Élections Québec : KO technique pour Jean Charest...

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Après avoir discuté avec une amie québecquoise, j'ai dû, hélas, réfréné mon enthousiasme d'hier, car il semblerait que la situation au Québec ne soit pas aussi idyllique que je ne me l'imaginais. Elle m'indique que : « Quel que soit le clown de service, les lobbies et les industriels dirigent toujours le Québec » (je n'ai rien changé c'est texto ce qu'elle m'a dit). Ce qui me choque, c'est que quel que soient les pays, on en arrive toujours au même constat...

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Avec son leitmotiv : L’économie avant tout, il semble que M. Charest n’a pas réussi à convaincre l’électorat québécois.

Le Québec vient de réélire le parti Québécois. Pour la première fois, dans l’Histoire du Québec, une dame dirigera la province :

« Ça fait trente ans que je me prépare », fit-elle remarquer ce matin.

La prédiction d’un gouvernement minoritaire péquiste s’est affirmée juste. Ce ne sera toutefois pas une  tâche facile. D’autant que les autres partis à tendance « séparatistes » ont trop peu de députés pour apporter un support à la cause souverainiste.

Léo Bureau-Blouin (20 ans)

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Le candidat péquiste Léo Bureau-Blouin a remporté la circonscription de Laval-des-Rapides avec plus de 800 voix de priorité sur le libéral Alain Paquet. Il devient ainsi, à l’âge de 20 ans, le plus jeune député à siéger à l’Assemblée nationale.

M. Bureau-Blouin affrontait également l’ex-présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec, la caquiste Maud Cohen.

Ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin était la personnalité qui avait la meilleure cote auprès de l’opinion publique, toutes parties confondues, pendant le conflit étudiant. Il avait annoncé son intention d’entamer des études en droit à temps partiel s’il était élu.  Radio-Canada

La victoire de qui ?

Avec sa Ford-T de système uninominal à un tour, le pourcentage des votes, la multiplication des parties, fait de « nos élections », de ce que je nommerais une quadriplégie cultivée.

Personne ne veut une réforme du scrutin. On veut le pouvoir. Oubliez les larmettes de nos représentants qui soufflent à la force d’une éolienne la « démocratie »…

31 % Parti Québécois  (55 sièges)

30 % Parti Libéral du Québec (49 sièges)

27 % Coalition Avenir Québec (19  sièges)

On peut compter environ 9 mois pour de… nouvelles élections.

Pendant que j’écris ces lignes, il est 22 h 33, Monsieur John James concède la victoire à Madame Marois, et à son adversaire péquiste dans Sherbrooke qu’il représentait depuis 1998.

Jean Charest perd Sherbrooke

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23 h 48

L’avenir de Jean Charest

Il ne démissionnerait pas à la chefferie du Parti Libéral. Connaissant le combatif Charest, il réfléchira sur son avenir.

Espérons, que cette fois-ci, il réfléchira avec les cerveaux plus limpides du PLQ.

Il a besoin d’aide…

Et nous également…

Son bégaiement sur la réussite et l’avenir économique pourrait lui avoir coûté son siège.

Que veut donc entendre le Québécois ? Une qualité de vie non de l’ajout du « plus de la même chose », mais une vision différente dans le contexte mondial actuel.

« Je me souviens. »

Toutes les plaques d’immatriculation du Québec sont marquées de ce message.

Pour une fois, les plaques ont parlé.

Si le vent-vantardise de son dernier discours parle de ses réussites passées, il ne fait guère mention de la manière douteuse de la « marque libérale ».

L’avenir des partis

En écrivant ces lignes, j’écoute le discours du chef de la CAQ, qui parle d’un nouveau courant au Québec.

En politique, rien n’est sûr.

Malheureusement, ce seront les prochaines élections qui s’avéreront déterminantes. La CAQ, comme l’ADQ, pourrait disparaître d’ici quelques mois.

Ou revenir en force…

C’est l’avenir du Parti Libéral Québécois qui vient de se faire mettre KO. N’oublions pas que « l’animal politique » qu’est Monsieur Charest, menait ce parti avec 28 ans d’expérience, comme un renard aiguisé, ayant forgé une équipe dont il était conscient de l’équilibre. Femmes, hommes, vedettes, la sauce était bien épicée…

Un chef est un chef. La cuisine Charest avait ses secrets. Et ce n’est pas la bière de la Maison Blanche…

***

Il est possible que le PLQ, subisse le même destin que le Parti Libéral Canadien qui ne s’est jamais vraiment remis de sa première défaite.

Il est toujours à la recherche d’un chef charismatique. Il se pourrait que dans les prochains mois, le fils du défunt Pierre Elliot Trudeau – Justin –  se présente à la chefferie.

Québec solitaire

Une fois les émotions passées, et le charme discret teinté d’humanisme de la soirée des élections, on reviendra aux anciennes luttes.

Nous ne sommes pas dans un livre des « Témoins de Jehovah »… Les loups ne se changent pas en moutons…

Le Québec ne deviendra – tout comme les autres « pays » – une société solidaire quand les élus accepteront de revoir un système politique plus que désuet de faire place à un autre qui, cette fois, feront de nos députés, de véritables représentants des aspirations des peuples.

Pour cette fois, nous demeurons toujours dans la trilogie :

Le bon

La brute

Et le truand…

***

Je suis ému…

Comme le négro des années soixante dans les autobus étasuniens : en arrière.

Ou encore cette image marquée sur le banc, dans un film :

Défense aux noirs de s’asseoir.

Ce soir, on a laissé le banc, mais on a barbouillé de peinture l’écriteau…

Nègres blancs d’Amérique, disait un poète.

C’était il y a longtemps.

Un « pays » avec le même système – datant de :

En 1792, c’est le grand frère britannique qui a légué au Québec le système électoral appelé mode de scrutin uninominal à un tour. Celui-ci est accompagné d’élections à date non-fixée, contrairement aux États-Unis et la France. Comment expliquer que le Québec vit encore sous cette tutelle symbolique à saveur royale ? Tout simplement parce que ce système avantage ceux qui ont l’habitude de détenir le pouvoir. Comme de fait, il encourage le vote stratégique et manque à la représentativité. Au Québec, pour ne pas les nommer, se sont le Parti québécois (PQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ), qui s’échangent « le gros bout du bâton » depuis 42 ans.

Le tracteur n’avait  même pas été inventé…

Il est alors possible d’entrevoir que la culture du format actuel des élections ne donne pas assez de nourriture à ceux qui crèvent de faim d’un peu de pouvoir.

Mais, surtout, d’avantage d’équité…

 

Gaëtan Pelletier

 

Source : Centpapiers.com

 

Information complémentaire :

Crashdebug.fr : Le Québec aux urnes avec un retour probable des indépendantistes