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On aimerait voir autant de monde aux sommets du Bilderberg... Enfin, bon là, ils l'ont cherché... Pays basque c'est osé...

G7
Manifestation contre le 45
e sommet du G7 dans les rues de Biarritz, le 13 juillet dernier. - Crédits : IROZ GAIZKA/AFP

Quelque 80 organisations et associations locales et internationales vont tenir un «contre-sommet» du G7 à partir du lundi 19 août, marqué par une grande manifestation et des actions «d’occupation des places publiques».

À quelques kilomètres au sud de Biarritz où se réuniront les leaders des pays les plus riches du monde du 24 au 26 août prochains, le «sommet des alternatives» se tiendra à cheval sur la frontière franco-espagnole, à Hendaye (France) et Irun (Espagne). Dès lundi 19 août, les anti-G7 prendront leurs quartiers à Urrugne, commune voisine d’Hendaye, puis conférences et ateliers se tiendront du 21 au 23 août à Irun et Hendaye. Des milliers de personnes sont attendues.

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Le 24, premier jour du «vrai» sommet, les «anti-G7» prévoient une grande manifestation à Hendaye, une manifestation autorisée par le préfet. Et le lendemain, ils entendent mener des actions d’occupation des places publiques autour de Biarritz. Ces anti-G7 regroupent deux plateformes : G7 Ez (Non au G7, en langue basque), implantée des deux côtés de la frontière, et Alternatives G7, qui réunit des organisations d’envergure nationale et internationale. «Certaines de ces organisations ont un pied dans le sommet officiel, parce qu’il faut garder le contact avec ces gouvernements pour faire avancer des propositions, même si c’est à la virgule près, et un autre dans le contre-sommet car elles sont conscientes que les alternatives, aujourd’hui, vont venir des citoyens», explique à l’AFP Sébastien Bailleul, délégué général du Centre de recherche et d’information pour le développement (Crid).

«On prévoit une bataille idéologique»

Parmi les organisations annoncées figureront des altermondialistes notamment des organisations comme le CCFD-Terre Solidaire, le Crid ou encore Oxfam ou Attac. Des structures qui ont «une culture collective des mobilisations citoyennes» selon Sébastien Bailleul. «On est très impliqués sur les contre-sommets, les forums sociaux mondiaux, selon trois axes de réflexion : les migrations, la justice climatique et, c’est plus récent, la criminalisation des mouvements contestataires et la répression (policière)». Les écologistes seront également présents avec Les Amis de la Terre, Sortir du nucléaire ou encore Bizi!, un groupe local affilié à ANV-Cop21. «On va notamment faire des formations à l’action non violente et dénoncer l’inaction des gouvernements en matière de climat, et notamment celle d’Emmanuel Macron qui se prétend champion du climat mais qui est seulement le champion du discours sur le climat», assure Barthélémy Camedescasse, de Bizi!. Un autre militant de ce groupe souhaite profiter «de la présence de 3500 journalistes pour démonter l’image d’un président qui se dit en pointe sur les questions environnementales», confie-t-il à Franceinfo. Ce groupe a fait parler de lui cette année en décrochant des portraits du chef de l’Etat dans les mairies des Pyrénées-Atlantiques.

Ce «contre-sommet» du G7 sera aussi politisé avec la présence de partis politiques tels que La France insoumise, Europe Ecologie Les Verts, le NPA ou encore le Parti communiste et des partis basques nationalistes de gauche comme Euskal Herria Bai et son pendant du côté espagnol, Sortu, ainsi que la branche basque du parti espagnol Podemos. Des syndicats seront également présents. Des groupes anarchistes et antifascistes, des associations militant pour les droits des femmes, des LGBT et des réfugiés et même un petit groupe de «gilets jaunes» ont aussi rejoint la plateforme locale.

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La présence d’un «black bloc», ce regroupement d’individus issus de mouvances libertaires et au mode d’action violent, est envisagée par les autorités. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a prévenu que toute manifestation violente serait «neutralisée». «Nous, on prévoit une bataille idéologique, la violence n’est pas inscrite dans notre programme, souligne Danielle Mesplé, du syndicat Solidaires. Mais si ça vient de groupes extérieurs, quel pouvoir avons-nous, qui peut la maîtriser ?». Elle regrette que «tout soit fait pour faire monter cette peur de la violence, seule manière de tenir le peuple».

Eloigner les «personnes qui dérangent»

Face à cette mobilisation citoyenne inédite, l’Etat a pris ses dispositions. En visite à Biarritz début juillet, le ministre de l’Intérieur a annoncé une «mobilisation exceptionnelle des forces de sécurité intérieure». Selon le secrétaire national du pôle CRS à l’Unsa-police, David Michaux qui s’est confié au Figaro, «tout le monde sera mobilisé !» Et, reprend-il, «nous ne sommes pas à l’abri d’événements plus ou moins durs, mais on sait gérer ce genre de dispositif».

Arrêté il y a une semaine, un ressortissant allemand a été expulsé vers l’Allemagne et interdit de séjour en France avant la tenue du sommet du G7. Le ministère de l’Intérieur a confirmé à l’AFP l’expulsion de ce ressortissant européen, visé depuis le 18 juillet par un arrêté d’interdiction administrative du territoire sans préciser les motivations de cet arrêté. Interviewé par la radio allemande Radio Dreyeckland, pour laquelle il devait se rendre à Biarritz en tant que reporter, l’intéressé, prénommé Luc, a accusé le ministère français d’avoir voulu éloigner les «personnes qui dérangent» en amont du G7.

Les organisateurs du contre-sommet ont assuré qu’ils n’entendaient provoquer aucune dégradation ou confrontation avec les forces de l’ordre lors de ces manifestations. «S’il y a des violences répressives, nous opposerons des techniques de résistance non-violentes», ont-ils assuré. Laurent Thieulle, membre d’Attac Pays Basque a ironisé auprès de Franceinfo : «Qu’est-ce qui a pu leur passer par la tête pour imposer un G7 au Pays basque, une terre avec une vieille tradition de lutte militante ? On dirait qu’ils viennent nous narguer».

Source : Le Figaro.fr

 

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