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Le projet de loi porté par Emmanuel Macron pour relancer l'économie soulève de nombreuses craintes. Plusieurs milliers de personnes ont défilé à Paris lundi alors que débute, pour deux semaines, l'examen du texte à l'Assemblée.

Macron Non 27 01 2015
Les salariés qui ont manifesté lundi à Paris redoutent notamment une «banalisation du travail du dimanche».
AFP / Rémy Gabalda

«Macron, patrons, même combat.» Lundi à Paris plusieurs milliers de manifestants ont repris en cœur ce slogan. A l'appel des syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires d'Ile-de-France et du Clic-p, l'intersyndicale du commerce parisien, 9 000 personnes selon les organisateurs, 2 600 selon la police, ont défilé dans la capitale pour protester contre le projet de loi Macron, censé relancer l'économie, débattu depuis ce lundi à l'Assemblée nationale.

En cause, notamment, l'extension du travail dominical prévue dans le texte.

>>EN SAVOIR PLUS. Travail dominical, notaires, autoroutes... ce que dit la loi Macron

Derrière une banderole de tête proclamant «Pacte de responsabilité, austérité, projet Macron, non à la régression» les manifestants ont défilé du boulevard Haussmann, près des grands magasins, jusqu'à la place de La Madeleine. 

«Quand on n'a pas assez d'argent pour acheter à manger, ou se vêtir du lundi au vendredi, je ne vois pas pourquoi on en aurait plus le samedi ou le dimanche», s'est indigné Philippe Martinez, pressenti pour prendre la tête de la CGT. Dans le cortège également, le leader du NPA, Olivier Besancenot, et le candidat du Front de gauche à la présidentielle de 2012 Jean-Luc Mélenchon ont défilé en souhaitant «l'échec de la loi Macron» et en espérant que «le vote des Grecs va faire réfléchir le gouvernement».

«Cette loi fourre-tout va entraîner une casse sociale»

«Chez Carrefour Market, nous sommes ouverts 7 jours sur 7. Le volontariat n'existe pas et il y a de vraies pressions sur les salariés qui ne peuvent que dire oui pour travailler le dimanche», a dénoncé Mohamed Faraj qui travaille à Suresnes (Hauts-de-Seine).

Outre les salariés du commerce, beaucoup de salariés de différents secteurs étaient présents : banques, assurances, imprimeries, justice, agents des services publics, employés au tribunal de commerce de Paris, venus protester contre les mesures du projet de loi qui remettent en cause les professions réglementées. «Cette loi fourre-tout va entraîner une casse sociale, et ce sont les employés qui vont payer» redoute Michel, salarié chez un huissier dans le Val-de-Marne.

A Toulouse, quelque 200 personnes ont également manifesté lundi midi. «Rien n'est bon dans le Macron, parce que c'est une loi d'austérité pour les salariés et de liberté pour les patrons» a jugé le secrétaire général de l'union CGT en Haute-Garonne, Cédric Caubère.
 

La loi Macron débattue dans l'hémicycle

Le ministre de l'Économie Emmanuel Macron a ouvert à 16 heures les débats sur son projet de loi fleuve qui va être débattu durant deux semaines à l'Assemblée nationale. L'adoption de ce projet de loi, censé lever des «blocages» de l'économie, montrera «que les Français sont capables de bouger» et «nous autorisera à être plus exigeants avec nos partenaires et l'Europe» a-t-il déclaré.

Plus de 3 000 amendements

Les débats promettent d'être vifs. Plus de 3 000 amendements ont été déposés. «Le texte peut encore être amélioré... Chaque proposition qui visera l'intérêt général trouvera auprès du gouvernement une oreille attentive», a affirmé le ministre.

Outre l'extension du travail du dimanche dans les commerces et la libéralisation des professions réglementées du droit (notaires, huissiers, etc.), ce projet de loi - de quelque 200 articles - comprend l'ouverture de lignes nationales d'autocars, la simplification du permis de conduire, une réforme de la justice prud'homale ou encore des règles de licenciements collectifs.

A droite, les avis partagés

Si l'exécutif espère notamment que le climat post-attentats atténuera les critiques au sein même du PS, les socialistes «frondeurs» attendent des améliorations, notamment sur le travail dominical. Les écologistes demandent aussi des changements et les députés Front de gauche espèrent «un sursaut de la gauche de l'hémicycle pour rejeter» ce texte.

A droite, les avis sont partagés. Les députés UMP, sont «bien évidemment» contre, selon leur président Christian Jacob. Mais certains élus comme Hervé Mariton comptent voter pour tandis que d'autres s'interrogent. François Fillon a jugé le texte «pas à la hauteur» de la gravité de la situation économique du pays, malgré de la «bonne volonté». Quant au groupe UDI, plutôt ouvert au projet de loi, il «réservera son vote aux avancées obtenues».

 

Source : Leparisien.fr

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