5.0 of 5 (8 Votes)
Temps de lecture : 6 min

Mon dernier passage à l'hôpital, la semaine dernière, ne c'est pas aussi bien passé que cela. Personnels mal formés, erreur de diagnostic invalidant l'examen que j'ai dû passer. Tout cela à cause de la pression et du manque de temps. Comme je l'ai toujours dit, un hôpital ou un pays ne se gère pas comme un supermarché, il n'a pas à être rentable. C'est un centre de coût comme les écoles et autres, les bénéfices eux rentrent avec les impôts, la consommation et le travail. Si les gens peuvent travailler c'est parce qu'ils sont bien éduqués et bien soignés. Il faut donc accepter d'avoir des pertes pour espérer des bénéfices. Réduire tout cela à une logique purement comptable est une escroquerie intellectuelle comme celle de comparer un pays à un ménage.

17 12 2018
Malaise à l'hôpital• Crédits : Rose Vidal - Radio France

Des professeurs de médecine et médecins chefs de service dénoncent les effets des restrictions budgétaires sur l'hôpital public.

Les derniers mois ont été marqués, parfois de manière spectaculaire, par les démissions de médecins dans les hôpitaux publics. À Saint-Brieuc, près de cent-vingt médecins et chefs de service démissionnaient en octobre dernier pour dénoncer les décisions prises par leur direction. À Caen, le chef du service gynécologie faisait de même pour protester contre les dérives financières de l’établissement. Les exemples se multiplient : à Amiens, à Clermont-Ferrand, à Nantes ou encore à Paris. 

 « On entassait les patients dans une cave. »  

Parmi les critiques avancées par les médecins figure celle selon laquelle les restrictions budgétaires dans les hôpitaux publics ne permettent plus d’assurer la sécurité des patients. C’est en tout cas ce qu’a constaté Philippe. Il a travaillé comme médecin réanimateur dans un hôpital public pendant huit ans.  

Les locaux du service de réanimation sont alors en sous-sol, avec quatre lits par chambre au lieu d’un. Puisque la salle est sans-fenêtre, les patients passent parfois plusieurs semaines sans voir la lumière du jour. 

« On a eu un décès dans une chambre à quatre lits. On ne pouvait pas enlever le corps immédiatement. »

Philippe raconte l’événement qui a agi comme un déclic. Et comment il a commencé à donner l’alerte. Il suit alors la procédure habituelle et remplit des « fiches de signalement d’événements indésirables », environ soixante en huit mois. Il est invité à présenter les problèmes rencontrés en Commission Qualité.

« La présentation avait lieu juste avant l’été. Tout le monde est parti en vacances et a oublié. » 

Quelques mois plus tard, Philippe a reçu une lettre de non-reconduction de contrat et n’a jamais obtenu d’explications, malgré ses demandes. 

 « La vision comptable est au centre de la gestion de l’hôpital »  

Le professeur Eric Rosenthal, aujourd’hui en arrêt maladie, a quant à lui refusé qu’on lui demande de faire le tri entre des patients « rentables » et ceux que l’on considère comme des « débris ». 

Un chef de pôle nous a dit : « Si c’est un patient qui ne va pas rapporter, un débris ou un indigent, vous le renvoyez chez lui. »

Eric Rosenthal dénonce la loi T2A, la tarification à l’activité instaurée en 2004. Et qui, en résumé, encouragerait les hôpitaux à pratiquer certaines opérations qui « rapportent » et délaisser certains profils de patients, moins rentables.

« Des traitements de chimiothérapie ont été refusés pour des patients au motif qu'ils étaient trop chers et que le patient ne valait pas la peine. »

Eric Rosenthal raconte son mal-être, l’impression qu’on l’empêche de faire correctement son métier et comment, le 15 octobre dernier, il a décidé de « tout arrêter ». 

« Je ne sais pas si j’aurai le courage de revenir à l’hôpital. »

  • Reportage : Pascale Pascariello
  • Réalisation : Anne-Laure Chanel

Merci au professeur Eric Rosenthal, Philippe Halimi, Michel Canis et Philippe.

Chanson de fin : "Mouth Of Flames" par Great Lake Swimmers - Album : The Waves, the Wake - Label : Nettwerk Records.

 

Source(s) : Franceculture.fr via Contributeur anonyme

 

Vous aimez ce que vous lisez ? Notre travail est gratuit et indépendant, mais il a un coût. Vous pouvez nous soutenir librement grâce à un don via Tipeee ou PayPal. Si vous ne pouvez pas nous aider financièrement (ce que je peux comprendre parfaitement), vous pouvez partager les articles sur vos réseaux sociaux, et parler du site autour de vous. Merci à celles et ceux qui rendent tout cela possible.

Informations complémentaires :

Partager sur les réseaux sociaux

Publier 0Nombre de partages sur X
0Nombre de partages sur X
Partager 0Nombre de partages sur Facebook
0Nombre de partages sur Facebook
Partager 0Nombre de partages sur Linkedin
0Nombre de partages sur Linkedin
E-mail 0Nombre de partages sur Email
0Nombre de partages sur Email
WhatsApp 0Nombre de partages sur Whatsapp
0Nombre de partages sur Whatsapp
Télégramme 0Nombre de partages sur Telegram
0Nombre de partages sur Telegram

1000 Characters left


 

Vous appréciez Crashdebug.fr ?

Pour nous soutenir, vous pouvez nous aider à financer ce serveur :

Faire un don ponctuel via paypal

Faire un don ponctuel ou mensuel via Tipeee

Ne perdez rien de notre actualité, rejoignez-nous sur Twitter (X), Youtube, ou Facebook ou encore Telegram (pas de filtrage algorithmique), avec la censure de Google, nous avons plus que jamais besoin de votre soutien.

Tous les commentaires publiés sont sous la responsabilité de leurs auteurs respectifs. Crashdebug.fr ne saurait être tenu responsable de leur contenu ou orientation.

Vidéo bloqué qui ne se lance pas ?

Comment nous contacter ?

Vous avez des questions ?

Merci,

Sites ami(e)s