Décret anti-émeutes en Italie : prison, amendes et 500 soldats à Milan, Meloni frappe fort (L’Express)
France, Albanie, Italie : difficile de croire que tout cela n'est pas coordonné. Côté italien, la réponse est tombée vite : le décret anti-émeutes en Italie, adopté le 20 octobre après les pillages de Milan et des villes du Nord, est entré en vigueur immédiatement. L'article de L'Express en détaille le contenu : jusqu'à cinq ans de prison et 20 000 euros d'amende pour toute personne d'un groupe d'au moins cinq qui menace la sécurité publique, le principe « qui casse paie » avec des parents tenus de rembourser les dégâts de leurs enfants, et la garde à vue possible pour des mineurs de 14 à 17 ans jugés dangereux, même sans délit. S'y ajoutent 500 soldats déployés à Milan jusqu'à la fin de l'année. Même colère contre la vie chère qu'en France, mêmes casseurs, mais une réponse en quelques jours, qui pose aussi une vraie question sur les libertés publiques. Et Rome doit en plus gérer les routiers du Sud, qui bloquent les routes à cause du prix du gazole. Un article utile pour voir ce qui pourrait inspirer, ou inquiéter, de ce côté-ci des Alpes.

Le gouvernement italien a adopté mardi 20 octobre une série de mesures sécuritaires face aux manifestations violentes qui ont agité le pays ces derniers jours, dont la création d'une nouvelle infraction en la matière, un durcissement des sanctions contre les émeutiers et l'instauration d'une responsabilité financière pour les parents dont les enfants se livreraient à des pillages et du vandalisme.
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Plusieurs villes du nord de l'Italie, dont Milan, cœur financier du pays, ont été secouées au cours du week-end par des troubles. Des bandes composées principalement de jeunes ont brisé des vitrines, pillé des magasins et affronté les forces de l'ordre. "Il n'y a rien de révolutionnaire dans le vandalisme et le vol", a écrit la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, sur les réseaux sociaux en dévoilant le nouveau décret, entré en vigueur immédiatement. "Le vandalisme et le vol ne sont pas des formes de protestation, ce sont des actes criminels", a-t-elle également déclaré dans une vidéo, dans laquelle elle dénonce "des scènes inacceptables que personne ne peut minimiser ou justifier", concluant : "Manifester est un droit, mettre nos villes à feu et à sang ne l'est pas".
Manifestare è un diritto, devastare le nostre città no. Ecco le misure che abbiamo approvato per contrastare la violenza e tutelare la sicurezza dei cittadini. https://t.co/kqk51X8YZa
— Giorgia Meloni (@GiorgiaMeloni) October 20, 2026
Aux termes du décret, toute personne figurant dans un groupe d'au moins cinq personnes et mettant en danger la sécurité publique lors de manifestations encourt désormais jusqu'à cinq ans de prison et une amende pouvant aller jusqu'à 20 000 euros. Les autorités italiennes sont par ailleurs habilitées à ordonner le dédommagement immédiat de tout préjudice causé, conformément au principe du "chi rompe paga" ("qui casse paie"). Dans le cas de mineurs, leurs parents seront tenus pour responsables. Des jeunes âgés de 14 à 17 ans pourront aussi être placés en garde à vue même s'ils n'ont commis aucun délit, à condition qu'il existe des preuves qu’ils représentent un danger - ce qui élargit une prérogative de la police qui ne s'appliquait auparavant qu'aux adultes.
500 soldats déployés à Milan
Alors que les autorités craignent de nouveaux troubles lors des manifestations prévues samedi prochain, le gouvernement a également annoncé qu'il déploierait jusqu'à la fin de l'année 500 soldats aux côtés de la police à Milan. L'armée contribuera à renforcer la sécurité sur les sites clés, à intensifier la surveillance des lieux sensibles et à améliorer le contrôle dans toute la région, a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, Giorgia Meloni a adopté une série ininterrompue de mesures de répression en matière de sécurité qui, selon ses détracteurs, ne contribuent guère à s'attaquer aux causes profondes de la criminalité et des troubles.
Le gouvernement italien est également confronté à une pression croissante due à une vague distincte de manifestations dans le sud du pays où des chauffeurs routiers, exaspérés par la flambée des prix du gazole et la hausse du coût de la vie, ont mis en place des barrages routiers qui perturbent les chaînes d'approvisionnement. Certains fabricants de pâtes ont dû interrompre leur production et les organisations agricoles ont averti que les fruits et légumes risquaient de pourrir sur pied. Le gouvernement a promis de nouvelles aides aux transporteurs routiers à l'issue de discussions avec les représentants du secteur.
Source : L'Express.fr
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