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Le dépouillage en règle de notre pays sous le diktat de la 'concurrence libre et non faussée' de l'Europe nous prive de nos fleurons nationaux que des générations entières de Française(s) ont participé à créer.

Hercule EDF
Lors d'une précédente manifestation contre le projet Hercule d'EDF, le 4 février. — Jacques Witt/SIPA

Hercule fragilisé ? Les syndicats se remobilisent ce mercredi contre le projet de scission d’EDF alors que le gouvernement a entrouvert la porte à un « plan B ». Il s’agira de la cinquième journée de grève à l’appel de l’interfédérale CGT, CFE-CGC, CFDT, FO depuis le 26 novembre, la deuxième en 2021. A chaque fois, la direction, qui se refuse à tout commentaire, a considéré comme gréviste plus d’un agent sur quatre.

Selon les syndicats, plusieurs actions éparses pourraient avoir lieu mais le plus gros rassemblement est prévu dès 14 heures autour de l’Assemblée nationale. Le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy, qui aura également été entendu le matin par les sénateurs, ainsi que le ministre des Finances Bruno Le Maire, doit y être auditionné sur son projet. Première à se présenter devant ces mêmes députés, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili a expliqué jeudi qu’il faudrait « trouver un plan B » si la France ne s’entendait pas avec la Commission européenne sur l’avenir d’EDF.

Les élus nationaux dans le mouvement

Depuis la dernière grève du 19 janvier, les élus nationaux, après les collectivités locales, sont effectivement venus grossir le mouvement. Quatre-vingts députés de gauche comme de droite ont ainsi cosigné une lettre de protestation et demandé au gouvernement de recevoir des représentants de l’intersyndicale d’EDF. « On a gagné la bataille des idées, estime Sébastien Menesplier, secrétaire fédéral de la fédération CGT Mines Energie. On se doute qu’il y a un souci quelque part. (…) On considère qu’on n’a jamais été aussi près d’obtenir le retrait du projet, c’est important de rester mobilisés », ajoute-t-il en dénonçant le flou qui l’entoure.

Si l’action s’est intensifiée ces derniers mois, les syndicats affichent effectivement leur franche opposition depuis la présentation du projet en juin 2019. Ils redoutent un « démantèlement » qui pourrait se traduire par une scission en trois entités de l’électricien détenu à 83% par l’Etat : une entreprise publique (EDF bleu) pour les centrales nucléaires, une autre (EDF vert) cotée en Bourse pour la distribution d’électricité et les énergies renouvelables, et une troisième (EDF azur) qui coifferait les barrages hydroélectriques.

Un risque de privatisation des profits, dit Nicolas Hulot

Les syndicats appellent à conserver à EDF sa qualité de « groupe intégré », dont les activités vont de la production d’électricité à la gestion du réseau et à sa distribution aux foyers. Le projet, qui devait initialement être présenté fin 2019, a pris du retard car il est conditionné à l’avancée de discussions entre la France et Bruxelles. Néanmoins, la menace du recours aux ordonnances pour faire passer cette réforme semble s’être dissipée.

Vendredi, l’ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a rassuré les protestataires en déclarant dans Le Monde que ce « projet risquait de faire porter aux contribuables les surcoûts faramineux du nucléaire et de privatiser totalement les opportunités et bénéfices économiques des énergies renouvelables ». Comme les opposants, il demande de « surseoir » à Hercule et de lancer un vrai débat sur l’avenir d’EDF, confronté au défi de sa modernisation alors que ses dettes l’étouffent.

Source(s) : 20Minutes.fr via Moutons Enragés.fr

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