Feux de forêts en Russie : Moscou étouffe sous le smog

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En Russie les Bloggeurs s'énervent contre le gouvernement. Il semblerait que l'ours russe soit pris au dépourvu par l'ampleur des feux qui ravagent son pays, et soit trop fier pour demander l'aide international.

MOSCOW - Moscou suffoquait toujours vendredi sous un épais nuage de fumée, conséquence des feux de forêt qui font toujours rage en Russie. Les avions sont restés cloués au sol dans les aéroports de la capitale, où la Place Rouge a disparu dans un brouillard cendré.

Vendredi, plus de 500 foyers distincts étaient recensés en Russie, essentiellement dans l'ouest du pays, selon le ministère des Situations d'urgence. Au moins 52 personnes sont mortes dans ces incendies qui ont déjà détruit quelque 2 000 habitations.

A Moscou, les touristes devaient porter des masques pour s'aventurer sur les pavés historiques de la Place Rouge et tenter de photographier les tours à peine visibles du Kremlin et les dômes de la cathédrale Saint-Basile.

La concentration de polluants dans l'air, comme le monoxyde de carbone, a atteint des niveaux quatre fois supérieurs à la normale, que n'avait jamais connu la capitale russe. "Ça me fait mal aux yeux", expliquait une étudiante croisée dans une rue du centre de Moscou, Valeria Kouleva. "Je porte un masque mais rien n'y fait".

Dans certains quartiers de la capitale, le brouillard, à l'âcre odeur de brûlé, empêchait de voir à plus de quelques dizaines de mètres et provoquait des quintes de toux. D'après les prévisions météorologiques, il risque de ne pas se dissiper avant plusieurs jours faute de vent.

"C'est tout simplement impossible de travailler", expliquait un Moscovite, Mikhaïl Borodine, en retirant son masque pour fumer une cigarette.

Les autorités sanitaires russes ont exhorté les personnes qui sont obligées de sortir de porter des masques et invité la population à rester chez elle et suspendre des serviettes mouillées pour attirer la poussière et rafraîchir l'air. Le ministère de la Santé précisait que des centaines de personnes ont nécessité des soins médicaux à cause du smog.

Ken Donaldson, professeur de toxicologie respiratoire à l'université d'Edimbourg, explique que les personnes souffrant d'asthme, bronchite, de maladies pulmonaires ou de problèmes cardiaques sont les plus vulnérables face à ces fumées. "Pour des personnes qui ont des problèmes de santé latents, les particules contenues dans le smog risquent d'être la goutte d'eau qui fait déborder le vase", précise ce spécialiste, évoquant un risque de grave problème pulmonaire ou de crise cardiaque.

Des dizaines de vols sont restés cloués au sol et nombre de vols à destination de aéroports moscovites de Domodedovo et Vnoukovo se voyaient proposer d'être déroutés, le brouillard de cendres limitant la visibilité sur les pistes à 200 mètres, selon les autorités aéroportuaires. A Cheremetievo, l'autre principal aéroport de Moscou, situé de l'autre côté de la ville par rapport aux principaux foyers, des retards étaient signalés mais de la place a pu être dégagée sur le tarmac pour permettre à quelques avions de se poser. En fin d'après-midi, la situation s'améliorait un peu, tous les aéroports commençant à autoriser des atterrissages.

Les dizaines de feux de forêt et de tourbière autour de Moscou ont éclaté en pleine canicule, au moment où le pays connaît la plus forte vague de chaleur recensée en 130 ans d'existence des données.

"Tous les records de pics de températures ont été battus. Ce pays n'a jamais rien connu de comparable et nous n'avons absolument pas l'expérience de travailler dans de telles conditions", a avoué vendredi un responsable des services d'urgence de Moscou, Youri Bessedine, en précisant que 31 feux de forêt et 15 feux de tourbière brûlaient rien que dans la région de Moscou.

Les prévisions pour la semaine à venir ne laissent pas entrevoir de réelle amélioration pour Moscou et les régions environnantes, avec des températures approchant les 38 degrés, alors que les moyennes saisonnières avoisinent normalement les 23 degrés.

Les autorités russes n'ont pu que reconnaître que les 10.000 pompiers mobilisés face aux flammes n'étaient pas suffisants. Un aveu d'impuissance appuyé par les témoignages de nombre de villageois qui ont rapporté avoir vu les flammes dévaster des hameaux en quelques minutes.

Par précaution, les explosifs ont été évacués des installations militaires et des moyens aériens, avions et hélicoptères, ainsi que des robots étaient mobilisés pour tenter de maîtriser les feux autour du principal site de recherche nucléaire du pays, à Sarov (480 km à l'est de Moscou). La semaine dernière, le feu avait fortement endommagé une base de l'aéronavale aux environs de la capitale, où jusqu'à 200 avions auraient pu être détruits, selon la presse russe. AP
 

Source : The Canadian Press