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Olivier Delamarche - On ne peut s'en sortir sans... par MinuitMoinsUne

L'agence de notation Standard and Poor's (SP) a abaissé d'un cran les notes des trois grands groupes bancaires français Société Générale, Crédit Agricole et BPCE et privé de son "triple A" la Caisse des dépôts, bras armé financier de l'Etat.

Cette série de décisions, annoncée mardi, est la conséquence directe de la dégradation de la note souveraine de la France, privée le 13 janvier par SP du "AAA", la meilleure note possible sur l'échelle des agences d'évaluation financière.

Selon des analystes, elle avait été anticipée depuis plusieurs jours par les marchés, même si les valeurs bancaires étaient tirées vers le bas dans la matinée à la Bourse de Paris.

SP avait annoncé le 5 décembre qu'elle envisageait d'abaisser la note de 15 des 17 pays de la zone euro, dont la France. Deux jours plus tard, elle avait par ricochet placé sous surveillance négative les grands établissements bancaires du pays.

L'agence en a finalement dégradé trois : Société Générale, Crédit Agricole et BPCE voient leurs notes abaissées de "A+" à "A", assorties d'une perspective stable.

BNP Paribas échappe au couperet. La première banque hexagonale et deuxième de la zone euro voit sa note de long terme confirmée à "AA-". Mais celle-ci reste assortie d'une perspective "négative", ce qui implique qu'un abaissement reste possible à moyen terme.

A 11h30 locales, BNP Paribas reculait de 1,66 % à 35,45 euros. La chute était plus marquée pour Société Générale (-4,56 % à 21,76 euros), Crédit Agricole (-3,18 % à 5,04 euros) et Natixis (- 5 % à 2,28 euros), dont BPCE est la maison mère, dans un marché où le CAC 40 se repliait de 0,71 %.

"Les annonces de l'agence étaient largement intégrées par le marché et le secteur bancaire qui avait fortement progressé ces dernières séances est surtout victime de prises de bénéfices", a tempéré Jérôme Vinerier, analyste chez IG Markets.

"Standard & Poor's s'est contenté d'appliquer mécaniquement ses critères d'évaluation", a souligné Pierre Flabbée, spécialiste du secteur chez Kepler.

La note de BNP Paribas est la quatrième meilleure possible sur l'échelle de SP, ce qui en fait l'une des banques européennes les mieux notées et l'une des rares à conserver un "double A". SP a toutefois prévenu qu'elle perdrait ce rang en cas de nouvel abaissement de la note de l'Etat français.

L'agence précise aussi que les notes de BNP Paribas, Société Générale, BPCE et Crédit Agricole SA seraient inférieures d'un cran si ces établissements n'étaient assurés d'un soutien indéfectible des pouvoirs publics en cas de difficultés.

Société Générale a vu dans l'abaissement de sa note "une conséquence directe de la méthodologie de SP, qui intègre à notre note long terme un facteur de soutien systémique de l'Etat français". "Comme tel, il a déjà été largement anticipé par les investisseurs", a estimé la banque.

SP a indiqué tabler sur des résultats 2011 et 2012 "satisfaisants" pour Société Générale, "même s'ils seront amoindris".

Dans le cas de Crédit Agricole, l'agence se dit convaincue que le groupe va assainir ses comptes et qu'il dispose de ressources suffisantes pour compenser d'éventuelles pertes supplémentaires en Grèce.

Pour BPCE, dont les filiales Crédit foncier de France (CFF) et Natixis sont également dégradées, SP table sur des revenus 2011 et 2012 en-deçà de son potentiel, mais qui devraient permettre "une amélioration graduelle de ses ratios de capital". Selon elle, une éventuelle nouvelle dégradation d'un cran de la note de la France ne devrait pas affecter celle de BPCE.

Tel n'est pas le cas pour la Caisse des dépôts, dont la note est alignée à "AA+" sur celle de la dette souveraine française, avec la même perspective négative. "Tout changement de la note souveraine de la France ou de sa perspective aurait pour conséquence immédiate un changement similaire pour la CDC", a prévenu SP.

 

Source : Le Nouvel Observateur

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