Grèce : le gouvernement ferme brutalement la télévision publique

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Peut-être que comme ça ils descendront plus dans la rue...

Le gouvernement grec a annoncé et immédiatement mis en application mardi la fermeture des chaînes de la télévision publique ERT, engageant par surprise une épreuve de force inédite avec les syndicats sous la pression de ses bailleurs de fonds internationaux.

Le gouvernement grec a annoncé et immédiatement mis en application mardi la fermeture des chaînes de la télévision publique ERT, engageant par surprise une épreuve de force inédite avec les syndicats sous la pression de ses bailleurs de fonds internationaux. 

Vers 23h00 heure locale (20h00 GMT), les chaînes d'ERT ont cessé d'émettre et les écrans sont devenus noirs, la police ayant neutralisé selon une source syndicale le principal émetteur situé près d'Athènes.


Les dernières minutes de la télévision publique... par LeNouvelObservateur

Risque de crise au sein de la coalition

Cette rupture de la solidarité gouvernementale pourrait provoquer une crise politique au sein de la fragile coalition en place depuis un an sous la direction du Premier ministre conservateur Samaras, la Nouvelle Démocratie (ND) à un moment où la Grèce est surveillée de près par ses créanciers internationaux. 

Les deux partenaires de la ND ont fermement exprimé leur opposition à la fermeture d'ERT. "Nous sommes absolument en désaccord avec les décisions et la gestion du gouvernement dans cette affaire", a déclaré le Pasok (socialiste). "Nous réitérons notre ferme opposition à la fermeture d'ERT", a également dit la Gauche démocratique (Dimar). Pasok et Dimar ont annoncé qu'ils ne voteraient pas pour le décret gouvernemental lorsqu'il serait présenté au Parlement pour être validé après son entrée en application. 

La décision a été annoncée dans l'après-midi par le porte-parole du gouvernement, Simos Kedikoglou. "La diffusion d'ERT s'arrêtera après la fin des programmes ce soir", a déclaré à la presse le porte-parole. ERT constitue "un cas exceptionnel d'absence de transparence et de dépenses incroyables. Et tout ceci prend fin maintenant", a asséné le porte-parole. 

Réouverture de la chaîne sous une autre forme

Il a assuré que ce service public, où les grèves se multipliaient ces derniers mois pour s'opposer aux plans de restructuration, rouvrirait sous une autre forme, avec un nombre réduit de salariés. 

Tous les salariés actuels d'ERT, au nombre de 2.656, recevront une compensation et seront autorisés à postuler à nouveau à un emploi dans la nouvelle structure, a-t-il dit. Cette mesure radicale et sans précédent a été annoncée sans préavis au moment où les chefs de file de la troïka des créanciers de la Grèce (UE-BCE-FMI) sont à Athènes. ERT appartient aux multiples organismes d'Etat qui devaient être restructurés ou fusionnés en vertu du protocole d'accord signé entre la Grèce et ses bailleurs de fonds. 

Les réactions syndicales et politiques ont été très vives. "ERT appartient au peuple grec (...) c'est le seul média indépendant et la seule voix publique, qui doit rester dans le domaine public (...) nous condamnons cette décision soudaine", a déclaré dans un communiqué le syndicat GSEE. "C'est un choc total", a commenté un journaliste de la rédaction Pantelis Gonos. "Le gouvernement, sans consultations ni discussions, a choqué tout le monde en annonçant la suspension à minuit de la télévision", a-t-il dit. 

Un "coup d'Etat"

Peu après l'annonce du gouvernement, des milliers de personnes ont afflué vers le bâtiment principal d'ERT dans la banlieue nord d'Athènes pour apporter leur soutien à la télévision publique. Près de 500 personnes se sont aussi rassemblées devant le bâtiment d'ERT à Thessalonique, dans le nord de la Grèce. 

Le syndicat de journalistes Poesy a appelé à une grève immédiate de soutien dans les médias privés. "Le gouvernement est déterminé à sacrifier la télévision publique et la radio" pour satisfaire ses créanciers, a déploré le syndicat. 

"C'est un coup d'Etat", a pour sa part déclaré aux journalistes Alexis Tsipras, leader du principal parti d'opposition Syriza (gauche radicale), venu en toute hâte au siège d'ERT.

 

Source : Lexpress.fr

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