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Michel a eu l'amabilité de me pointer cette traduction qu'il a faite sur son blog. Bon, je ne suis pas d'accord sur tout, notamment le bitcoin ; ). Mais comme pour Olivier Delamarche précédemment, je pense qu'il est intéressant de donner la parole à des personnes qui ont des opinions différentes. Le reste du billet et sa réflexion sont assez bons à mon sens. Bravo à lui pour cette traduction très fluide et agréable à lire.

Reseaux 02 07 2014

On n'est pas toujours nécessairement fan de Furguson, mais son dernier article intitulé "hiérarchies et réseaux" mérite d'être lu. Beaucoup de lecteurs sont bien conscients que la bataille la plus importante de notre époque se passe entre les forces de la décentralisation contre celles de la centralisation. M. Furguson regarde cette bataille d'un point de vue historique, la décrivant comme "Réseaux vs hiérarchies", postulant qu'une bonne partie de notre histoire collective a été caractérisé par la lutte entre ces deux forces. En fait, il commence l'article avec la question suivante : "Est-ce que la hiérarchie politique étatique se heurte à la concurrence des réseaux aujourd'hui ?"

Furguson parle de cette prise de conscience, à savoir que la technologie moderne a fourni avec les réseaux l'outil le plus puissant pour une lutte contre la centralisation et la hiérarchie. Il conclut ne pas savoir laquelle de ces forces gagnera, soulignant que beaucoup de nos réseaux technologiques modernes sont détenus par un très petit groupe de personnes (Google, Facebook, Twitter, etc.) et que les PDG de ces entreprises se sont montrés très disposés à être complices avec la NSA (toujours hiérarchie pyramidale).

On peut reconnaître cette vérité et en apprécier la menace, le fait qu'Edward Snowden ait révélé ce que l'on sait a incité certains des plus beaux esprits de la technologie terrestre à développer des systèmes cryptés sécurisés. Bien que nous ne puissions pas voir tous les fruits de leurs travaux pour l'instant, ils arrivent, et on peut penser qu'ils nous aideront à transformer la civilisation humaine de façon monumentale et positive.

Quelques extraits de l'ouvrage de Niall. Il commence en comparant les Etats-Unis et la Chine :

Ces deux pays sont des républiques, avec des structures verticales à peu près comparables, où l'administration et les concentrations du pouvoir ne sont pas totalement dissemblables puisque dans les mains d'un gouvernement central. Sur le plan économique, les deux systèmes sont certainement convergents, avec une Chine de plus en plus en quête des signaux du marché et de ses incitations, tandis que les États-Unis ne cessent d'augmenter le pouvoir législatif et réglementaire de l'État sur ​​les producteurs et les consommateurs. De fait, dans la mesure où il perturbe les défenseurs des libertés civiles à la fois de gauche et de droite, le gouvernement américain exerce une surveillance sur les citoyens d'une manière qui reste fonctionnellement plus proche de la Chine contemporaine que de l'Amérique des pères fondateurs.

Menaces des nouvelles technologies pour les hiérarchies centralisées :

Ce ne fut pas immédiatement évident de voir quel grand défi tout cela posait à l'état. Il y eut d'abord beaucoup de conversations joyeuses sur la manière dont la révolution des technologies de l'information servirait à promouvoir des gouvernances "intelligentes" "collaboratives", avec amélioration de la capacité de l'État à interagir avec les citoyens. Toutefois, les efforts d'Anonymous, Wikileaks et surtout Edward Snowden pour perturber le système du secret professionnel, en l’occurrence contre le gouvernement des États-Unis, ont tout changé. En particulier, les révélations de Snowden ont exposé à quel point Washington cherchait à instaurer une relation parasitaire avec les entreprises clés qui exploitent les divers réseaux électroniques, acquérant non seulement les métadonnées, mais aussi parfois le contenu réel d'un grand nombre d'appels téléphoniques et de messages. Les techniques d'exploitation des mines de grande données, développées initialement pour des fins commerciales, étant adaptés aux besoins de la National Security Agency.

L'importance de Bitcoin dans cette lutte monumentale :

Le plus récente et peut-être le plus important défi que pose le réseau aux hiérarchies est peut-être celui de l'avènement de la monnaie virtuelle et de systèmes de paiement comme Bitcoin. Depuis les temps anciens, les États ont tiré des avantages considérables avec le monopole, ou au moins en contrôlant la régulation de la monnaie créée dans leurs frontières. Il reste maintenant à voir à quel point Bitcoin, ou un autre truc du même genre, représentera un défi pour le système de monnaies fiduciaires nationales qui évolue depuis les années 1970 lorsque le dollar fut "débranché" de l'or. Plus particulièrement quel défi il représente pour le "privilège exorbitant" dont jouissent les États-Unis comme émetteur de la grande réserve dominante du monde. Bref il serait imprudent de croire, comme certains le font, que Bitcoin ne pose pas de problème du tout.

Les réseaux sont des auto-organisation, structures horizontales que nous formons spontanément, en commençant par la connaissance et les différents "memes" (symbole culturel ou idée sociale qui se transmet de manière virale) et les représentations que nous utilisons pour communiquer. Tout ceci inclut les schémas de migration et de métissage qui ont distribué notre espèce et son ADN à travers la surface de la planète ; les marchés à travers lequel nous échangeons des biens et des services ; nos clubs, les sectes innombrables, les mouvements et engouements que nous produisons régulièrement sans préméditation et leadership. Et puis il y a les hiérarchies, organisations verticales caractérisées par un commandement centralisé de haut en bas, avec contrôle des communication. Celles-ci ont commencé par les clans familiaux et tribaux d'où ont évolués des structures plus complexes : régimes politiques urbains strictement réglementés, liant et régulant ​​le commerce ou autre, états monarchiques, basés sur l'agriculture ;  avec des cultes gérés centralement, souvent désignés comme des églises ; avec armées et administrations.

Puis les sociétés autonomes transnationales qui, à partir de l'époque moderne, ont cherché à exploiter les économies d'échelle et de différences en internalisant certaines opérations de marché.

Sans oublier les sociétés académiques, les universités ; les partis politiques, pour finir avec les États transnationaux immenses que l'on appelle empires.

Les réseaux ne sont pas prévus et planifiés pour et par une seule autorité ; ils sont la principale source d'innovation, mais sont relativement fragiles. Les hiérarchies existent principalement en raison des économies d'échelle et de cadre, en commençant par l'impératif d'auto-défense. À cette fin, mais pour d'autres raisons aussi, les hiérarchies cherchent à exploiter les externalités positives des réseaux. Les états ont besoin de réseaux, non par hiérarchie politique, ni souci de puissance, ils peuvent planifier toutes les choses intelligentes que les réseaux produisent spontanément. Mais si la hiérarchie vient à contrôler les réseaux au point de mettre en péril leurs capacités d'auto-organisation, alors la créativité va nécessairement décroître.

L'histoire de l'Europe au 17e, 18e et 19e siècle a été caractérisée par une succession de vagues portées par les innovations : avancées scientifiques, les Lumières, et révolution industrielle. Dans chaque cas, le partage des idées nouvelles au sein de réseaux de chercheurs et de bricoleurs a produit des externalités puissantes principalement positives, aboutissant à des améliorations décisives de l'efficacité économique et de l'espérance de vie dans les îles britanniques, l'Europe occidentale et l'Amérique du Nord dès la fin du 18e siècle. Les effets de réseau du commerce et les migrations furent particulièrement puissants, parce que les marchands et les colons européens exploitèrent la baisse des coûts de transport pour exporter produits et idées vers le reste du monde. Grâce à ces idées, ce fut aussi une époque de révolutions politiques. Les idées de liberté, égalité, et fraternité ont traversé l'Atlantique aussi rapidement que la technologie piratées des filatures de coton du Lancashire. Les Rois furent renversés, les aristocraties supprimés et les églises dissoutes ou mises en concurrence sans soutien d'un Etat.

Pourtant le 19e siècle a vu le triomphe des hiérarchies sur ces nouveaux réseaux. Cela s'explique en partie parce que les sociétés hiérarchiques ont commencé, rappelons-nous, comme des monopoles soutenus par l'État, à l'instar d'une Compagnie des Indes qui était aussi importante dans des marchés structurés horizontalement pour l'expansion du capitalisme industriel. Les entreprises pouvaient réduire les coûts de transaction du marché ainsi que faire des économies d'échelle et de cadre. Chemins de fer, bateaux à vapeur et câbles télégraphiques qui ont rendu possible la première ère de la mondialisation avaient des propriétaires.

Non seulement la période d'après 1918 a vu la montée des états les plus centralisés de tous les temps (URSS de Staline, Troisième Reich d'Hitler et République populaire de Mao). Ce fut aussi une époque où les hiérarchies se sont épanouies dans les domaines économiques, sociaux et culturels. Les planificateurs centraux régnaient, qu'ils travaillent pour les gouvernements, les armées ou de grandes entreprises. Dans le Brave New World d'Aldous Huxley (1932), l'État mondial fordiste contrôle tout, de l'eugénisme aux stupéfiants et à l'euthanasie ; le sort du non-conformiste Bernard Marx est le bannissement. Dans Nineteen Eighty-Four de George Orwell (1949) il n'y a pas la moindre chance que Winston Smith soit en mesure de contester la domination de Big Brother ; son destin sera d'être torturé avec lavage de cerveau. Un nombre remarquable de héros littéraires de l'époque de la guerre froide sont écrasés par un système ou l'autre : du "Heller" de John Yossarian au "Le Carré" d'Alec Leamas ou "Ivan Denissovich" de Soljenitsine...

Karl Kraus avait raison : la technologie de l'information du milieu du siècle favorisa les hiérarchies. Bien que le télégraphe et le téléphone aient créé de vastes nouveaux réseaux, ils étaient relativement faciles à couper, réguler ou contrôler. Papier journal, radio, cinéma et télévision ne sont pas de véritables technologies de réseau, car ils participent généralement d'une communication unidirectionnelle du contenu du fournisseur vers le lecteur ou le spectateur. Pendant la guerre froide, les grandes puissances étaient pour la plupart en mesure de contrôler les flux d'informations par la fabrication ou le parrainage de la propagande et ainsi de classer ou de censurer ce qui était considéré comme nuisible.

Chaque scandale d'espionnage et de trahison était certes sensationnel ; sauf que dans la plupart des cas, tout ce qui se passait c'étaient des informations classifiées qui passaient de la sécurité nationale d'un état à l'autre. Et seul le personnel hautement qualifié des centres de recherche gouvernementaux, universitaires ou des entreprises utilisait des ordinateurs, et ceux-ci étaient tout sauf des ordinateurs personnels.

Aujourd'hui les hiérarchies semblent être beaucoup plus en difficulté. Leur défi le plus évident étant la circulation de l'information suite à l'avènement de l'ordinateur personnel, des e-mail, et d'Internet, qui ont permis aux citoyens ordinaires de s'organiser en réseaux beaucoup plus importants et plus dispersés de ce qui a jamais été possible avant. Le PC a donné ce pouvoir aux gens de la même manière que le livre le fit avec sa percée au 15e siècle via l'imprimerie. En effet, les trajectoires de la production et du prix des ordinateurs aux États-Unis entre 1977 et 2004 sont remarquablement similaires à ceux de la production et du prix des livres imprimés en Angleterre de 1490 à 1630. Les différences étant que cette révolution des réseaux est beaucoup plus rapide et qu'elle est  mondiale.

Le défi que ces nouveaux réseaux font peser sur les hiérarchies établies est triple. Tout d'abord, ils augmentent considérablement le volume et la rapidité de l'information à laquelle les citoyens peuvent avoir accès. Deuxièmement, ils permettent aux citoyens de faire connaître des choses qui restaient jusqu'alors secrètes ou connues seulement de quelques-uns. Edward Snowden et Daniel Ellsberg l'ont fait en rendant public ce que l'on sait, mais Snowden a déjà révélé beaucoup plus qu'Ellsberg et vers beaucoup plus de gens, tandis que Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, fut de loin plus efficace que Carl Bernstein et Bob Woodward (même s'il n'a pas encore contribué à faire tomber un président américain).

Troisièmement, et peut-être surtout, les réseaux exposent grâce à leurs performances l'inefficacité du gouvernement hiérarchique.

Aux USA les lacunes du site Healthcare.gov ont incarné à bien des égards ce problème fondamental. À l'ère d'Amazon, les consommateurs s'attendent à ce que les fonctions de base des website marchent. Jon Stewart a parlé de centaines de milliers d'utilisateurs frustrés quand il s'est payé la tête de Kathleen Sebelius : - Je vais essayer de télécharger chaque film jamais tourné et vous allez essayer de vous inscrire à Obamacare, nous verrons qui arrive en premier.

Pourtant, les épreuves et les tribulations d'Obamacare sont simplement un épiphénomène d'un problème beaucoup plus profond. L'État moderne, au moins dans sa variante démocratique, a fait évoluer une solution familière vers le problème de l'augmentation de la fourniture de biens publics sans augmentation proportionnelle de la fiscalité. Conséquemment il faut financer la consommation actuelle du gouvernement via l'emprunt, tout en encourageant en même temps les citoyens à augmenter leur propre efficacité par diverses incitations fiscales, comme la déductibilité des paiements d'intérêts hypothécaires. Ainsi l'augmentation considérable de la dette privée qui a précédé la crise financière de 2008 a été remplacé par une forte augmentation comparable de la dette publique. Dans le même temps, les banques centrales ont pris des mesures de plus en plus peu orthodoxes pour consolider les banques chancelantes et plongeant les marchés d'actifs par des achats de titres en échange de réserves excédentaires. Avec des taux d'intérêt à court terme à zéro, le "quantitative easing" étant conçu pour maintenir les taux d'intérêt très bas à long terme. Maintenant le monde financier regarde avec impatience pour voir comment le QE peut être "supprimé petit à petit" et quand les taux à court terme seront restaurés. La plupart des économistes tiennent néanmoins pour acquis la capacité du gouvernement américain à imprimer sa propre monnaie qui est sans limite. Beaucoup pensent que cela permet de sortir d'une façon relativement facile des ennuis si la hausse des taux d'intérêt rend le service de la dette insupportable parce que trop lourd. Mais cette hypothèse peut être erronée.

Depuis les temps anciens, les Etats ont exploité leur capacité à émettre de la monnaie, que ce soit des pièces estampillées à l'effigie du roi ou des dollars électroniques sur un écran. Mais si les nouveaux réseaux sont capables de créer une autre forme d'argent, tels que Bitcoin, alors peut-être le privilège de l'Etat et de sa monnaie est en danger. Bitcoin offre de nombreux avantages par rapport à une monnaie fiduciaire comme le dollar américain. Comme un moyen de paiement, pour les transactions en ligne, il est plus rapide, moins cher et plus sûr qu'une carte de crédit. Comme réserve de valeur, il a beaucoup des attributs clés de l'or, notamment des ressources limitées. En tant qu'unité de compte, il a des problèmes de jeunesse, mais c'est parce qu'il est devenu un objet spéculatif attrayant. Il est trop tôt pour prédire que Bitcoin réussira comme monnaie parallèle, mais il est également trop tôt pour prédire que ce sera un échec.

Lorsque les gouvernements caffouillent, les nouveaux réseaux peuvent alors augmenter la probabilité de succès d'une révolution. Les événements révolutionnaires qui ont balayé le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à partir de la Tunisie en Décembre 2010 avec le printemps arabe ont certainement été facilités par divers types de technologies de l'information, même si pour la plupart des Arabes ce fut plutôt la chaîne de télévision Al Jazeera que Facebook ou Twitter qui diffusa les nouvelles de la révolution. Plus récemment, la révolution qui a renversé le président ukrainien Viktor Ianoukovitch à Kiev fut aidée par une utilisation efficace des réseaux sociaux.

Les propriétaires des réseaux sont également conscients que les activistes du jihad ne constituent pas l'utilisation principale de leur technologie, pas plus que de mettre sur pied des révolutions. Ils doivent leur sécurité beaucoup plus à l'apathie des surfeurs du réseau qu'à la NSA. La plupart des gens ne vont pas en ligne pour participer à des flash mobs. La plupart des femmes semblent préférer le shopping et les commérages ; la plupart des hommes préfèrent les sports et la pornographie.

Toutes ces bizarreries neurales produites par l'évolution font de nous des débiles complets à cause de tous ces stimuli en cascade tweets, Instagrams, ou Facebook qui fondent des groupes de parenté électronique. Les réseaux répondent à notre solipsisme (selfies), notre capacité d'attention courte (140 caractères), et notre appétit apparemment insatiable de nouvelles sur les "people". Dans ce monde interconnecté le danger n'est pas l'insurrection populaire, mais l'indifférence ; le défi politique n'est pas de résister à la colère populaire, mais de transmettre tout type de signal à travers le bruit. Ce qui peut et doit nous concerner même brièvement, activité fastidieuse : la façon dont nous sommes gouvernés ou, au moins, par qui ? Quand nous parlons de "populisme" d'aujourd'hui, nous voulons simplement dire une politique qui est audible et intelligible à l'homme de la rue. Non pas que l'homme de la rue soit dans la rue puisque c'est un gars affalé sur son canapé, son attention passant par à-coups de la télévision à l'ordinateur portable, à la tablette, au smartphone, avant de revenir vers la télé. Et qu'est-ce qui capte son attention ? La fin de l'histoire ? Le choc des civilisations ? La réponse s'avère être le narcissisme des petites différences.

Ce qui précède constitue le principal problème auquel nous sommes confrontés en ce moment. Les gens utilisent ces technologies étonnantes pour des stupidités. Cependant, je crois fermement que cela va changer vu que les conditions de vie sur le terrain deviendront de plus en plus difficile pour un pourcentage de plus en plus grand de l'humanité.

Pourtant, notre époque est profondément différente du milieu du 20e siècle. Les Etats, quasi-autarciques, contrôlés et hiérarchisés qui ont émergé de la Dépression, la Seconde Guerre mondiale et le début de la guerre froide ne sont plus que les pâles ombres de ce qu'ils furent. Aujourd'hui, la combinaison de l'innovation technologique et de l'intégration économique internationale a créé des formes entièrement nouvelles de vastes organisations pas même rêvées par Keynes et Kennan. Nous devons alors nous demander : est-ce que ces nouveaux réseaux nous émancipent vraiment de la tyrannie de l'Etat hiérarchique ? Ou les hiérarchies prendront-elles finalement le contrôle des réseaux comme elles le firent il y a un siècle en les subordonnant aux priorités de l'État en matière de sécurité nationale ?

Énorme problème, c'est exactement pourquoi Edward Snowden s'est senti obligé de sortir du bois. Il a compris ce qui était en jeu : Tout.

Une utopie libertaire de citoyens internautes libres et égaux - tous mis en réseau, partageant toutes les données disponibles avec un maximum de transparence et une confidentialité minimale - posséderait un certain attrait, surtout pour les jeunes. Il est romantique d'imaginer ces citoyens-nautes, à l'image des travailleurs du Metropolis de Fritz Lang, s'élever spontanément contre les hiérarchies corrompues du monde. Pourtant, la suspicion ne peut être exclue qu'en dépit de tout le battage médiatique de l'ère de l'information et tout le brouhaha de Messieurs Snowden et Assange, que les anciennes hiérarchies et les nouveaux réseaux sont en train gentiment de s'accoutumer l'un à l'autre, tout comme les trônes et les téléphones l'ont fait il y a un siècle.

Nous devrions tous savoir ce que cela signifierait (comme ça commence à être imaginable) si Sheryl Sandberg venait à guigner en direction de la Maison Blanche. Cela signifierait que Metropolis est toujours d’actualité.

Il est intéressant de mentionner Sheryl Sandberg ici. Elle fut la cible de critiques sévères plus tôt cette année pour avoir commencé une campagne enfantine et idiote afin d'interdire le mot "bossy" (autoritaire).

Souvenez-vous, la chef d'exploitation de Facebook voulait interdire le mot "bossy".

Il est à espérer que cette guerre sera remportée de façon décisive par les forces de la décentralisation. Ce ne sera bien évidemment pas une promenade de santé.

 

Source(s) : Llibertyblitzkrieg.com via Y-en-a-point-comme-nous-point-comme.blogspot.ch

Traduction : ~

 

Informations complémentaires :

 

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