Trump isolé : 4 républicains se rebellent sur la guerre en Iran
Pour la première fois, la Chambre des représentants a voté une résolution exigeant que Donald Trump obtienne l’accord du Congrès pour poursuivre les opérations contre l’Iran. Quatre élus républicains ont rejoint les démocrates, révélant la nervosité grandissante au sein du GOP face à un conflit de 4 mois devenu impopulaire.
Malgré un cessez-le-feu fragile depuis avril, les accrochages persistent (détroit d’Ormuz, drones, frappes). Trump dénonce un vote « antipatriotique » et assure que les négociations finales avancent, tout en minimisant les tensions.
Avec la hausse du prix de l’essence et les élections de novembre, ce vote symbolique montre les premières fissures républicaines. Un signal fort pour l’avenir de la politique américaine au Moyen-Orient.

La mesure doit encore être approuvée par le Sénat, et n’a pas force de loi. Kevin Lamarque / REUTERS
DÉCRYPTAGE - Quatre républicains ont voté avec les démocrates la première résolution demandant au président d’obtenir l’accord du Congrès pour la poursuite du conflit, signe de la nervosité du parti face à une guerre impopulaire.
La Chambre a voté mercredi pour la première fois une résolution obligeant Trump à obtenir l’autorisation du Congrès pour poursuivre la guerre contre l’Iran. La quatrième tentative des démocrates pour limiter les pouvoirs de guerre du président a finalement abouti après la défection de quatre élus républicains, qui ont voté le texte. Les conséquences sont limitées. La mesure doit encore être approuvée par le Sénat, et n’a pas force de loi. Mais le vote est symbolique de l’érosion du soutien des républicains à une guerre qui entre dans son quatrième mois, et dont l’issue demeure incertaine.
La résolution sur les pouvoirs de guerre enjoint au président d’obtenir un vote du Congrès pour poursuivre les hostilités au-delà de soixante jours, ou bien de retirer les forces américaines au bout de trente jours supplémentaires. La guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février dernier a dépassé ce délai. Mais Trump avait envoyé le 1er mai dernier une lettre au Congrès expliquant qu’il n’avait pas besoin de l’approbation puisqu’un cessez-le-feu était entré en vigueur le 8 avril. Le secrétaire d’État, Marco Rubio, a assuré cette semaine au Congrès que les opérations militaires contre l’Iran étaient « terminées » et que de nouvelles frappes ne seraient que « défensives ».
Trump a réagi à ce vote en accusant les démocrates et les républicains ayant fait défection. « Hier, lors d’un vote sans conséquences, la Chambre a voté – avec quatre mauvais républicains et tous les dumocrates (néologisme forgé par Trump, NDLR) – pour limiter mes pouvoirs de guerre, alors même que je menais les négociations finales pour terminer la guerre avec la République islamique d’Iran », a écrit le président. « Qui peut faire quelque chose d’aussi antipatriotique ? Ils savent où en sont les négociations. Les démocrates sont animés par le syndrome de dérangement anti-Trump. Ils préfèrent voir l’échec de notre pays plutôt que de me laisser remporter une nouvelle victoire parmi tant d’autres. Quant aux quatre républicains, c’est une tout autre histoire : ce sont des m’as-tu-vu ! Ils devraient avoir honte d’eux-mêmes. Maga !!! »
Les « négociations finales », commencées depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, durent déjà depuis plus longtemps que la campagne de bombardements initiale. Les pourparlers ont été annoncés régulièrement par Trump comme sur le point d’aboutir, mais un accord se fait toujours attendre. Le cessez-le-feu a failli être rompu cette semaine avec l’affrontement entre Israël et le Hezbollah au Liban, avant qu’une nouvelle trêve ne soit annoncée hier. Le blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran et le blocus américain de l’Iran ont aussi été accompagnés d’accrochages réguliers, qui se sont intensifiés ces derniers jours. Mardi, un appareil américain a tiré sur un pétrolier qui tentait de forcer le blocus. L’Iran a riposté par des attaques de drones contre le trafic maritime dans le Golfe, et les Américains ont frappé des installations militaires iraniennes situées sur l’île de Qechm. L’escalade a continué mercredi avec les tirs massifs par l’Iran de missiles et de drones contre des cibles civiles et militaires au Koweït, fermant temporairement l’aéroport, et contre une base américaine à Bahreïn.
Nervosité chez les républicains
Trump a minimisé ces échanges de tirs. « Dans cette région du monde, un cessez-le-feu, c’est quand on tire avec un peu moins d’intensité », a-t-il expliqué aux journalistes mercredi dans le Bureau ovale. « Il faut être deux pour danser le tango. Nous les avons frappés très fort sur un autre front, et ils ont donc riposté ».
Lire la suite sur Le Figaro.fr
Source : Le Figro
Terms & Conditions
Subscribe
Report
My comments