5.0 of 5 (4 Votes)
Temps de lecture : 7 min

FAUX ... L'État a constitué un fonds commun pour racheter les prêts toxiques, mais c'est pas grave c'est l'État qui paie...

http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/emprunts-toxiques-collectivites-locales-vers-sortie-crise-20170428.html

Contributeur anonyme

En 2008, la crise financière a précipité nombre de collectivités locales dans les difficultés car elles s'étaient laissées séduire par des prêts structurés leur garantissant un financement à moindre coût. Estimé à environ 8 milliards d'euros en février 2013, le montant total des prêts "toxiques" représente aujourd'hui 1,2 milliards d'euros. Le dispositif d'aide mis en place pour résoudre ce problème devrait représenter un coût pour l'Etat de 850 millions d'euros étalés jusqu'en 2028.

Vendus comme produits miracles du financement, les emprunts "structurés" ont failli ruiner de nombreuses collectivités locales et plomber l'Etat après la crise financière de 2008. Si l'essentiel des risques semble aujourd'hui purgé, ce dossier promet toutefois de marquer durablement les finances locales. À l'origine du problème, des prêts d'un genre nouveau, apparus au milieu des années 1990 et proposés à partir de cette période par les établissements bancaires aux collectivités locales avec la promesse de réduire drastiquement leurs coûts de financement.

Prêts à taux variables indexés

Problème, ces prêts à taux variables avaient pour particularité d'être indexés sur des valeurs ou des rapports entre indices de marchés (changes, matières premières, etc.) qui se sont révélés très volatils après l'éclatement de la crise de 2008, entraînant dans nombre de cas une augmentation exponentielle des taux d'intérêts et fragilisant les administration locales qui avaient souscrit ces produits.

"Aujourd'hui, il n'y a plus de sujet national", assure toutefois à l'AFP Claude Reynal, sénateur et président du Comité nationale d'orientation et de suivi de ce dossier, qui a empoisonné les finances publiques locales au début de la décennie actuelle. "Environ 98% des prêts les plus sensibles ont été refinancés fin 2017 et les 2% restants devraient l'être d'ici la fin de l'année 2018", promet l'élu, selon qui le coût total net du dispositif d'aide devrait représenter pour l'Etat un montant de 850 millions d'euros étalés jusqu'en 2028.

Un taux à 0% durant deux ans

Du département de la Seine-Saint-Denis aux métropoles de Lyon, Nice et Grenoble, en passant par des communes plus modestes comme Saint-Cast-le-Guildo (Finistère) ou Saint-Leu-La-Forêt (Val d'Oise), nombreuses sont les collectivités à s'être laissées séduire par des offres de prêts structurés. "Souvent ces prêts commençaient par une absence de taux. Un taux à 0% pendant généralement deux années. Les collectivités étaient assez alléchées par ce type de prêt qui apparaissait éminemment nouveau et comme de l'argent gratuit", raconte à l'AFP Christophe Greffet, président de l'association Acteurs publics contre les emprunts toxiques (APCET), qui pointe à l'époque une grande "inventivité" des banques dans un climat de "concurrence exacerbée".

Fin 2010, la part des produits structurés détenus par les administrations publiques locales atteint jusqu'à 20% du montant de dette total et, pour beaucoup de collectivités, le montant des intérêts à rembourser a déjà commencé à exploser dans un contexte de vives turbulences de marché après l'éclatement de la crise financière et au début de la crise des dettes souveraines en Europe.

Dexia en pointe sur ces prêts

S'estimant flouées, des collectivités assignent alors en justice des banques, et particulièrement Dexia, établissement franco-belge spécialiste du financement des collectivités, en pointe sur ces prêts. Démantelée après sa quasi-faillite en 2008, la banque devient la SFIL, détenue à 75% par l'Etat. Face au risque juridique des procès en cours, évalué à 17 milliards d'euros, l'Etat fait voter en 2014 une loi validant les contrats de prêts structurés souscrits par les collectivités publiques. En contrepartie est créé un fonds de soutien aux collectivités territoriales, doté initialement d'une force de frappe de 1,5 milliard, puis doublée à 3 milliards après janvier 2015. Le tout financé à 60% par une taxe payée par les banques françaises. Pour y accéder, les collectivités doivent toutefois renoncer à tout recours contentieux envers le prêteur.

Une charte de bonne conduite entre banques et collectivités locales

Au total, près de 700 collectivités et établissements locaux ont déposé un dossier de demande d'aide aux autorités et, à fin décembre 2017, 581 avaient reçu une réponse favorable du fonds de soutien, actuellement engagé à hauteur de 2,55 milliards d'euros auprès des institutions concernées. En parallèle, les pouvoirs publics ont mis en oeuvre fin 2009, sous l'égide du médiateur des collectivités locales, Eric Gissler, une charte de bonne conduite entre les établissements bancaires et les collectivités en vue de mettre fin à la commercialisation des produits structurés à risque. Ce dispositif est toutefois non contraignant, ni pour les banques, ni pour les collectivités.

Pas exactement de l'histoire ancienne

Estimé à environ 8 milliards d'euros en février 2013, le montant total des prêts considérés comme à risque représente aujourd'hui 1,2 milliard, a indiqué par écrit à l'AFP la banque publique française SFIL. Le chapitre des emprunts "toxiques" est-il désormais de l'histoire ancienne ? Pas exactement car, pour s'extraire de ces crédits onéreux, beaucoup de collectivités n'ont souvent eu d'autre choix que de verser des indemnités de remboursement anticipé aux banques, financées par... de nouveaux prêts plus classiques mais souvent rémunérés au prix fort. Celles qui ont renégocié leur prêt "n'étaient sûrement pas en position de force à l'égard des banques", s'agace Christophe Greffet. Ce dossier "va peser sur les comptes des collectivités pendant une douzaine d'années encore" créant "une surcharge dans un contexte difficile à force de diminution de dotations sur 4 ans", pointe-t-il.

(avec AFP)

 

Source(s) : Latribune.fr via Contributeur anonyme

 

Vous aimez ce que vous lisez ? Notre travail est gratuit et indépendant, mais il a un coût. Vous pouvez nous soutenir librement grâce à un don via Tipeee ou PayPal. Si vous ne pouvez pas nous aider financièrement (ce que je peux comprendre parfaitement), vous pouvez partager les articles sur vos réseaux sociaux, et parler du site autour de vous. Merci à celles et ceux qui rendent tout cela possible.

Informations complémentaires :

Dexia 10 09 2018

Partager sur les réseaux sociaux

Publier 0Nombre de partages sur X
0Nombre de partages sur X
Partager 0Nombre de partages sur Facebook
0Nombre de partages sur Facebook
Partager 0Nombre de partages sur Linkedin
0Nombre de partages sur Linkedin
E-mail 0Nombre de partages sur Email
0Nombre de partages sur Email
WhatsApp 0Nombre de partages sur Whatsapp
0Nombre de partages sur Whatsapp
Télégramme 0Nombre de partages sur Telegram
0Nombre de partages sur Telegram

1000 Characters left


 

Vous appréciez Crashdebug.fr ?

Pour nous soutenir, vous pouvez nous aider à financer ce serveur :

Faire un don ponctuel via paypal

Faire un don ponctuel ou mensuel via Tipeee

Ne perdez rien de notre actualité, rejoignez-nous sur Twitter (X), Youtube, ou Facebook ou encore Telegram (pas de filtrage algorithmique), avec la censure de Google, nous avons plus que jamais besoin de votre soutien.

Tous les commentaires publiés sont sous la responsabilité de leurs auteurs respectifs. Crashdebug.fr ne saurait être tenu responsable de leur contenu ou orientation.

Vidéo bloqué qui ne se lance pas ?

Comment nous contacter ?

Vous avez des questions ?

Merci,

Sites ami(e)s