Des jeunes gorilles recherchent et détruisent les pièges posés par l'homme

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Allez, une fois n’est pas coutume. Pour cette page internationale évadons-nous un peu de la problématique de la dette et de la géopolitique internationale. Ce matin, cette petite lueur d’espoir nous viendra des gorilles du Rwanda, qui essayent de survivre aux pièges que lui tendent des hommes mal intentionnés (encore). Cela fait peut-être un peu « new age », et ce n’est pas ma tasse de thé. Mais on ne m’ôtera pas de l’esprit que nous sommes tous liés, humains comme animaux, dans cette grande aventure qu’est la : VIE... Aussi, dans notre vie de tous les jours, il faut être solidaire… Et même (et surtout) envers les plus faibles, ce qui inclus le règne animal et végétal…

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Gurumed
mar., 24 juil. 2012 14:02 CDT
 
Quelques jours seulement après qu'un piège de braconnier ait tué l'un des leurs, deux jeunes gorilles de montagne ont travaillé ensemble pour trouver et détruire les pièges dans leur forêt rwandaise d'origine, selon les écologistes sur les lieux.

"C'est la première fois que nous avons vu des jeunes faire cela ... Je n'ai pas connaissance d'autres d'informations, dans le monde, concernant des jeunes détruisant des pièges", a déclaré Veronica Vecellio, coordonnatrice du programme des gorilles à Karisoke au centre de recherche le Dian Fossey Gorilla Fund International, situé dans la réserve où l'événement a eu lieu. "Nous sommes la plus grande base de données et d'observations de gorilles sauvages... alors, je serais très surpris si quelqu'un d'autre l'avait remarqué," a ajouté Vecellio.

Il y a déjà déjà presque deux ans, je décrivais comment des primatologues japonais avaient surpris des chimpanzés en train de rechercher et détruire des pièges humains posés dans la forêt guinéenne.

Les chasseurs de viande de brousse ont posé des milliers de pièges, des types de collets pour la plupart, dans le Parc national des Volcans au Rwanda, où vivent les gorilles de montagne. Les pièges sont destinés à l'antilope et à d'autres espèces, mais ils capturent parfois aussi les singes. Les adultes sont généralement assez forts pour se libérer. Les jeunes ne sont pas toujours aussi chanceux.

La semaine dernière, un jeune pris au piège, nommé Ngwino, a été trouvé trop tard par le personnel de Karisoke et est mort des blessures liées au piège. Son épaule avait été disloquée lors des tentatives pour se libérer et la gangrène s'était installée dans sa jambe profondément découpée par la corde.

Les chasseurs ne semblent pas avoir d'intérêt pour les gorilles. Même les petits singes, qui seraient relativement faciles à emporter pour être vendus, sont laissés à mourir. Les braconniers construisent les pièges en attachant une corde à une branche ou à une tige de bambou. En utilisant la corde, ils tirent la branche vers le bas, la tordant. Ils utilisent ensuite un bâton courbé ou une pierre pour maintenir la corde au sol, en gardant la branche sous tension. La corde est camouflée par de la végétation. Quand un animal bouge le bâton ou la pierre, la branche jaillit vers le haut, resserrant la corde autour de la proie. Si la créature est assez légère, elle sera hissée en l'air.

Chaque jour, les traqueurs du centre Karisoke passent au peigne fin la forêt pour trouver les pièges, pour les démanteler afin de protéger les gorilles de montagne, qui font face à "un risque très élevé d'extinction à l'état sauvage" selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Dans la semaine, un traqueur a repéré un piège très proche du clan de gorilles Kuryama. Il a voulu désactiver le piège, mais un dos argenté, nommé Vubu, grogna mettant en garde Ndayambaje de rester à l'écart. Soudain, deux jeunes de 4 ans, Rwema, un mâle et Dukore, une femelle, ont accouru vers le piège. Comme Ndayambaje et quelques touristes l'ont observé, Rwema a sauté sur la branche d'arbre courbée et il la rompit, alors que Dukore libérait le nœud coulant. Le couple scruta ensuite un autre piège à proximité, que les traqueurs n'avaient pas remarqué, et se dirigèrent vers celui-ci. Rejoint par un troisième gorille, un adolescent nommé Tetero, Rwema et Dukore détruisirent le piège de la même manière.

Ci-dessous et image d'entête : la destruction des pièges par les jeunes gorilles Teteroet et Rwema.
 
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La rapidité avec laquelle tout s'est passé font penser à Vecellio, le coordonnateur du programme pour la préservation des gorilles, que ce n'était pas la première fois que les jeunes gorilles déjouaient les trappeurs.

Malgré le caractère inédit de l'événement, Vecellio dit qu'elle n'a pas été surprise par les faits rapportés. "Mais," dit-elle, "Je suis toujours étonnée et très fière quand nous pouvons confirmer qu'ils sont intelligents."

Ne voulant aucunement s'immiscer dans la vie des gorilles, ne seraient-ce que pour leur apprendre à détruire des pièges, cela irait contre l'éthique du centre de recherche, ils espèrent qu'ils seront de plus en plus nombreux à se transmettre la technique pour le faire d'eux- mêmes.

Toute l'histoire sur le blog du Dian Fossey Gorilla Fund International : Young gorillas observed destroying snares for first time.
 
 
Source : Sott.fr