
Des « patchs » étaient vendus 1500 euros à des patients victimes d'un essai clinique « sauvage » pratiqué dans une abbaye près de Poitiers, a affirmé lundi la Miviludes (instance de lutte contre les dérives sectaires), confirmant une information du Parisien.
L’Agence du médicament (ANSM) a révélé jeudi avoir interdit « un essai clinique sauvage » selon elle d’une ampleur rare, avec des molécules testées sur des patients, via des patchs, dans l’espoir de traiter plusieurs maladies neurologiques (Parkinson, Alzheimer, troubles du sommeil…). Cet essai « illégal » était mené par une structure baptisée Fonds Josefa, dont le vice-président est le professeur Henri Joyeux, contesté par la communauté médicale notamment à cause de ses positions anti-vaccins.
« Des patchs circulaient sous le manteau »
La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a affirmé ce lundi à l’AFP avoir reçu « trois signalements, entre novembre 2018 et février 2019 », ayant permis d’avertir les autorités concernées.
Selon ces signalements, « trois soirées, sur trois lieux différents » ont été organisées « pour des professionnels de santé » susceptibles d’avoir parmi leurs patients des personnes atteintes des maladies neurologiques concernées, a déclaré Anne Josso, secrétaire générale de la Miviludes. Pour ces patients, « des patchs circulaient sous le manteau, vendus au prix de 1500 euros », a-t-elle affirmé.
Deux molécules expérimentées ?
Lors de ces soirées, l’objectif assumé était de « lever des fonds pour le financement d’un médicament en cours de développement », ce « pour le fonds Josefa », selon elle. « On y mélangeait religieux et médical », avec un « discours scientifique » permis par « une sorte de révélation », a-t-elle ajouté.
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— 20 Minutes (@20Minutes) September 20, 2019
Selon l’ANSM, l’expérimentation consistait à appliquer aux patients des patchs contenant deux molécules, appelées valentonine et 6-méthoxy-harmalan, dans l’espoir de traiter ces maladies neurologiques. Jeudi, le professeur Joyeux a réfuté le terme d’essai clinique, évoquant une « étude scientifique préalable à un essai clinique ».
Source : 20 Minutes
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