ces mêmes professionnels figurant dans cette base de données». Le Professeur Raoult a déjà estimé lui-même qu'il y avait un rapport entre les critiques émises contre l'hydroxychloroquine et l'industrie pharmaceutique.

Dans leur courrier, les élus citent également le «laboratoire Gilead» en rappelant son implication dans la distribution d'un autre médicament, le Remdesivir. «Cette molécule, un temps préconisée par les autorités et dont l'Organisation Mondiale de la Santé a finalement déconseillé l'utilisation le 20 novembre dernier, faisait l'objet d'une promotion de la part de ces mêmes professionnels de santé», écrivent-ils.

Au nom des questions posées par ces éléments, Julien Aubert estime que cela n'est pas «de nature à susciter la confiance des Français», alors que le pays vient d'entamer la phase des vaccinations. «Il me semble important d'aller dans le sens de la transparence. Pour cette raison, Monsieur le Ministre, nous vous demandons d'étudier la nécessité de diligenter une enquête sur ces liens d'intérêts», écrit le député avant d'interroger Olivier Véran sur les déclarations d'intérêts publiques faites par les membres du conseil scientifique. «Pouvez-vous affirmer que ce mécanisme constitue une garantie permettant d'assurer avec certitude qu'il n'y a aucun conflit d'intérêts ?», questionne-t-il, souhaitant savoir si des démarches ont été entreprises par le ministère pour «éteindre les accusations» de conflit d'intérêts pesant sur certains membres du Conseil scientifique, instance placée au cœur de la crise sanitaire depuis dix mois.

Dans leur lettre à Olivier Véran, les élus réclament enfin des informations sur l'enquête de la revue «The Lancet». Cette publication scientifique de référence avait fait scandale en publiant de fausses données sur l'hydroxychloroquine et le ministre de la Santé avait annoncé sa volonté de demander des explications aux éditeurs.

Ces sujets ont enflammé les réseaux sociaux depuis le début de la crise sanitaire, au point de susciter de vives réactions contre les «complotistes». En lançant la balle dans le camp du ministère de la Santé, Julien Aubert ne prend-il pas le risque d'être accusé lui-même de «complotisme» ? Le député mesure le danger mais répond : «Si chaque fois que l'on pose une question, on est accusé de complotisme, il risque d'y avoir de nombreux complotistes en France. Mais moi, je ne prends parti pour personne. Je dis simplement que dans cette affaire, pour mettre fin aux calomnies ou pour identifier les coupables, il est nécessaire de montrer que les représentants de la Nation sont prêts à faire toute la lumière sur ces sujets. C'est un élément indispensable pour créer la confiance dans notre pays».

 

Source(s) : Le Figaro.fr via Twitter

 

Informations complémentaires :

Loading comment... The comment will be refreshed after 00:00.

Be the first to comment.

Jcm Avatar
Say something here...

You are a guest ( Sign Up ? )

or post as a guest

Vous êtes ici : Accueil Arrow Actualités françaises Arrow Covid-19 : inquiets de possibles conflits d'intérêts, sept parlementaires pressent Véran de lancer une enquête (Le Figaro.fr)