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Caroline Brémaud est l'une des rares voix qui dénonce publiquement les conditions de travail à l'hôpital public. Des collectifs et syndicats craignent qu’il s’agisse d’une sanction.

Solenne Le Hen
Radio France

Caroline bremaud
Caroline Brémaud, démise de ses fonctions de cheffe de service des urgences de l'hôpital de Laval.
(VINCENT MICHEL / MAXPPP)
 

Sanctionnée parce que trop critique ? Lundi 4 décembre, Caroline Brémaud a appris qu'elle est démise de ses fonctions. La cheffe du service des urgences de l’hôpital de Laval, en Mayenne, est l’une des rares médecins qui dénonce, à visage découvert, les conditions de travail à l’hôpital public et raconte la crise qu’il traverse. Cet été, sur franceinfo, elle critiquait les consignes du gouvernement demandant aux Français d'appeler le 15 en cas de problème de santé.

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L’Agence régionale de santé des Pays-de-la-Loire et la direction de l’hôpital de Laval évoquent des questions d’organisation interne pour justifier son éviction. Mais plusieurs collectifs et syndicats hospitaliers dénoncent une sanction officieuse à l’encontre de cette médecin.

"En clair, on veut me faire taire"

"En réalité, je nuirai à l'attractivité du territoire, dit Caroline Brémaud. En clair, on veut me faire taire." Alors plusieurs organisations ont décidé de la soutenir : les collectifs Inter-Hôpitaux et Santé en Danger, et les syndicats Samu Urgences de France, AMUF, SNPHARE et Action praticien Hôpital, dont Jean-François Cibien est président. Ses collègues hospitaliers attendent une explication des autorités de santé sur ce qui est précisément reproché à la cheffe du service des urgences de Laval.

Dans un communiqué, ils disent "s'opposer fermement à toute tentative d'intimidation ou à toute sanction vis-à-vis des praticiens hospitaliers". Le texte évoque le "devoir de réserve" auquel sont soumis les praticiens mais le confronte au "droit d'expression" qui devient "un devoir quand le système sanitaire s'effondre". Les collectifs et syndicats annoncent aussi de possibles suites judiciaires: "Nous allons étudier avec nos conseils les moyens de lutter contre ces méthodes qui nous rappellent les heures sombres d’un pays muselé et mis au pas."

 

Source : Francetvinfo.fr

 

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