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Bonjour, grosse activité hier sur le blog. J’espère que vous avez apprécié ; ). Ce matin bien sûr, on ne peut y échapper, de l’Humanité à cet article de Marianne. Il est sujet de la prestation d’hier de notre président, qui a eu lieu devant un parterre de 400 journalistes assoiffés de story telling sarkozien... Et franchement, je dois quand même saluer la performance, car ce sont toujours des moments où « tout est possible », du lapsus involontaire à l’erreur de jugement grotesque, ces prestations de 1 h 45 à 2 h de live sont toujours tendues. Hélas, je n’attends tellement plus rien de ce gouvernement, que j’avoue l’avoir écouté d’une oreille distraite. Aussi, j’ai malheureusement loupé l’épisode parlant de la possible « réforme du cadre du travail » et je vous prie de m’en excuser. Mais d’ores et déjà, on sait à quelle sauce on va être dévoré vivant, et elle a la couleur des marchés tapient derrière le drapeau européen. Cela a déjà commencé. Si seulement les gens avaient ces notions de mathématiques qui conduisent à des développements logiques et voulaient se donner un peu plus de mal, nous n’en serions pas là… Tragiquement (eh oui, car c'est tragique...), la loi du plus grand nombre n’est pas forcément la plus affutée… Et pour illustrer à quel point nos hommes politiques sont des contorsionnistes, rappelez-vous ce fameux discours de François Hollande lorsqu'il était en campagne (informations complémentaires). Alors 10 mois après, en ce matin du mercredi 14 novembre 2012... J'avoue que je serai curieux de savoir le sentiment que cela vous laisse...

Amicalement,

F.

Hollande Conference
Thierry Chesnot/SIPA

C'était le thème sur lequel le président était le plus attendu : l'économie. Pour éviter les malentendus, François Hollande a choisi la métaphore de la valse à trois temps: réorientation de l'Europe, désendettement, retour à la compétitivité.

Faut-il vraiment qualifier l’exercice auquel s’est plié François Hollande de conférence de presse, Si l’on considère l’auditoire, soit 400 journalistes, le terme est sans nul doute approprié. Mais sur le fond, le président de la République a surtout réalisé une œuvre de pédagogie économique. Il a cherché à donner du sens et de la cohérence à son action à l’Elysée depuis 6 mois. Et comme dans ce laps de temps, il a essentiellement dû faire face à la crise, les trois quarts de sa conférence, y compris son discours liminaire, ont été consacré à l’économie française et européenne.

Le président a fait le compte des lois adoptées : loi de finances rectificatives pour 2012, Vie chère en Outre-mer, Traité budgétaire européen, projet de loi de finances pour 2013…  C’était un semestre « tout éco » ou presque. Et s’il faut juger son action, ce sera tout éco aussi, puisqu’il demande par avance que son action soit jugée « au bout de cinq ans », sur « l’Etat de la France ».

Pour éclaircir le chemin, qui pouvait sembler tortueux à certains, François Hollande à repris sa métaphore des « trois défis de la France » : « la réorientation de l’Europe, le désendettement, le retour à la compétitivité ». Les citoyens sont donc priés de lire sa politique comme la partition d’une valse à trois temps. Premier temps : négociation européenne, qui débouche le 29 juin 2102 sur la conclusion du conseil européen et l’adoption d’un « pacte de croissance », équivalent à 120 milliards d’euros.  Deuxième temps : la réduction du déficit budgétaire en 2012 et en 2013, avec l’adoption du Traité budgétaire, des lois organiques de finances publiques et du budget 2013, qui doivent ramener le déficit sous la barre des 3 % du PIB. Troisième temps, le « redressement productif », dont Hollande affirme qu’il était déjà contenu dans son programme, où il évoquait la « nécessité d’un Pacte productif ».

Nous voici donc, en novembre, au troisième temps de la valse, comme dirait Jacques Brel. Une partition si bien conçue que ni le rapport Gallois et ni le « Pacte pour la compétitivité et pour l’emploi », n’induiraient « un virage, ni je ne sais quel tournant … » Une allusion sans doute à la Une de Marianne en vente cette semaine, dont le surtitre questionne le « grand tournant ». De même plaisante-t-il sur le « choc de compétitivité » : « le choc, c’est pas chic… »

Reste que pour justifier le recours à la TVA, le président de la République a emprunté un chemin laborieux. Il ne s’agirait pas d’une « augmentation du taux de TVA », à l’instar de la défunte TVA sociale de Nicolas Sarkozy, mais tenons bien, d’une « modernisation des taux », qui permet d’ailleurs de régler « définitivement » la question du taux de la TVA restauration, qui va passer de 7 % à 10 %. Pas sûr que les consommateurs gobent l’argument quand ils iront faire leurs achats en janvier 2014, lorsque les nouveaux taux « modernisés » (5 %, 10 %, 20 %) seront appliqués…

Mais le véritable « point dur » de François Hollande demeure l’objectif de désendettement. S’il faut selon lui, parvenir à réduire le déficit, ce n’est pas parce que c’est indispensable à l’économie française, mais pour sauvegarder la place delà  France en Europe : « Pour que la France pèse, encore faut-il que ses comptes soient en ordre, que son économie soit compétitive !», s’exclame-t-il. D’une certaine manière, on assiste chez notre président normal à une inversion de la pensée : l’effet commande à la cause… Interrogé à plusieurs reprises pour savoir comment il envisageait la récession à venir (et déjà présente dans le Sud de la zone euro), il se refuse à considérer que la responsabilité des politiques européennes de réduction coordonnées et précipitées des dépenses publiques. Au reste, le président français attend la sortie de la crise de la zone euro pour bientôt, grâce notamment à son action et à celle de la BCE,  « alors la confiance reviendra et la croissance aussi ». On revient au tempo à trois temps. Souhaitons que la valse ne s’arrête pas sur une fausse note.

 

Source : Marianne

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Mon adversaire, c'est le monde de la finance par francoishollande