Électricité : l’ultimatum lancé aux entreprises pour signer leur contrat (Le Figaro.fr)

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Ce foutage de gueule quand même, vi allez-y, signez vos contrats avec un prix qui a fait x31, et des gens comme ce boulanger à qui on demande 35.000 € d'avance pour renouveler son contrat d'électricité.

Tout ceci est une mauvaise blague, le marché, et la loi du marché est un marché de DUPES quand on a 56 réacteurs nucléaires. Du reste, comme on l'a vu, ils veulent tuer EDF, c'est NOUS qui allons payer l'entretien de ces centrales, et prendre les risques technologiques pour alimenter toute l'Europe avec notre électricité à prix coûtant ! Bah vi, c'est le marché !

Mais comme ça ne fait réagir, presque personne, et bien allez-y, payez... et avec le sourire, hahahaha...

 foutage de gueulle
La présidente de la Commission de régulation de l’énergie, Emmanuelle Wargon, enjoint les
entreprises à engager des discussions avec leur fournisseur d’énergie. S. SORIANO/Le Figaro

DÉCRYPTAGE - Une part non négligeable attend encore pour signer son contrat d’électricité pour 2023. Ces entreprises risquent d’être sanctionnées, prévient la Commission de régulation de l’énergie.

 

Il est minuit moins une pour signer son contrat d’électricité pour 2023. La présidente de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), Emmanuelle Wargon, tire la sonnette d’alarme auprès des entreprises et des collectivités locales. «Il faut vraiment signer maintenant, ou à tout le moins trouver un fournisseur, et engager des discussions sur les contrats d’électricité 2023», enjoint-elle dans un entretien au Figaro. La moitié des entreprises qui devaient trouver un contrat pour 2023 l’ont signé. Mais parmi l’autre moitié, une part non négligeable attend encore et n’a même pas demandé de devis, remontent les fournisseurs qu’elle a rencontrés en fin de semaine dernière.

Ces derniers doivent déposer leurs demandes d’électricité nucléaire à bas prix, dans le cadre du dispositif Arenh, avant le 21 novembre. Pour ce faire, il leur faut avoir bouclé leur campagne de recrutement ou de renouvellement de clients. Leur demande d’Arenh doit en effet refléter les besoins réels de leurs clients. Les contrats signés après le dépôt de cette demande ne pourront plus bénéficier de l’électricité d’origine nucléaire à bas prix (42 euros). «À ceux qui n’ont pas débuté les négociations avec des fournisseurs et se disent qu’ils ont encore le temps, je les préviens qu’ils n’ont plus que cette semaine pour faire leur demande de devis et trouver un contrat afin de profiter de l’Arenh.» Ce dispositif représente environ la moitié de l’électricité d’une entreprise ou d’une collectivité. «Avec un prix de marché actuel aux alentours de 400 euros le mégawattheure (MWh), l’écart entre un contrat avec Arenh et un autre sans Arenh s’élève à environ 200 euros par MWh, insiste Emmanuelle Wargon. Il en va donc contre l’intérêt des entreprises et des collectivités de ne pas signer actuellement. Cela ne sert plus à rien d’attendre.»

Avec un marché de l’énergie complètement sens dessus dessous, les entreprises qui signaient avant crise leurs contrats d’électricité, sans regarder, se retrouvent déboussolées. Emmanuel Macron avait d’ailleurs déclaré fin août que les prix allaient diminuer et qu’il fallait attendre. Depuis, les prix ont effectivement baissé, et il n’est plus temps de faire jouer la montre. «Même si les prix continuent de diminuer sur les marchés, ils ne seront jamais moins chers que les 42 euros de l’Arenh», martèle Emmanuelle Wargon. De plus, le Parlement a voté un amortisseur qui viendra réduire le coût de l’électricité des PME en 2023, sur la partie dépendant des prix de marché. Tout ce qui dépassera les 325 euros le mégawattheure sera pris en charge par l’État. En prenant en compte la partie Arenh du contrat, cela ramènera le prix moyen des contrats à 180 euros le mégawattheure.

Les prix français demeurent plus élevés qu’outre-Rhin. «Le marché français est déterminé par la capacité de production du nucléaire, nous souffrons toujours d’un écart de 130 à 140 euros par MWh avec nos voisins allemands, relève Emmanuelle Wargon. Il faut donc finir de rassurer les marchés sur le passage de l’hiver.» La faute aux centrales nucléaires d’EDF, dont une dizaine est touchée par un défaut de corrosion. À la faveur du retour en fonctionnement des centrales à l’arrêt pour entretien et réparation, le prix de décembre a déjà été divisé par deux en un mois. Ceux pour janvier et février restent quant à eux très élevés, même s’ils s’érodent.

Des fournisseurs sous surveillance

Dans un contexte qui demeure tendu, la CRE surveille de près les fournisseurs. Des observateurs soupçonnent que certains d’entre eux ont pu demander l’an dernier davantage d’électricité dans le cadre de l’Arenh que ce dont ils avaient besoin, afin de vendre ces volumes inutilisés à très bon prix sur les marchés. Cette année, les pouvoirs d’investigation de la CRE ont été renforcés. Deux fournisseurs, dont Ohm Énergie, font l’objet d’une enquête. Cinq autres sont questionnés à ce sujet, dans le cadre d’une pré-enquête.

Certains acteurs ont en effet cherché à acquérir des clients au printemps, avant de s’en débarrasser en septembre sur fond de flambée des prix de marché de gros, afin de revendre au prix fort leurs volumes d’Arenh devenus inutiles une fois les clients partis. «Mon objectif, c’est que 100% des fournisseurs soient en capacité de fournir leurs clients dans les bonnes conditions, que ce soit par temps calme ou par gros temps, précise la présidente de la CRE. Si certains n’en sont pas capables, mon travail est de faire en sorte que les clients ne soient pas lésés. La CRE n’a pas pour objectif final le marché en tant que tel, mais que le consommateur ait accès à une offre diversifiée, avec des fournisseurs capables de tenir leurs obligations.»

« Le marché offre la capacité d’importer et d’exporter l’électricité aux meilleurs prix »

Emmanuelle Wargo

Le marché, justement, est l’objet de vives critiques à cause des prix très élevés de l’énergie qui y règnent. «Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, plaide la présidente de la CRE. Le marché offre notamment la capacité d’importer et d’exporter l’électricité aux meilleurs prix. La question se pose toutefois de construire un marché de long terme, tout en protégeant les consommateurs sans être uniquement adossé aux prix de court terme.» Actuellement, le cours du mégawattheure est déterminé par le coût de fonctionnement de la dernière centrale électrique mise en route pour répondre à la demande, celle-ci étant toujours la plus chère. En clair, le prix de marché est décorrélé du coût moyen de la production d’électricité. C’est le prix à payer pour éviter les pénuries.

En France, l’Arenh - qui s’éteindra en 2025 - permet de limiter l’impact de ce prix de marché sur les consommateurs. «Ce mécanisme atteint ses limites, estime toutefois Emmanuelle Wargon. Plus vite la France réussira à mettre en place un nouveau dispositif, permettant de mieux concilier intérêt d’EDF et bas prix pour les clients, mieux ce sera. La réflexion actuelle de la Commission européenne sur une réforme du fonctionnement du marché de l’électricité, qui porte sur la création d’un segment de marché pour le moyen-long terme, qui refléterait davantage les coûts de production, pourrait aider à trouver un remplaçant à l’Arenh.»

 

Source(s) : Le Figaro.fr via Les Moutons Enragés.fr

 

 

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