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161.000 personnes ont défilé en France contre le passe sanitaire, selon les autorités, dont 11.000 à Paris. Les cortèges ont parfois été émaillés d'incidents.

Pass Figaro

Un nouveau samedi de manifestations, et une mobilisation qui s'accroît : alors que 114.000 personnes avaient défilé la semaine dernière contre le passe sanitaire et l'obligation vaccinale pour certaines professions, 161.000 personnes au moins ont battu le pavé partout en France ce jour selon les autorités. Un chiffre particulièrement important, en plein mois de juillet, alors qu'une partie de la population prend ses congés d'été. Les marches ont aussi été émaillées d'incidents dans plusieurs villes, dont Paris.

Selon les autorités, 11.000 personnes se sont mobilisées dans la capitale, un chiffre en baisse par rapport à la semaine dernière, où 18.000 manifestants avaient été comptés. 4300 personnes ont défilé à Marseille, 6000 à Nice, 3500 à Annecy, 4000 à Strasbourg, et plusieurs milliers également à Montpellier, Nantes, Lyon, Lille, Vannes, Rennes, Rouen ou Toulouse. Les cortèges étaient hétéroclites, rassemblant des sympathisants «gilets jaunes» de la première heure, des individus disant vouloir défendre les libertés fondamentales, des étudiants, des retraités, des soignants.

«Liberté», «non au passe sanitaire», «le passe, on n'en veut pas», «no passe-aran», «je veux être libre», «non au QR code», «dictature sanitaire»... Nombreux et variés, les slogans visaient principalement l'extension du passe souhaitée par l'exécutif et présentée comme un moyen de permettre la réouverture d'activités économiques tout en gardant sous contrôle la situation sanitaire. D'autres revendications étaient également mises en avant, comme le rejet d'une politique qui mènerait le pays à «la dictature», et la défense de droits essentiels, dont celui de disposer de son corps. Certains critiquaient aussi les volte-face de l'exécutif, comme sur la question des masques, et pointaient les revirements «ubuesques» des autorités depuis le début de la crise.

Si le mot d'ordre des défilés restait le refus du passe sanitaire, vu comme un risque «d'apartheid» entre les citoyens, certains manifestants ne cachaient pas non plus leur méfiance voire leur franc rejet de la vaccination. De nombreuses personnes croisées dans le défilé parisien assumaient de n'avoir reçu aucune injection, et refusaient avec véhémence l'extension de la campagne aux mineurs. «On n'est pas vaccinés !», scandaient ainsi fièrement des manifestants, sur l'air du traditionnel «On n'est pas fatigués !». Macron, nos gosses, t'y toucheras pas», a-t-on également entendu dans le cortège, comme un avertissement au gouvernement.

À voir aussi - «Discrimination», «extrême», «erreur politique»: des manifestants justifient leur opposition au passe sanitaire

Des violences dans plusieurs villes de France

Les cortèges ont parfois été émaillés de violences, dans plusieurs cités. À Marseille, des journalistes de France 2 ont été pris à partie et «très violemment attaqués», selon le directeur de l'information de France Télévision, Laurent Guimier. Le groupe audiovisuel a rappelé le «principe fondamental de la liberté de la presse» et a annoncé qu'il porterait plainte contre les auteurs de ces actes.

À Nantes, la police a fait usage de gaz lacrymogènes à proximité de la préfecture, afin de disperser les manifestants. Certains participants ont également envahi la gare, selon nos confrères d’Ouest France. À Lyon, des affrontements sporadiques ont eu lieu entre les manifestants et les forces de l'ordre, et la préfecture a rapporté cinq interpellations.

À Paris, la situation a également dégénéré en fin de journée. Alors que les rassemblements autorisés - l'un au Trocadéro, l'autre parti du Conseil constitutionnel et le troisième de la place de la Bastille - se déroulaient dans le calme et dans une ambiance bon enfant, malgré quelques moments plus tendus, des manifestants ont réussi à marcher sur les Champs Élysées en fin de journée. Après 17h, des individus ont pénétré sur l'avenue où s'étaient déroulés plusieurs épisodes des «gilets jaunes», en 2018 et 2019, et des affrontements ont rapidement éclaté avec les forces de l'ordre, au milieu des automobilistes et des touristes étonnés.

La situation sur place est restée tendue plusieurs heures : les hommes en bleu ont utilisé un canon à eau, du gaz lacrymogène et ont chargé plusieurs fois les groupes de participants pour les disperser. «Lallement est déchaîné. Les frappeurs en moto sont partout. Soyez prudents», a écrit sur Twitter Jean-Luc Mélenchon. Nos journalistes sur place n'ont pas observé de scènes de casse ou de pillage, comme cela avait pu être le cas en mars 2019. Les tentatives des manifestants de dresser des barricades au milieu de l'avenue ont également rapidement été mises en échec par les forces de l'ordre. En fin de journée, le ministère de l'Intérieur rapportait 9 interpellations à Paris.

Vers une poursuite de la mobilisation ?

Les opposants politiques au passe sanitaire se sont réjouis d'une mobilisation plus importante que la semaine passée, et ont appelé à poursuivre cette montée en puissance. «Vous allez voir samedi prochain on va être encore plus nombreux», a réagi le président des Patriotes, Florian Philippot, sur Twitter. L'ancien proche de Marine Le Pen s'est targué d'avoir rassemblé «100.000 personnes au Trocadéro». «Superbe mobilisation des Français contre le passe sanitaire», s'est aussi félicité le président de l'UPR, François Asselineau, présent dans l'un des cortèges parisiens.

Alors que l'examen du projet de loi sanitaire se poursuit au Sénat et que l'extension du passe est entrée en vigueur mercredi dernier, les opposants comptent bien accentuer la pression sur l'exécutif. Et faire mentir Gabriel Attal, qui qualifiait les participants aux manifestations contre le passe sanitaire de «frange capricieuse et défaitiste, très minoritaire, qui se satisferait bien de rester dans le chaos et l'inactivité».

Le même jour, la DGS rapportait 625.473 injections enregistrées en France : au 24 juillet, près de 40 millions de Français ont donc reçu une première dose de vaccin, soit 59% de la population totale. Près de la moitié des Français ont désormais un schéma vaccinal complet, à la même date.

 

Source : Le Figaro.fr

Information complémentaire :

Crashdebug.fr : Retour en images sur les manifestations anti passe sanitaire du 24 Juillet 2021 en France

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