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La Russie est réputée être la patrie de cybercriminalité. Les hackers russes sont-ils les plus affreux ? Et que fait la police ? Réponses avec Alexandre Gostev de Kaspersky Lab, l’auteur du logiciel antivirus russe le plus connu.

La Russie fut le pays de l’internet sauvage où les internautes se devaient d’être prudents. Mais aujourd’hui, les hackers russes, le cauchemar des entreprises anti-virus, sont-ils toujours aussi affreux qu’on le croit ? Réponses avec Alexandre Gostev, directeur de la Global Research and Analysis Team chez Kaspersky Lab, l’auteur du logiciel anti-virus russe le plus connu.

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- Bakchich : Alors, le stéréotype de la Russie patrie du cybercrime. Vrai ou pas 

A.G. : Comme d’habitude, le préjugé est plutôt exagéré. La Russie est vraiment un des centres du cybercrime, mais elle n’est pas aussi importante que, par exemple, la Chine, dont les hackers produisent 60 % des logiciels malicieux. Nous enregistrons plus d’un millier de virus qui viennent de Chine par jour ! La deuxième place du hit-parade appartient au Brésil et à l’Amérique Latine en général. La Russie et les pays post-soviétiques, dont l’Ukraine et les pays Baltes, sont troisièmes.

- Et qui pratique ce métier illégal en Russie ?

Ce sont des particuliers, assez talentueux qui se débrouillent bien avec un ordinateur, comme partout dans le monde ! Quant à l’âge, ce sont des gens à partir de 16 ans, plutôt les étudiants.

- Mais l’Etat russe les punit-il ?

Je pense que la punition n’est jamais suffisante. D’habitude les hackers sont condamnés avec sursis ou mis à l’amende. Et puis il y a deux problèmes majeurs. D’abord, pour punir une personne il faut que la victime l’accuse. La police n’a pas le droit d’enquêter sur les gens sans accusation officielle. Et peu de monde agit contre eux. Le deuxième problème c’est le caractère international du cybercrime. Imaginons que vous êtes attaqué par un hacker chinois, la police russe ne peut rien y faire !

- Et les accords internationaux sur ce sujet ?

Ils existent, bien sûr. Par exemple le Partenariat International Multilateral contre le Cyber-Terrorisme (IMPACT, International Multilateral Partnership Against Cyber-Terrorism) auquel 26 pays y compris la Russie prennent part, mais ils ne sont pas encore assez efficaces.

- Qu’est-ce que vous proposez pour "capturer" les criminels sur Internet ?

On propose d’abroger l’anonymat sur Internet. C’est un bon moyen pour protéger les internautes, car internet c’est comme une voiture, il faut avoir un permis avant de la conduire.

- C’est-à-dire, enregistrer les adresses IP des particuliers ?

Par exemple. Pourquoi pas ? Si vous pouvez utiliser votre carte SIM partout dans le monde, pourquoi ne pas utiliser toujours le même adresse IP ? On peut également trouver d’autres résolutions. Je sais qu’il y a des pays qui se lanceront à fournir des adresses électroniques à la naissance.

- Il y a aussi des rumeurs selon lesquelles le gouvernement embauche les hackers pour certaines attaques…

 … Ce sont les rumeurs. Je peux vous énumérer au moins huit "histoires sombres" avec le gouvernement. Mais les enquêtes ne confirmaient rien. Vous comprenez que ça peut être vrai aussi bien que faux…

- Et Kaspersky Lab n’a jamais embauché de hackers ?

Non, jamais. Nous sommes très prudents en embauchant un employé. Même s’il a commis tel crime ou délit il y a 10 ou 20 ans, ça nous est égal, on le refuse. Une fois on a même remis une personne à la police. Donc pour nous, c’est une question d’honneur.

- Il y a une autre rumeur qui dit que Kaspersky Lab produit elle-même des virus…

Ah, encore cette question ! C’est la question préférée de toutes les médias et on a toute une collection de réponses qui sont toujours : "jamais" ! D’abord ce n’est pas lucratif et puis l’entreprise devrait faire son deuil du business anti-virus.

- Pour finir, quels sont vos conseils de base pour se protéger des logiciels malveillants ?

C’est simple. D’abord il faut toujours installer un logiciel anti-virus. On a réalisé une expérience sur les internautes qui surfaient sur le web sans défense, sur des machines absolument "propres". En 40 minutes les ordinateurs étaient infectés par au moins un virus. Un autre jour, ça serait plus de 10 logiciels malveillants !

Une autre astuce très importante : il faut toujours mettre à jour votre navigateur web et la défense de votre ordinateur. Et la dernière chose : soyez prudent ! Ne donnez pas vos numéros de cartes bancaires, vos données personnelles aux sites que vous connaissez pas. Ne téléchargez pas les logiciels qu’on vous suggère, surtout les logiciels dont vous n’avez pas besoin. Et informez-vous sur le sujet des arnaques sur Internet. Vous pouvez, par exemple visiter notre site, qui suit les actualités sur ce sujet.

Source : Bakchich.info

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