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La CGT évoque un chiffre de 70.000 manifestants à Paris tandis que la préfecture de Paris annonce entre 16.000 et 17.000 personnes dans la capitale.

Manifs 1er Mai 02 05 2016

C'était un 1er Mai placé sous le signe de la lutte contre le projet de loi travail. Les différents défilés ont rassemblé dimanche 84.000 personnes en France, selon les autorités, avec une ambiance bon enfant en province, mais des incidents à Paris.

Dans la capitale, en marge du défilé lancé à l'appel de sept syndicats entre Bastille et Nation, des jeunes cagoulés ont lancé des projectiles sur les forces de l'ordre qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogène. Les manifestants ont quitté assez rapidement une place de la Nation sous les gaz lacrymogènes en début de soirée. Bilan : dix interpellations et deux blessés légers, selon le préfet de police.

Tensions à Paris, Marseille et Rennes

Toutefois, les 16.000-17.000 participants, selon la préfecture de police, 70.000, selon la CGT, ont marché à Paris majoritairement dans le calme, à l'appel de sept syndicats de salariés et de jeunes : FO, CGT, FSU, Solidaires, Unef, FIDL et UNL. Pour ces manifestants, le mot d'ordre principal de cette journée a été : « Retrait, retrait, de la loi travail. Ni amendable ni négociable », faisant écho aux slogans scandés dans les défilés en province, généralement paisibles, à Strasbourg, Toulouse, Lyon, Limoges ou Lille.

Mais à Marseille au moins quatre personnes ont été placées en garde à vue en marge de la manifestation, et à Rennes, plusieurs centaines de jeunes ont envahi un cinéma. Après les violences de jeudi, les forces de l'ordre avaient été mobilisées en nombre : 15 unités des forces mobiles (plus de 1000 policiers et gendarmes) contre 11,5 l'année précédente, le double de BAC et de compagnies de sécurisation et d'intervention, selon la préfecture de police. La CGT a néanmoins dénoncé « le peu de moyens mis en place par les pouvoirs publics pour sécuriser les manifestations » du 1er Mai.

« La classe ouvrière contre-attaque »

L'opposition au projet de loi travail, examiné à l'Assemblée nationale à partir de mardi, a réuni le 1er Mai, pour la première fois depuis 2009, les numéros un de la CGT et FO à Paris. « Le gouvernement peut toujours retirer sa loi s'il écoute l'opinion publique, s'il écoute la mobilisation », a déclaré Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. « La balle est dans le camp du Parlement et du gouvernement, tant qu'ils n'auront pas accédé à nos revendications, on maintiendra la mobilisation », a renchéri Jean-Claude Mailly (FO). Et les manifestants scandaient : « Ni chair à patron, ni chair à matraque, la classe ouvrière contre-attaque » ou « Grève générale jusqu'au retrait ».

De leur côté, les réformistes (CFDT, CFTC et Unsa et la FAGE pour les étudiants) ont organisé un « rassemblement militant » sur le double thème des réfugiés et de la loi travail. « Nous continuons à nous battre pour que le texte soit amélioré au Parlement », a déclaré Laurent Berger, numéro un de la CFDT. « Plutôt qu'une démarche d'opposition systématique, nous sommes engagés dans un combat pour faire rééquilibrer la loi travail », a expliqué Luc Bérille, secrétaire général de l'Unsa.

Nuit debout en arrière-plan

Depuis 2013 et l'approbation par la centrale de Laurent Berger de l'accord sur la sécurisation de l'emploi, CGT et CFDT ne défilent plus ensemble le 1er Mai. Le projet de loi travail n'a fait qu'aggraver leurs divisions. Le 1er Mai cette année a pris une tournure spécifique avec l'avènement de Nuit debout, lancé au soir du 31 mars, jour de la plus grosse mobilisation contre la loi travail (390.000 personnes dans 250 villes, selon les autorités ; 1,2 million selon les organisateurs).

Léa, 19 ans, participante de Nuit debout, a battu le pavé à Bordeaux, estimant « normal de venir défiler » un 1er Mai : Nuit debout « a besoin des syndicats, comme eux ont besoin de nous. C'est la convergence des luttes, seul moyen de faire bouger les choses. » L'année dernière, la CGT avait annoncé 110.000 manifestants aux défilés du 1er Mai tandis que la police en avait dénombré 76.000.

 

Source : LePoint.fr

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