1. Les dĂ©rives que certains redoutent ne sont pas des  risques mais des rĂ©alitĂ©s observĂ©es dans les pays ayant dĂ©jĂ adoptĂ© le rĂ©gime de l âeuthanasie lĂ©gale .  Parmi ces risques :Â
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a. Lâincertitude sur le consentement  ou le non-consentement des patients ; on peut dite  que le « public » privilĂ©giĂ© de ce genre de pratique serait prĂ©cisĂ©ment celui qui, en gĂ©nĂ©ral, est le moins à mĂȘme de donner un consentement lucide.Â
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b. Lâe xtension du champ  de lâeuthanasie :Â
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- Des souffrances physiques insupportables aux souffrances morales ;
- Des adultes vers les adolescents, voire les enfants.
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Cas imaginable : un(e) adolescent(e) connait un chagrindâamour, veut se suicider , va voir le psychologue qui lui fait une attestation donnant « droit » Ă une « aide Ă mourir ». .
c. Les pressions dâhĂ©ritiers  impatients  sur le malade ou sur ses proches pour quâil acceptent lâeuthanasie comme un « sacrifice raisonnable » .
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d. Les r egrets des  parents  ayant donnĂ© leur consentement Ă une aide Ă Â mourir qui une fois lâacte commis, se diront tout au long de leur vie « jâai tuĂ© mon pĂšre », « jâai tuĂ© ma mĂšre ».Â
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e. Risque particuliĂšrement sordide, celui dâun d Ă©saccord entre les parents  .
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Autres arguments fondamentaux :Â
2. LâidĂ©e quâil faut pouvoir mettre fin Ă des souffrances insupportables perd de sa pertinence avec le dĂ©veloppement des soins palliatifs dont le rĂ©seau est  encore à complĂ©ter.
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3. Se faire « achever » par une piqĂ»re lĂ©tale ou autrement, comme en chien ou un chat est le  contraire de « mourir dans la dignité ».  Ce travail doit ĂȘtre rĂ©servĂ© aux vĂ©tĂ©rinaires. On peut dire que la vie est une longue lutte contre la mort. La vraie dignitĂ© est de mener cette lutte jusquâau bout, y compris quand il nây a plus dâespoir.
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4. Si la pratique euthanasique se rĂ©pand , loin de « mourir dans la dignité » , les personnes ĂągĂ©es vieilliront  dans lâangoisse  dâĂȘtre « euthanasiĂ©es », compte tenu des incertitudes qui rĂšgnent sur la notion de consentement et des abus quâon ne connait que trop .
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5. Beaucoup  vivront dans la crainte  dâaller  à lâhĂŽpital  : Une loi sur lâeuthanasie transformerait tout soignant en tueur potentiel.Â
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6. Les services de soins palliatifs   sont portĂ©s par des soignants dâun admirable dĂ©vouement.  Leur travail diminue de beaucoup le dĂ©sir des patients de mettre fin Ă leurs jours . Ils sont presque unanimes Ă dire que leur travail nâaura plus de sens si on dĂ©veloppe à cĂŽté le suicide assistĂ©.Â
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7. Il est inimaginable au moment oĂč se produit une crise de lâhĂŽpital  sans prĂ©cĂ©dent que lâon mette en Ćuvre une telle rĂ©forme contre lâavis de lâimmense majoritĂ© des soignants .Â
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8. Que lâeuthanasie se soit pratiquĂ©e de maniĂšre irrĂ©guliĂšre notamment lors de lâĂ©pidĂ©mie de covid  ne saurait ĂȘtre un argument. Beaucoup ne respectent pas les feux de  signalisation ; il nâest pas pour autant question de les supprimer . Une lĂ©galisation de cette pratique  entrainerait son dĂ©veloppement sans limites .Â
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9. La promotion de lâeuthanasie sâinscrit dans un plan mondial de rĂ©duction des dĂ©penses de maladie et de retraite.  Le numĂ©rus clausus  des mĂ©decins, les restrictions des moyens des hĂŽpitaux sâinscrivent dans le mĂȘme courant. 50 % des dĂ©penses de maladie se produisent dans la derniĂšre annĂ©e de vie. Supprimons-la ! Jacques Attali est trĂšs clair sur ce sujet.Â
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Etonnants militants « progressistes » qui manifestent un jour contre la rĂ©forme des retraites et le lendemain Ă©lisent des partisans de lâeuthanasie !Â
Moins de dĂ©penses de maladie et  moins de retraites, cela signifie au plan mondial moins de cotisations et plus de profits. Une Ă©volution ressentie comme une nĂ©cessitĂ© par ceux qui craignent le vieillissement de la population.  Les partisans de lâeuthanasie soutiennent rarement les politiques familiales.Â
10. PlutĂŽt que de morale, il faut parler dâanthropologie. La morale, câest lâensemble des rĂšgles que se donne une tribu ou une nation pour « persĂ©vĂ©rer dans son ĂȘtre », continuer dâexister (Spinoza).  Toutes ont, depuis longtemps Ă©tabli un tabou sur le suicide, assistĂ© ou pas. Ce tabou sâest renforcĂ© dans les sociĂ©tĂ©s hĂ©ritiĂšres de la Bible : « Choisis la vie « ( DeutĂ©tonome 30, 19). On peut le remettre en cause, au motif que certaines sociĂ©tĂ©s semblent lâavoir pratiquĂ© dans le passé mais alors pourquoi ne pas remettre en cause aussi le tabou du cannibalisme  ?
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En ce sens la lĂ©galisation de lâeuthanasie serait une « rupture anthropologique »  de premiĂšre grandeur.
11. En officialisant une nouvelle forme de meurtre, lâeuthanasie nous ferait entrer un peu plus dans la culture de la violence  dont on voit tous les jours les effets destructeurs. Il y a un lien entre toutes les formes de mort.Â
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12. Lâeuthanasie sâinscrit dans un tropisme suicidaire  qui marque de plus en plus  les sociĂ©tĂ©s occidentales : chute de la dĂ©mographie, fascination pour la guerre et le spectre dâun affrontement nuclĂ©aire,  dĂ©croissance, malthusianisme, antihumanisme. La « dĂ©prime »  actuelle de lâEurope sâinscrit dans ce contexte.Â
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Aucune des grandes puissances : Etats-Unis ( sauf 7 Etats /50)  , Russie, Chine Inde nâa autorisĂ© lâeuthanasie. Seuls de petits pays, dans une Europe en pleine dĂ©cadence, ont franchi le pas.Â
Pour une certaine Ă©cologie extrĂ©miste, lâhomme est une nuisance Ă rĂ©duire au maximum pour « sauver la planĂšte ».Â
Freud distingue lâinstinct de vie et lâinstinct de mort comme les deux formes fondamentales de la libido. La volontĂ© dâinscrire lâeuthanasie dans la loi participe trĂšs clairement de lâinstinct de mort qui plane au-dessus de nos sociĂ©tĂ©s. (RH)Â
Source : Roland HUREAUX via Mail
Informations complĂ©mentaires : Â
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