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Bernard Tapie Reference
(c) Sipa

Le temps de la justice est long, il coûte très cher, mais dans cette affaire où l'on a voulu me faire passer pour une crapule, à chaque fois, les juges m'ont donné raison", a déclaré au Monde Bernard Tapie, vendredi 2 avril, après l'annonce de sa relaxe par le tribunal correctionnel de Paris dans le dossier de banqueroute qui lui valait d'être poursuivi depuis 1994.

 
Conformément aux réquisitions du procureur, prononcées lors de l'audience du 10 février, le tribunal correctionnel a constaté que ce délit de banqueroute ne pouvait plus être reproché à l'homme d'affaires, puisque la condition première de la poursuite - celle d'une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire - n'existait plus.
 
Pour comprendre cet enchaînement juridique, il faut remonter à la sentence arbitrale rendue en juillet 2008, qui a condamné le Crédit lyonnais à verser 285 millions d'euros d'indemnités à Bernard Tapie, au motif que celui-ci avait été floué de ses plus-values lors de la revente d'Adidas, en 1993. Cette décision, rendue par les trois juges arbitres Pierre Mazeaud, Jean-Denis Bredin et Pierre Estoup, a permis à l'homme d'affaires de demander et d'obtenir l'annulation de la mise en liquidation judiciaire de ses deux holdings, Financière et immobilière Bernard Tapie (FIBT) et Groupe Bernard Tapie (GBT).
 
Dans leur jugement, les magistrats constatent que "le délit de banqueroute ne peut être caractérisé qu'en cas d'ouverture d'une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire" et que cette condition "fait désormais défaut". Pour ses avocats, Me Maurice Lantourne et Hervé Temime, cette décision, qui clôt la très longue histoire judiciaire de M. Tapie avec le Crédit lyonnais, est une "réhabilitation", la fin d'une "chasse à l'homme et d'un règlement de comptes politique".
 
QUATRE CONDAMNATIONS
 
M. Tapie n'a pas toujours été aussi chanceux. La justice l'a condamné à quatre reprises : dans l'affaire des comptes de l'OM pour abus de confiance et abus de biens sociaux en 1998 ; dans celle du match truqué OM-VA en 1995 pour complicité de corruption et subornation de témoin, qui l'a conduit pendant 165 jours en prison ; dans le dossier Testut en 1996 pour abus de biens sociaux ; et enfin pour fraude fiscale et abus de biens sociaux dans l'affaire dite du Phocéa, du nom du yacht dont il était propriétaire. Une dernière procédure est en cours, à la suite d'une plainte déposée contre lui en 2009 par le Club Méditerranée pour "diffusion d'informations trompeuses et manipulation de cours".
 
"Tout ça, c'est quinze ans de ma vie, dit Bernard Tapie. J'ai été interdit d'affaires, de sport, de droits civiques, de politique, on m'a même retiré mes droits de paternité ! C'est d'ailleurs pour ça que j'ai fait du cinéma. C'était le seul droit qui ne m'avait pas été enlevé ! Désormais, toutes les portes me sont à nouveau ouvertes." 
 
Pascale Robert-Diard sur Le Monde


Informations complémentaires :

Libération : Bernard Tapie relaxé après dix-sept ans de procédure 
AFP : Bernard Tapie "n'exclut pas de se réengager en politique"
Le Point : Bernard Tapie se dit "heureux " de la fin de ses déboires judiciaires

 

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